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Tsai Ing Wen 蔡英文, candidate du DPP à la présidentielle de 2012. Quelles perspectives ?

Le jeu de Washington et de Pékin

Dans ce contexte, Pékin et Washington, qui redoutent également une radicalisation, continueront d’avancer sur une voie étroite et compliquée. Même si le Parti Communiste doute de la sincérité de Ma, il souhaite le renouvellement de son mandat, comme un moindre mal. Il ne pourra cependant pas lui apporter un soutien trop voyant qui lui serait immédiatement reproché par la majorité des électeurs, dont une frange non négligeable le soupçonne déjà de brader Taïwan à la Chine.

A court terme, constatant les fortes réticences des Taïwanais à démarrer un dialogue politique, le pouvoir chinois en sera réduit à continuer sa politique oblique de séduction économique et commerciale et à étouffer dans l’œuf, au coup par coup, les velléités d’indépendance par le durcissement du discours sur fond de menaces militaires. Cette politique n’exclut cependant pas des approches discrètes en direction des franges les plus modérées du DPP.

A long terme, les intentions de la Chine restent inchangées : créer les conditions d’une réunification pacifique. Une stratégie qui requiert une bonne dose de patience, seule alternative possible à une aggravation radicale des tensions dans le Détroit, porteuse de risques importants.

De son côté, Washington, où certains courants commencent à douter de la pertinence des engagements de défense avec Taïwan, devra naviguer entre sa volonté de limiter les tensions avec la Chine et ses exigences politiques d’un soutien sans faille à une jeune démocratie placée sous la menace militaire directe du Parti Communiste Chinois, déterminé à réaliser la réunification à tous prix.

Au cœur de ce dilemme se trouve la politique des ventes d’armes à l’Ile, de plus en plus fermement dénoncée par Pékin qui, à plusieurs reprises, a fait de leur arrêt la condition de la poursuite du dialogue militaire sino-américain, dont le ministre Robert Gates a fait une priorité.

Or, alors que plusieurs rapports mettent en garde contre la dégradation de l’équilibre des forces dans le Détroit en faveur de la Chine et le vieillissement de la flotte de chasseurs F.16 taïwanais, une demande insistante du gouvernement de Ma Ying Jeou pour la livraison de nouveaux appareils de type F.16 C/D, ou, à tout le moins, pour rénover les 146 anciens F.16 A/B (coût estimé 4,5 Mds de $), est restée en souffrance depuis plusieurs années, retardée par l’actuelle administration américaine qui craint une nouvelle rupture des relations militaires avec la Chine.

A plusieurs reprises, le Président Ma a considéré que la poursuite des livraisons d’armes à l’Ile était le pendant indispensable à sa politique d’ouverture envers Pékin. Le 17 février dernier, il expliquait encore une fois ce principe au Washington Post :

« Il est important que nous puissions négocier le rapprochement avec la Grande Terre sans crainte. C’est la raison pour laquelle nous achetons à l’étranger les armes défensives indispensables à notre survie, que nous ne pouvons fabriquer à Taïwan. Ces armes contribuent à la paix et à la stabilité dans le Détroit. Les Etats-Unis n’ont jamais évoqué avec nous la possibilité qu’ils pourraient mettre fin à ces livraisons ou à notre coopération militaire ».


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