›› Chronique
Baoding - Shijiazhuang, 150 km
Toujours la même autoroute, avec en prime une vue sur les montagnes de l’Ouest totalement détruites par des carrières de matériaux de construction, qui, depuis 50 ans, alimentent la province du Hebei et la capitale. Shijiazhuang ne comptait plus que 1000 habitants en 1900, dont 20 français qui construisaient avec des belges, la future ligne de chemin de fer Pékin Wuhan, financée par l’emprunt russe.
Elle aussi a subi les affres de la modernisation sans scrupules. Devenue un nœud ferroviaire et routier au cœur d’un réseau emprunté par les interminables convois de charbon venant des deux provinces minières du Shanxi (capitale Taiyuan) et du Shaanxi (capitale Xi’an), Shijiazhuang a remplacé ses pagodes et ses deux lions de bronze par d’imposantes centrales électriques qui alimentent les grands centres urbains du nord et de l’est. La production de coton, fierté de la province il y a encore 30 ans, a périclité, à cause du manque d’eau.
Shijiazhuang - Yangquan, 100 km
Nous entrons dans le Shanxi. Une des provinces les plus polluées de Chine, qui recèle le tiers des réserves chinoises de charbon et de bauxite du pays. A Yangquan, un inquiétant nuage toxique stagne au-dessus des mines de charbon, des aciéries et des usines chimiques. L’air est chargé des effluves de nitrate de calcium, de carbone, d’oxyde de magnésium, d’acide chromique, de chlorure de calcium, rejetées sans précaution aucune dans l’atmosphère.
La nature est saccagée, tout y est brûlé, pollué par des usines, des voies de chemins de fer, des routes, le tout enchâssé dans une vallée étroite. Les habitants n’ont pas d’autre choix que de subir cet environnement. Les longues cohortes de camions presque tous rouges se succèdent comme des chenilles mécaniques. Deux lignes de chemin de fer est-ouest sont en construction pour augmenter encore le débit de charbon vers les insatiables mégalopoles de la cote chinoise. Ca et là des vaches dans des enclos, quelques serres et des rivières asséchées. On se demande comment se fait le refroidissement des centrales thermiques ?
Yangquan, était une étape de la route de la soie qui dominait les plaines fertiles du Hebei. De cette histoire il ne reste rien, sauf la poussière.

