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La croissance en Chine ralentit. Séductions et risques de la relance publique

L’investissement public, toujours au centre des stratégies de développement.

Le potentiel offert par la marge de manœuvre du « Grand Développement de l’Ouest, Xi Bu Da Kaifa 西部大开发, » est rarement évoqué par les analystes, bien qu’il concerne plus des 2/3 du territoire. Une dépêche de Reuter du 29 mai en donne une image saisissante. En prenant comme exemple la ville de Xian (8 millions d’habitants), elle explique comment le Parti tente de dupliquer à l’intérieur le schéma de développement qui, pendant 30 ans, à propulsé la côte Est de la Chine à un niveau comparable à celui de nombreux pays développés.

Dans la ville trois fois millénaire, ancienne capitale de cinq dynasties, quand elle s’appelait encore Chang’an, tout est reproduit à l’identique de la côte Est, y compris le nuage de pollution qui l’enveloppe. Une usine d’Applied Materials, le géant mondial des équipements fabriquant des puces informatiques arrivé en Chine en 1987 et présent à Xian depuis 5 ans, ajoutée à une nouvelle extension de l’aéroport (1,4 milliard de $) et à un train rapide (5,2 milliards de $), avec, en prime, l’installation prochaine d’une usine Samsung qui prévoit d’investir 7 milliards de $, sont les nouveaux fleurons de l’ancienne cité, qui fut l’extrémité orientale de la route de la soie.

Selon le représentant local d’Applied Materials, dont l’importance pour la ville est si cruciale que le groupe est mentionné explicitement dans le prochain plan quinquennal, la stratégie est concertée et planifiée. Les 10 premières années du développement de l’Ouest ont permis de construire les infrastructures nécessaires à la deuxième phase qui débute, précisément avec l’arrivée de Samsung. Séduit par les facilités de communication de la ville avec la côte Est et Pékin, le Coréen y importera aussi ses centres de recherche.

Les progrès sociaux réalisés grâce à ces investissements sont manifestes. Entre 2000 et 2010 les salaires ont doublé. D’ici 2020, la ville espère qu’ils doubleront à nouveau, pour atteindre 50 000 Yuan annuels (6300 €), ce qui les placera cependant encore loin derrière ceux de Shanghai, les plus élevés de Chine (en moyenne aujourd’hui 9000 €). Un écart qui donne une idée de la marge de manœuvre qui nourrit l’optimisme des responsables locaux.

Mais Andy Xie, chroniqueur de Caijing, Docteur en économie du MIT, ancien représentant de Morgan Stanley en Chine, met en garde contre les erreurs de jugement qui sous tendent l’euphorie des administrations de l’Ouest de la Chine. Pour lui, les méthodes archaïques de relance par l’investissement massif ne feront qu’aggraver la situation et accumuler les risques d’une secousse économique pouvant déclencher une crise politique.

Telle qu’elle est conçue, la relance par l’investissement spécule sur l’export, dont le rétablissement est improbable dans un contexte mondial atone. Si le schéma économique de la Chine n’est pas modernisé par le recentrage du rôle des entreprises publiques, un effort de privatisation et d’innovation, le contrôle des projets trop chers et gaspilleurs, une amélioration radicale de la rentabilité du capital, le Parti ne sera pas en mesure de s’adapter aux nouvelles contraintes mondiales d’une croissance faible en Europe et aux Etats-Unis, et au défi posé par la classe moyenne urbanisée en expansion rapide dont les exigences de développement humain et de progrès social pèseront de plus en plus sur la classe politique.


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