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Les relations sino-américaines vues par Hanoi

Relents de guerre froide et détente passagère.

En Amérique Centrale, les visites officielles de Xi Jinping au Mexique, au Costa Rica, à Trinidad et Tobago signalent le début d’un mouvement chinois destiné à contrebalancer la bascule américaine vers le Pacifique Occidental et l’Asie, que Pékin interprète comme une tentative pour « contenir » la Chine, ce qui la place en position défensive. En même temps, dans une région où les États-Unis ont assis leur influence depuis le XIXe siècle, Pékin développe une offensive de charme destinée à implanter l’influence chinoise au cœur même de l’Amérique Latine et à se présenter comme le premier investisseur et le premier acteur commercial.

Il y a là des relents de guerre froide à son apogée de la fin des années 70, avec en moins les conflits par guérillas interposées que se livraient Washington et Moscou pour renforcer leur influence dans le Tiers Monde. Sur le long terme, l’écart de puissance entre les deux se réduira. Il en résultera une aggravation de la compétition, au point que le nouveau cadre que les deux tentent d’établir ne permettra pas de résoudre les conflits bilatéraux d’une manière approfondie et durable. A court terme, Pékin et Washington bénéficieront d’une détente provisoire qui leur permettra de se concentrer sur leurs problèmes internes.

Pour la Chine, il s’agit de tenter de résoudre les incohérences qui menacent de balayer les succès des 30 dernières années. Les défis sont considérables : maladies économiques et financières, qui rappellent celles de la grande dépression américaine de 1929 – 1933, corruption, écarts de revenus, lenteur des réformes institutionnelles, au point qu’apparaît une menace voisine de celle qui frappa le monde arabe et secoue aujourd’hui l’Inde, le Chili, la Turquie et le Brésil. Quant aux États-Unis, ils doivent conforter la reprise économique, diminuer le chômage, et réduire à la fois la dette et le déficit fédéral.

NOTE de CONTEXTE

5e rencontre sino américaine


Du dialogue économique et stratégique.

Le 5e dialogue économique et stratégique entre Pékin et Washington, tenu à Washington à la mi-juillet, dont les résultats concrets sont minces, confirme le pessimisme de Hoang Anh Tuan.

La rencontre a surtout été l’occasion d’une première rencontre opérationnelle entre, d’une part l’équipe chinoise composée de Wang Yang, ancien n°1 à Canton, aujourd’hui membre du Bureau Politique, Vice-Premier ministre en charge du commerce, de l’agriculture et des désastres naturels et Yang Jiechi, Conseiller d’Etat en charge des Affaires étrangères, ancien ministre des AE et ancien ambassadeur à Washington, et d’autre part les négociateurs américains, Jacob Lew secrétaire d’Etat au Trésor, et le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères John Kerry.

Selon Goodman, expert au CSIS et ancien conseiller d’Obama lors de son premier mandat, le résultat le plus significatif dans le domaine économique aura été un accord politique de principe pour un nouveau traité bilatéral sur les investissements, dont les termes devraient être négociés dans un avenir proche.

Il s’agit d’étendre le scope des secteurs où les investissements réciproques seront possibles et d’en négocier les dispositions règlementaires, qui concernent essentiellement les barrières non tarifaires. Une première date limite a été fixée au sommet de l’APEC en 2014, dont la Chine assurera la présidence.

Mais, dans l’état actuel des relations extérieures de Washington, et compte tenu de la ressource limitée en experts des dialogues économiques internationaux, les pourparlers sino-américains pourront difficilement prendre le pas sur les négociations avec l’UE et surtout sur celles du Trans Pacific Partnership qui, pour l’instant, excluent la Chine pour cause de non respect des règles de transparence économique et de démocratie.

Selon Goodman qui s’exprime avec le réalisme d’un expert qui connaît les problèmes de l‘intérieur, « compte tenu de l’état des relations entre les deux, l’essentiel est qu’ils se parlent, même si les pourparlers n’aboutissent à rien de concret ».


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