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Chapitre V
- Avec des raisonnements comme ceux-là, on n’aurait jamais planté d’arbres fruitiers ! Il faut parfois savoir parfois être patient...
- Je ne te dis pas de faire du profit dès le premier jour, mais au moins dès que l’outil est productif. Un pommier, tu sais qu’il faut attendre dix ans avant d’avoir une bonne récolte, mais après deux ans tu sais déjà si ton arbre est pourri ou non... T’as déjà vu un mec attendre dix ans, pour s’apercevoir que son arbre ne donnera rien ? Si le marché n’est pas là aujourd’hui, ou si l’on n’est pas sûr qu’il le sera le jour où le projet démarrera, alors il ne faut pas venir...
- Votre ami Teuton disait, l’autre jour à Chengdu, qu’avec des raisonnements comme ceux là, on n’aurait jamais développé la Californie. À jouer gagnant à coup sûr, on ne gagne pas grand-chose...
Finet-Dinon éclata de rire :
- Si c’est Teuton qui dit ça, cela prouve au moins qu’on ne doit pas dire que des âneries... Teuton ne comprend rien à rien, il est grave borné ! C’est s’il avait été d’accord avec nous qu’on aurait pu douter. Participer à la ruée vers l’ouest, cela tenait de l’aventure, de la maison de jeux et de l’épicerie. Ceux qui sont devenus riches, ce ne sont pas ceux qui ont posé les rails ni ceux qui ont ouvert les premiers pressings, mais ceux qui sont arrivés ensuite par le train et qui donnaient leur smoking à nettoyer... Teuton n’a rien compris au film !
- Il est peut-être joli ton raisonnement mais, à force d’attendre que les autres aient payé les pots cassés, tu n’as pas peur que les premiers arrivés aient pris les meilleures places et que tes espérances, le jour où tu te réveilleras, soient réduites à la portion congrue...
- Il y a un risque c’est certain ; il ne faut pas non plus louper le train. Mais pour le moment ce n’est pas le cas et ce marché n’avantage en aucune façon les premiers arrivants. Bien au contraire ! Regarde dans le domaine de la construction automobile. C’est l’un des secteurs industriels phare, celui qu’on prend pour exemple à tout bout de champ, pour prouver la vitalité et le potentiel immense du marché chinois. Volkswagen y avait plusieurs longueurs d’avance sur tous ses concurrents. Dix ans d’avance et un mariage avec le constructeur chinois numéro un. Résultat ? Il a été le numéro un avec plus de 50 % du marché mais bientôt, s’il survit, il ne sera plus qu’un constructeur parmi des dizaines d’autres, en train de ramer sur un marché en complète surproduction... Les autres sont venus, son partenaire l’a fait cocu avec tous ceux qui se présentaient... Les sous-traitants ont empoché les licences sans les acheter au nom de l’amitié et du prix à payer pour être le premier sur un marché aussi prometteur, et les concurrents ont profité au fur et à mesure de régulations de moins en moins contraignantes et d’un environnement industriel que Volkswagen s‘était efforcé de créer en dépensant des fortunes.
L’amitié, la reconnaissance, la fidélité ne sont que des formules creuses dont nos amis chinois se servent à profusion pour attirer les gogos. Pour quelques centaines de millions d’euros tu peux être le premier à rêver, mais pour un centime de différence sur tes produits, tu verras tous tes clients te quitter du jour au lendemain et les autorités te faire une leçon de capitalisme pour t’expliquer que c’est comme ça que ça se passe... Alors si tu veux quelques consignes simples : n’accepte jamais de payer de surcoût ou de faire des concessions majeures sous prétexte que le potentiel est énorme ou que l’amitié est sacrée. Et ne te dis jamais que si ce n’est pas toi, c’est ton concurrent qui va y aller. « Avec un raisonnement aussi con », aurait dit un jour un de nos grands industriels, « vous coucherez ce soir avec votre mère ! ». Lui, avait de la jugeote et savait garder les pieds sur terre...
- Vous savez que vous n’êtes pas très gais, les gars ! A vous entendre, il ne faut même pas repartir par l’avion suivant, il faut regretter d’avoir pris le premier...


Par Anonyme Le 31/10/2006 à 12h12
> Pékin ce n’est pas de la tarte
je reconnais les principaux personnages et je pense que l’auteur est l’un d’eux ! Il habite au-dessus ! Si c’est lui, il comprendra mais je ne dévoilerai rien c’est beuacoup plus amusant sans rien savoir, même si on sait que tout le monde sait !