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Le Cambodge sous influence

Retour des congrégations chinoises. La nouvelle alliance sino-khmère.

Le rapprochement entre Phnom-Penh et Pékin s’inscrit depuis 1992 dans un contexte radicalement différent de celui qui prévalait dans les années du protectorat, au temps de Sihanouk, sous Lon Nol, puis pendant la période Khmère Rouge. D’abord confinés dans des rôles d’intermédiaires par les Français, tenus à distance par Sihanouk, ostracisés par le régime de Sirik Matak, harcelés et massacrés par les Polpotistes (200 000 morts selon Steve Heder spécialiste des KR), qui les identifièrent à des « citadins corrompus », à détruire ou à rééduquer, enfin sévèrement tenus en marge par les Vietnamiens, les Chinois occupent depuis le début des années 90 des positions de plus en plus influentes au Cambodge.

Après les 11 années de présence militaire vietnamienne, les accords de Paris de 1991 changèrent en effet la donne. « Le règlement global de la question cambodgienne » mettait un point final à une période ponctuée par la guerre de résistance larvée contre l’occupant, menée en priorité par les unités khmères rouges résiduelles armées par la Chine et la communauté internationale – Américains et Européens compris -, sous couvert d’une aide aux trois factions anti vietnamiennes, dont en réalité seuls les Khmers Rouges opéraient efficacement en territoire cambodgien.

Le régime du Parti du Peuple cambodgien qui, après le bref épisode démocratique inauguré par les élections onusiennes de 1993, n’a cessé de se renforcer pour tendre lentement vers une situation de monopole politique, a, dès 1991, favorisé la renaissance de la société chinoise d’avant le protectorat, autour des congrégations correspondant aux origines géographiques des communautés (Françoise Mengin. Les études du CERI n°133, février 2007).

Alors que les relations entre le Parti du Peuple et le PCC prévalent désormais sur celles traditionnelles nouées dans les années 70 par Zhou Enlai avec la famille royale khmère, aujourd’hui elle-même marginalisée et réduite au rang de faire valoir par Hun Sen, l’intérêt commun du Parti Communiste chinois et du Parti du Peuple, désormais directement en contact l’un avec l’autre, est double. Les deux souhaitent en effet faire oublier leur relation avec le régime Khmer Rouge pour se concentrer sur le développement économique.

A cet égard, l’opposition arc-boutée du Premier Ministre Hun Sen à toute mise en accusation de nouveaux suspects au tribunal hybride de Phnom-Penh, où sont actuellement jugés trois des plus hauts dirigeants du régime polpotiste, correspond parfaitement aux vœux de la direction de Pékin. La Chine moderne souhaite en effet tourner la page de l’appui consistant et inconditionnel qu’elle avait accordé aux radicaux meurtriers du Kampuchea Démocratique, y compris aux pires moments des meurtres de masse de 1975 à 1978.

Dès lors, la coopération économique de la Chine n’a cessé de s’amplifier accompagnant la consolidation du pouvoir du Parti du Peuple, grâce à l’appui d’un réseau d’hommes d’affaires chinois et sino-khmers connectés à l’oligarchie au pouvoir, elle-même contrôlée par d’anciens cadres khmers rouges de la Zone Est, mis en place en 1979 par Hanoi.


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