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La croissance en Chine ralentit. Séductions et risques de la relance publique

Atouts de l’économie et hésitations politiques.

En examinant les statistiques des salaires ont constate qu’en 2011 ils ont augmenté en moyenne de plus de 15% dans le privé et de plus de 20% dans le secteur industriel, public et privé confondus. Ce qui indique que le marché de l’emploi est tendu et que la machine économique n’est pas bloquée. Une bonne nouvelle pour le Parti qui, pour des raisons politiques évidentes, a les yeux fixés sur le niveau de l’emploi, dont les bons chiffres relativisent les risques sociaux liés à un ralentissement de la croissance.

Plus encore, l’historique du rapport des salaires au PNB montre que c’est la première fois depuis la publication régulière des données officielles que la croissance moyenne des rémunérations est supérieure à celle du PIB. La conséquence en est que le revenu moyen des ménages augmente, laissant présager que les efforts du pouvoir pour faire de la consommation intérieure un des moteurs de la croissance pourraient porter leurs fruits. Enfin, il est important de signaler que le différentiel avec les salaires des pays développés est encore tel – le rapport est en moyenne de un à dix - que la Chine conservera encore cet avantage pendant de longues années.

Dans le domaine macro économique, le pouvoir a le choix entre une nouvelle politique de relance dont l’abus pourrait exacerber les déséquilibres structurels en augmentant le poids gaspilleur et redondant du secteur public, diminuant encore la rentabilité du capital, ou poursuivre la remise en ordre annoncée, appuyée sur le privé et destinée, à terme, à faire basculer l’économie de l’approche quantitative vers la qualité, l’efficacité et l’innovation. Le tout encouragé par une diminution des taxes aux petites et moyennes entreprises.

Si on observe les tendances récentes on s’aperçoit que, pour l’instant, Pékin hésite. Les réformes prévues ne sont appliquées que de manière partielle ou pas du tout, tandis que, s’inquiétant du freinage de la croissance, les autorités ont commencé à mettre en œuvre des mesures partielles de relance, répondant aux récentes directives de Wen Jiabao.

La faiblesse de l’élan réformiste, handicapé par la résistance des corporatismes, se lit dans la lenteur des réductions fiscales accordées aux entreprises et dans les difficultés d’une plus grande implication du privé dans l’économie. Caixin, indique qu’en dépit des informations qui circulent sur une expérience en cours à Shanghai pour remplacer la taxe sur le bénéfice des entreprises par une TVA, dont le principe devait être étendu à 10 autres provinces, les effets ne sont pas visibles sur le terrain, où les PME se plaignent même que leurs impôts augmentent.

De même, tarder à réduire les taxes à l’importation dont le maintien protège les entreprises chinoises - du secteur automobile par exemple -, freine les politiques d’innovation dans de nombreux secteurs ; tandis que la mauvaise gestion des entreprises d’Etat (absence totale de transparence, corruption) ayant un accès presque illimité aux banques publiques perpétue les gabegies financières.

Ici la Commission Nationale pour la Réforme et le Développement (CNRD), à la fois juge et partie, remplit mal son rôle de filtre des projets publics, tandis que l’Etat reste enfermé dans une vision du développement toujours marquée par les grands travaux d’infrastructures ou des projets contrôlés et gérés par le Centre. Une organisation bureaucratique, lourde, gaspilleuse et peu propice à l’innovation.

Par ailleurs, placé sous la pression des acteurs économiques, taraudé par la crainte d’une récession politiquement dangereuse, le gouvernement a commencé à relâcher le contrôle monétaire et accéléré les procédures d’approbation des grands projets. Le 12 mai, la Banque de Chine annonçait la réduction de 0,5% du taux de réserve obligatoire des banques qui s’ajoute à celles effectuées en novembre et février derniers. Le 28 mai, le Journal de l’économie chinoise 中国经营 faisait état des intentions de la CNRD d’accélérer l’approbation de projets dans les secteurs de l’acier et des transports pour une valeur de 130 milliards de Yuan (16 milliards d’€).


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