Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Politique intérieure

Xi Jinping et Li Keqiang à couteaux tirés ? Un défi à la résilience de l’appareil

Contre-attaque des fidèles du n°1.

Soudain, des vents contraires se sont levés contre Li Keqiang, venant des amis du Président. Le 6 juin, le Beijing Daily, journal officiel du Parti dans la capitale publiait un commentaire affirmant que les étals de rue, « sans hygiène n’étaient pas civilisés et n’avaient pas leur place dans la ville.  ».

Ciblant directement Li Keqiang il mettait en garde contre « le suivisme aveugle des modes et de tendances ». Le maître d’œuvre de l’offensive était Huang Kunming, fidèle de Xi Jinping et maître de la propagande du Parti.

Également à la manœuvre, à Pékin, l’un des plus proches appuis de Xi Jinping à qui il doit tout, y compris sa place au BP, Cai QI, n°1 du Parti dans la capitale. Depuis 2016 il œuvre pour nettoyer la ville et la débarrasser des indésirables (lire : Nettoyage de la capitale et expulsions. Incendie et polémiques. Les migrants, « citoyens de seconde zone ».).

Le lendemain, la chaîne de télévision nationale reprenait le commentaire sur le même ton, jetant le trouble en province. A Dalian que Li Keqiang ancien n°1 du Liaoning (2005 – 2007) connaît bien et à Yantai où il venait de faire l’éloge des vendeurs de rues, les autorités locales avaient tout juste levé l’interdiction des marchés de nuit.

Pris à contrepied, elles décrétèrent à nouveau la fermeture. Le tête-à-queue ne passa pas inaperçu sur les réseaux sociaux : « Il se passe quelque chose de bizarre  » (…) « C’est décevant. On démonte la politique de terrain de Li Keqiang » (…).

Le problème pour Xi Jinping dit Nakazawa c’est que Li Keqiang est plus populaire qu’il ne l’avait imaginé. Selon un intellectuel vivant en province, « La classe moyenne et les gens ordinaires ont le sentiment que Li s’intéresse plus à eux que le °1 ».

Les couteaux sont tirés.

Déjà, répondant à la conférence de presse de Li Keqiang du 28 mai à l’ANP, le bureau national des statistiques (BNS) qui pourtant dépend de lui, avait contesté son estimation de la pauvreté affirmant que 600 millions de Chinois avaient un revenu moyen d’à peine 1000 Yuan par mois (142 $) « même pas assez pour louer une chambre dans une ville de 2e rang. ».

A quoi le BNS objecta que les 600 millions incluaient les retraités, ce qui faussait l’appréciation des revenus moyens.

Il reste que la remarque du premier ministre avait touché au cœur la partie de la population à bas revenus, ce que la mouvance de Xi Jinping à l’affut des rapports de forces, considère comme une menace en amont de la réunion cruciale de Beidaihe.

Ce n’est pas tout.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Effondrement d’Evergrande. Le procès de Xu Jiayin et les longues racines de la crise immobilière

Réglées au cordeau et sans aspérités, les « Deux réunions 两会 ». Pragmatisme et prise de conscience des défis extérieurs et intérieurs

Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison. Chute d’un symbole

La chute énigmatique et embarrassante du Général Zhang Youxia, premier militaire du pays

Incendie à Hong-Kong. Négligences graves, soupçons de corruption et rigidité politique des pouvoirs publics