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›› Taiwan

Tsai Ing Wen 蔡英文, candidate du DPP à la présidentielle de 2012. Quelles perspectives ?

Les inquiétudes de Pékin.

C’est peu dire que Pékin observe toujours les élections taïwanaises avec nervosité, d’abord parce qu’elles expriment le fonctionnement d’un système politique que le Parti Communiste rejette absolument, qui plus est dans un territoire considéré comme une province ; ensuite parce que le spectre d’un retour au pouvoir des indépendantistes recèle la hantise d’une radicalisation politique de l’Ile contre la Chine ; enfin, parce que les débats politiques entre les candidats ne manquent jamais de toucher aux tabous et aux non dits qui sous tendent la politique d’une seule Chine, fond de commerce ambigu du Parti Communiste et du Kuo Min Tang.

Cette fois ne fera pas exception. En effet, s’il est vrai que Tsai Ing Wen a adopté une stratégie plus douce, rejetant les appels à l’indépendance aux calendes grecques, elle n’a rien cédé sur le fond qui concerne le statut de l’Ile, ses relations avec la Chine et l’efficacité de sa défense. Déjà apparaissent les signes avant coureurs des tensions qui mettront à rude épreuve les progrès accomplis dans le Détroit depuis l’accession au pouvoir de Ma Ying Jeou en 2008.

Peu après sa désignation la candidate indépendantiste recevait l’appui explicite de Lee Teng Hui (88 ans), premier Président taïwanais élu au suffrage universel, ancien président du KMT exclu du parti en 2000 pour avoir créé l’Union pour la Solidarité Taïwanaise d’obédience indépendantiste (acronyme anglais TSU) : « il est temps que le peuple de Taïwan se lève pour défendre sa souveraineté et sa dignité. Le moyen pour cela est de voter pour Tsai ».

Alors que Pékin effectuait quelques prudentes approches pour que l’apaisement des relations issu de l’Accord Cadre ouvre la voie au dialogue politique, le DPP continue à rejeter « le consensus de 1992 », sur la reconnaissance « d’une seule Chine » par les deux rives. Une reconnaissance qui, selon le Parti Communiste, constitue non seulement la base, mais également la condition d’un dialogue politique entre les deux rives.

Répondant aux déclarations de Tsai, indiquant que son Parti ne renoncerait pas au projet d’indépendance de l’Ile, Chen Yunlin directeur du Bureau des Affaires taïwanaises à Pékin, menaçait de remettre en cause la totalité des accords passés depuis 3 ans si un gouvernement indépendantiste, rejetant le « consensus de 1992 », arrivait au pouvoir dans l’Ile.

A ces raidissements s’ajoutent l’effet de crispation produit à Pékin par les demandes récurrentes des autorités taïwanaises pour le démantèlement des missiles chinois menaçant l’Ile et la livraison de nouveaux F16 et sous marins modernes par les Etats-Unis, dans le cadre d’une réforme générale du système de défense qui vise à remplacer les effectifs par des équipements performants - réduction du budget, professionnalisation et déflation de plus de 50 000 hommes -.


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