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« Y a t-il un futur sans énergie nucléaire ? ». La société civile en marche

NOTES de CONTEXTE.

Référendum.

La constitution prévoit l’organisation de référendums d’initiative populaire pour, notamment, réfuter des lois déjà votées, initier un processus imposant au gouvernement de proposer une loi au vote du Yuan législatif, appuyer ou réfuter des orientations politiques du gouvernement.

La procédure ne peut être lancée que si la proposition répond aux critères d’utilité ci-dessus et si elle est soutenue par au moins 0,5% de l’ensemble du corps électoral enregistré lors de la dernière élection valide. L’article 30 de la loi référendaire stipule en outre qu’un référendum ne peut être considéré comme valide que si la participation au scrutin atteint au moins 50% des électeurs inscrits.

Chine – Taïwan.

Récemment le magazine Tian Xia Zazhi - 天下 雜誌,en Anglais Commonwealth - a publié une série d’articles traduisant le sentiment de vulnérabilité des Taïwanais dans leurs relations avec le Continent. Citons par exemple le 1er novembre 2012, par Hsiang-Yi-Chang, « On lâche les rênes » qui s’interroge sur la pertinence de la politique de Ma Ying-jeou visant à augmenter considérablement les investissements chinois – qui, en valeur absolue, restent faibles à hauteur de 310 millions $ depuis 2009, mais dont le poids a triplé entre 2011 et 2012 -.

En conclusion, il rapporte le commentaire d’un ancien haut fonctionnaire des finances, resté anonyme : « Quand viennent les problèmes, on ne peut pas systématiquement se contenter d’aller chercher des investisseurs chinois pour jouer les pompiers. Taïwan doit pouvoir compter sur elle-même dans les difficultés. C’est le seul moyen de regagner une marge de manœuvre internationale ».

Ou encore, le 8 novembre par Rebecca Lin « Taïwan prendra t-elle le chemin de Hong-Kong ? », où on lit notamment que les Taïwanais craignent le poids grandissant des tactiques de séduction commerciales chinoises, en même temps qu’ils anticipent la capacité d’influence du Continent dans l’arène politique de l’Ile.

Dans la même veine, le 1er novembre dans « Tout droit, à la recherche des réseaux locaux », Rebecca Lin décrivait l’activisme local, dans la région de Kaoshiung, de Zheng Lizhong, le n°2 à Pékin du Bureau des Affaires Taïwanaises au Conseil des Affaires d’Etat.

Ce dernier, qui se démarque par son attitude chaleureuse des bureaucrates rigides, a réussi à tisser des liens étroits avec tous les secteurs, jusque dans les villages de pêcheurs et les fermes, aussi bien qu’auprès des hommes d’affaires influents, ou même des parlementaires, qui lui servent de porte d’entrée ou d’intermédiaires pour organiser ses contacts, lors de ses voyages.

En échange, son action, qui se développe - la précision n’est pas anodine - au cœur du fief politique des indépendantistes, arrange des transactions et facilite les exportations ou les investissements taïwanais vers le Continent. Avec parfois des augmentations de 100% des ventes de fruits vers la Chine, son activisme vise – et quand les résultats sont à la hauteur, il n’a aucun mal à le faire - à « conquérir l’esprit et les cœurs » des Taïwanais, et à installer une relation stable et de longue durée. Celle-ci, estime Rebecca Lin, est de nature à faire sérieusement contrepoids au désir d’indépendance de la base.

Perspectives économiques 2013.

« Commonwealth » a également publié le 27 décembre un sondage effectué auprès de 1000 chefs d’entreprise taïwanais qui révèle que 72% d’entre eux restent pessimistes sur la situation de l’économie globale. Mais une majorité spécule sur une modeste amélioration de leurs affaires en 2013.

Pourtant, alors que les prévisions officielles annoncent une croissance de 3,09%, 40% pensent qu’elle pourrait stagner en deçà de 2%, contrainte pas la dépendance de l’Ile aux exportations, la faible demande américaine et européenne et un nouveau ralentissement de l’économie chinoise. 36% d’entre eux, contre 20% au dernier sondage, considèrent aussi que les faibles performances des élites politiques de l’Ile sont un obstacle à leurs affaires, ou n’ont pas réussi à créer les conditions favorables à la croissance.

Toutefois, plus de 90% des sondés estiment que 2013 sera une année bénéficiaire. 44% envisagent d’embaucher. 58% ont l’intention d’investir ou de se développer en Asie, avec une préférence pour la Chine – qui, pour beaucoup reste la destination privilégiée, quoique « sa réputation est en baisse, à mesure que les coûts de production montent » -. L’Indonésie et le Vietnam viennent après et sont en hausse. A noter que le Myanmar a dépassé la Thaïlande dans la liste des destinations privilégiées. Nombreux sont ceux qui disent vouloir ainsi réagir à l’augmentation des salaires et à la contraction du marché à Taïwan.

Si le pourcentage de ceux qui pensent que les conditions d’investissement en Chine se dégradent, la proportion de ceux qui estiment qu’à Taïwan elles sont encore plus mauvaises, particulièrement pour les industries à forte intensité de main d’œuvre, dépasse 70%. Près de 60% estiment que la restructuration qualitative de l’industrie est un défi urgent ; + de 50% pensent que le gouvernement n’est pas efficace et + de 20% se plaignent des incertitudes politiques de la relation dans le Détroit. 45% n’envisagent pas d’investir à Taïwan en 2013, ou investiront moins de 1,5 million d’€.


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Par Caligula Le 18/03/2013 à 22h45

« Y a t-il un futur sans énergie nucléaire ? ». La société civile en marche.

Donc, en gros, le référendum porterait sur :
Etes-vous prets à payer l’électricité plus chère, à faire des sacrifices énergétiques (clim...) chez vous, à dépendre des importations de matières premières, et enfin à supporter les risques de démentèlement des centrales nucléaires (surtout quand on sait que c’est assez nouveau comme chantier).
Il y a peut de risque que le premier ministre démissione. Mais on ne sait jamais...

Par contre, j’ai bien noté le fait qu’il fallait une partition de 50% minimum pour valider un référendum. C’est une bonne condition. Même si elle peut paraître à double tranchant.

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