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Tsai Ing Wen 蔡英文, candidate du DPP à la présidentielle de 2012. Quelles perspectives ?

La croisée des chemins

L’Ile est peut-être arrivée à une étape cruciale de son destin. Alors qu’à l’intérieur les Taïwanais, attachés à préserver leur identité particulière et leur liberté politique, souhaitent aussi développer des relations avec Pékin sur un mode moins crispé, les évolutions stratégiques, marquées par la montée en puissance de la Chine et l’imbrication croissante des intérêts sino-américains, fragilisent les anciens équilibres politiques et militaires.

Dans un contexte, où l’illusion stratégique du statu quo est de moins en moins tenable, et où tous les acteurs n’auront pas d’autre choix que de tenir compte de la variable chinoise, les deux partis en présence pour l’élection présidentielle représentent chacun une possibilité d’avenir, pour l’heure incompatible avec l’autre.

Le premier choix est celui de l’histoire officielle des partis aujourd’hui au pouvoir de part et d’autre du Détroit, héritiers de la guerre civile chinoise, rassemblés autour de l’idée d’une seule Chine qui spécule sur la proximité géographique, historique et culturelle, mais dont l’idéologie politique est radicalement différente.

S’il est vrai que le rapprochement économique a produit un apaisement spectaculaire, l’incompatibilité des systèmes de gouvernement et l’indépendance de fait de Taïwan seront d’autant plus des facteurs de tensions à moyen terme, que le Parti Communiste Chinois pourrait vouloir accélérer le processus de réunification et engager des négociations politiques, considérées dans l’Ile comme un épouvantail.

Le deuxième choix, sorti de l’ombre à la fin des années 80, n’est pas moins légitime aux yeux d’une grande partie des Taïwanais. Il s’inscrit dans l’histoire d’une Ile qui fut souvent autant chinoise que rebelle, abandonnée pendant un demi-siècle au Japon qui y laissa une forte empreinte administrative, dont les Taïwanais n’ont pas gardé un souvenir aussi cruel que celui laissé par l’armée nippone en Chine.

Il consacre l’éveil politique d’un peuple qui, après 1945, s’était insurgé contre le népotisme, la corruption et les pillages du Kuo Min Tang, venu remplacer les forces japonaises. En 1947, il avait subi de plein fouet la répression brutale de Tchang Kai Chek, dont le bilan mal connu, s’élève au moins à 20 000 morts. Les élites du Parti indépendantiste sont les héritiers de ces rebelles et des intellectuels qui, depuis 1947, se sont insurgés contre la main mise chinoise sur l’appareil politique de l’Ile, ne laissant aux Taïwanais de souche qu’une part insignifiante du pouvoir.

Mais leur crédo qui, non seulement, clame que la proximité géographique, historique et culturelle ne confère aucune légitimité aux projets de réunification du KMT et du PCC, mais exige de surcroît que les Taïwanais soient autorisés à choisir démocratiquement leur forme de gouvernement et leur avenir, heurte de plein fouet l’idéal de réunification, projet politique le plus sensible en République Populaire de Chine.


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