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Péninsule coréenne : L’armistice vu de Pyongyang. L’Europe ou la faillite de la raison

Louis Montalte, qui nous écrit régulièrement d’Asie du Nord-Est, nous livre ici ses impressions à la suite d’un passionnant voyage en Corée du nord à l’occasion de la célébration par le régime de l’armistice de 1953. Les ostensibles démonstrations de forces de Pyongyang cachent la vulnérabilité économique et l’angoisse de la chute ; elles entretiennent de vastes malentendus sur l’utilité des sanctions et des postures guerrières.

Aucun des acteurs de la région – États-Unis compris qui entretiennent encore plusieurs dizaines milliers de soldats au Japon et en Corée du sud – n’a suffisamment de recul pour se libérer du cercle vicieux des vaines menaces guerrières en réponse au chantage nord-coréen, lui-même partie d’un jeu de poker menteur où toutes les cartes sont biaisées.

S’il est vrai que la péninsule et ses approches sont régulièrement le théâtre d’échauffourées meurtrières entre le Nord et le Sud, la menace de guerre totale régulièrement brandie par Pyongyang, Séoul et Washington, recèle deux réalités : puisque personne n’est prêt à la mettre en œuvre, elle ne risque pas de se concrétiser ; mais la musique terrifiante qu’elle ne cesse de propager est un des adjuvants les plus efficaces du régime nord-coréen.

En revanche l’Union Européenne pourrait, si elle était solidaire et si elle avait une échine politique solide, jouer le rôle d’arbitre. Hélas elle est divisée et en catalepsie stratégique, réduite à l’état de mort apparente.

Plus encore, la France, dont l’histoire, la culture, les ambitions affichées, devraient la porter à jouer un rôle modérateur dans la zone, persiste, avec une absence coupable de réalisme à soutenir l’inflexibilité stratégique engluée dans le mensonge, dont le seul effet perceptible a jusqu’à présent été de perpétuer la dictature.

Non seulement Paris met l’embargo sur les armes, mais, sans la moindre rationalité et avec un autisme irresponsable elle interdit toute exportation ou investissement, depuis les parfums Chanel, jusqu’aux équipements de ski, en passant par le foie gras ou le camembert.

Photo : Illustration de la politique d’embellie entre le Nord et le Sud, initiée par Kim Dae Jung, prix Nobel de la paix, en juin 1998, Chun Ju-yung, PDG de Hyunday traverse la ligne démilitarisée à Panmunjom pour accompagner un troupeau de 1000 vaches offertes à Pyongyang. Le geste d’ouverture ponctué par le passage d’un vaste troupeau de bovins déambulant dans la zone démilitarisée symbole de crispation et de fermeture exprime de manière saisissante le contraste entre les attitudes méfiantes et raides des conservateurs et la hauteur de vue de Kim Dae Jung, convaincu que sa « politique d’embellie » pourrait à terme ébranler le régime de Pyongyang.


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