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Les deux faces de la Chine (1re partie)

Yangquan - Taiyuan, 120 km

Sinistre autoroute que nous devrions renommer « coal road ». Le charbon est roi. C’est d’ailleurs la seule marchandise qui circule sur ces axes qui traversent un paysage lunaire où n’a survécu aucun végétal et où on ne voit jamais le moindre animal. Par moments, nous croisons, perdus au milieu des convois de charbon, des camions Coca Cola, destinés à abreuver les gosiers secs des mineurs. Misère, saleté, pluie, neige : un véritable cocktail du désespoir, pour qui n’est pas animé d’une force intérieure profonde.

La ville, ancienne capitale de plusieurs Etats, parfois rebelle, point de départ de la dynastie Tang, est dotée d’une forte personnalité. Elle défendait les empires, mais il arrivait aussi qu’elle se retourne contre eux. Cela se ressent encore aujourd’hui dans la manière d’être des gens. Ils sont « du Shanxi et de Taiyuan » avant d’être « Han ». Aujourd’hui, la région pauvre et enclavée, sur industrialisée est toujours un des hauts lieux du bouddhisme chinois.

Mais les traces architecturales du passé sont maigres et fragiles : des restes de murailles, un temple en centre ville, près de la place du 1er mai, une pagode ici et là, un musée provincial triste. Toute la richesse de cette région a été sacrifiée au progrès industriel, aux aciéries, aux industries chimiques et aux cimenteries.

A 25 km de Taiyuan, se trouve Qingxu. La capitale mondiale du vinaigre de grains, dont l’histoire est vielle de 28 siècles. Lai Fu Cu Ye est en effet la plus vieille usine de production de vinaigre de Chine. Elle a alimenté pendant des siècles les différentes dynasties chinoises et exportait, par la route de la soie, son vinaigre jusqu’à la cour du roi de France, et vers l’Est, jusqu’au Japon. Encerclée par la ville moderne, elle n’est plus qu’un ensemble triste de bâtiments industriels, dans la proche banlieue. La pagode haute de 50 mètres a été reconstruite en béton dans les années 80. Les murs encerclant la ville ont été remplacés par des routes et des périphériques.

Qingxu - Liuliang, 140 km

Près des rives du Fleuve Jaune, Liuliang a connu son apogée durant les Qing. Pensant retrouver des traces encore intactes de cette civilisation, suivant des informations de guides touristiques, nous sommes arrivés en surplomb de cette vallée encaissée. Six ou sept centrales thermiques en composent le paysage, avec des rivières presque à sec, couvertes d’immondices, un nuage orange- vert accroché au ciel, des HLM en rangs serrés. Le tout dégageait une impression de profonde tristesse.


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