Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Chine - monde

La Zone d’Identification Aérienne chinoise. Symbole de souveraineté et de rivalité avec Tokyo et Washington

La nouvelle ZADI chinoise et ses détracteurs.

Selon l’agence Xinhua, tout aéronef civil ou militaire ayant l’intention de traverser la Zone Aérienne de Défense et d’Identification chinoise doit communiquer son plan de vol aux autorités chinoises, rester en contact radio, répondre « sans délais et avec précision » aux demandes d’identification, activer son transpondeur durant la traversée de la zone et porter, clairement visibles, les marques de sa nationalité et son numéro d’identification.

L’initiative a provoqué une avalanche de commentaires sur les risques d’escalade militaire – le 30 novembre The Economist titrait « Poursuivant le rêve chinois Xi Jinping crèe un casus belli », ainsi que de multiples réactions crispées, avec, en premier lieu, celles des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud. Pour marquer leur désapprobation et leur intention de ne pas se conformer aux injonctions chinoises, ces derniers envoyèrent rapidement dans la zone des aéronefs militaires sans donner de préavis ni de réponses aux demandes d’identification chinoises. Pour Séoul et Tokyo il s’agissait de chasseurs de combat et pour les États-Unis de 2 bombardiers B-52 non armés dépêchés de Guam le 25 novembre.

« Nous n’avons pas l’intention de modifier nos patrouilles aériennes dans la zone » expliquait le 28 novembre, le porte parole du gouvernement japonais Yoshihide Suga, tandis que, le même jour, le vice-ministre de la défense sud-coréen Baek Seung-joo se plaignait auprès du général Wang Guangzhong, n°2 de l’état-major de l’APL en visite à Séoul, que la zone chinoise recouvrait celle de la Corée du sud et demandait une modification de son tracé. Ce que le Chinois a refusé.

Le 27 novembre, lors de sa première intervention publique, Caroline Kennedy, nouvel Ambassadeur des États-Unis à Tokyo accusait la Chine de vouloir changer le statu-quo en mer de Chine de l’Est et d’attiser les tensions. Pékin a répondu par un éditorial du China Daily accusant Washington de se tromper de cible, qualifiant l’attitude de Tokyo et de la Maison Blanche « d’hystérique » et de « potentiellement dangereuse », car, dit l’éditorial, elle était basée sur « un malentendu » ou, pire, une « distorsion volontaire des intentions stratégiques chinoises ». Au passage, Pékin signalait que son administration avait les moyens de contrôler la zone et qu’elle avait bien identifié les deux B-52 et suivi leur vol.

Les Philippines et l’Australie ont également protesté. Le 29 novembre, l’Union européenne a emboîté le pas précisant, par la voix de Catherine Ashton, que l’initiative chinoise « aggravait les risques d’escalade et augmentait les tensions dans la région. » A Taïwan qui, comme la Chine, revendique les Senkaku, c’est de l’opposition indépendantiste que sont venues les plus vives réactions. Pour le DPP, la ZADI chinoise qui englobe les Senkaku (Diaoyutai 釣魚台), était clairement « expansionniste » et « risquait de déstabiliser la région Asie-Pacifique (…) Ne pas riposter encouragerait Pékin à agresser ses voisins ».

En revanche, la réaction du président Ma a été mesurée. Tout en expliquant que Taipei allait exprimer sa préoccupation à la partie chinoise qui, par cette initiative, gêne incontestablement son plan de paix en mer de Chine de l’Est, Ma Ying-jeou assurait que les lignes chinoises qui ne « chevauchent qu’à la marge la Zone d’Identification de l’Île, n’auront aucun impact sur l’entraînement des forces aériennes taïwanaises. »

Autres initiatives d’apaisement : évoquant la « sécurité et l’intérêt public », les compagnies aériennes taïwanaises suivies par celles de Singapour, Hong-Kong et des Philippines se sont conformées aux injonctions chinoises. Les compagnies américaines s’y sont également pliées le 30 novembre après une consigne du Département d’État, qui précisait cependant que « la décision n’impliquait pas que les États-Unis acceptaient les prescriptions chinoises. »

A l’inverse, les compagnies nippones qui, dès le 24 novembre, avaient adopté une attitude identique ont ensuite fait marche arrière et sans donner d’explications se sont replacées dans une position de refus. Le 30 novembre le Yomiuru Shimbum estimait que les deux grandes compagnies aériennes japonaises ne modifieraient pas leur attitude, même après la concession faite par Washington.

Photo : Zones d’identification aérienne chinoise et japonaise.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Meng Wanzhou est rentrée à Shenzhen. Les deux Canadiens prisonniers en Chine ont été libérés

La saga olympique chinoise depuis 1952. Sept décennies d’une marche vers l’élite mondiale

Le G7 et l’OTAN ciblent la Chine qui se crispe. Quelques dessous de cartes

La création d’une monnaie digitale et ses arrière-pensées

Chassé-croisé de navires de guerre dans la zone « Indo-Pacifique »