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›› Economie

1er trimestre 2012. Faits et commentaires

1. Contrôle macroéconomique.

• Spéculations sur un accident économique en Chine.

Les commentaires sur un possible accident économique refont surface après le rapport « China 2030 » de la Banque Mondiale, auquel a également contribué le Centre de recherche du Conseil des Affaires d’État.

Les plus récentes alertes s’appuient sur les chiffres qui semblent indiquer un ralentissement de l’économie, avec une chute des actions des grands groupes chinois listés aux Etats-Unis , dont le producteur d’aluminium ACH, China Eastern Airlines, China Telecom, et le pétrolier CNOOC.

A quoi s’ajoute la baisse des profits en Chine, notamment ceux de Jiangxi Mining qui entraîna une chute de 2% des prix mondiaux du cuivre, de Angang Steel et Air China qui enregistrèrent de fortes pertes au 2e semestre 2011. Le tout, dans un contexte marqué par les difficultés de l’Europe, le plus gros marché à l’export de la Chine. L’espoir que la Chine contribuera à la reprise en Europe, aux Etats-Unis et Japon ne semble plus d’actualité, d’autant que les économies des autres émergents comme le Brésil et l’Inde souffrent également.

• Le Conseil des Affaires d’État insiste sur les bénéfices de l’économie de marché.

Liu He (54 ans), spécialiste de macro économie, des structures industrielles et des techniques de l’information, formé à Harvard et à l’Université du Peuple, n°2 du Centre de recherche du Conseil des Affaires d’État qui a contribué au rapport « China 2030 » de la Banque Mondiale, vient d’expliquer dans un forum à Pékin, le 17 mars dernier, que les succès de la Chine ces 30 dernières années n’étaient pas dus au « capitalisme d’État », mais aux efforts de Pékin pour appliquer les lois de l’offre et de la demande dans la détermination des prix.

Il a également précisé que l’exode rural en cours aboutirait en 2020 à une population urbaine de 60%. Le processus accélèrerait la consommation interne et dessinerait un nouveau visage de la société chinoise, avec des évolutions économiques et sociales qui bénéficieront à la fois à la Chine et à l’économie globale.

Liu He fait partie de la mouvance libérale qui, appuyée par Wen Jiabao et son successeur désigné Li Keqiang, vient d’engager un combat déterminé contre les conservateurs, qui craignent la remise en cause des avantages acquis et, à terme, l’affaiblissement du « rôle dirigeant » du Parti.

• Commission Nationale pour la Réforme : l’Inflation baisse, mais reste un souci.

Après avoir rebondi en janvier à plus de 4%, l’inflation est retombée en février à 3,2%. Mais Zhang Ping Directeur de la CNRD a affirmé que le maintien de la croissance - que le gouvernement vient de favoriser en réduisant par deux fois le taux de réserves obligatoires des banques -, devait tenir compte des risques d’un retour de l’inflation, dont les causes structurelles étaient toujours présentes.

C’est pourquoi la politique monétaire resterait prudente, accompagnée par un ajustement des politiques fiscales. Les pressions sur le prix des matières premières, que la Chine doit importer en masse, restaient fortes, aggravées par les politiques de stabilisation aux Etats-Unis et en Europe. Les prix de l’immobilier avaient certes baissé en février, pour le 5e mois consécutif, mais étaient encore très loin du niveau raisonnable souhaité par le gouvernement. Les mesures restrictives seront donc maintenues en 2012.

Le freinage de l’inflation est essentiellement du au ralentissement de la hausse du prix des denrées alimentaires (elle est tombée à +6,2% en février, alors qu’elle était de +10,5% en janvier). La tendance avait permis à la Banque Centrale de baisser le taux de réserve obligatoire à 20,5% pour les grandes banques commerciales et 17% pour les petites. La mesure permettra une injection de 63,54 Mds de $ dans l’économie et allégera les pressions sur le crédit.

• Baisse de l’activité industrielle et déficit commercial.

A la surprise des experts qui s’attendaient à un rebond après le nouvel an chinois, la machine industrielle chinoise a donné en mars des signes de ralentissement pour le 5e mois consécutif. La plupart expliquent le phénomène par la conjonction d’une faible demande intérieure et d’un marché international atone en Europe et aux Etats-Unis.

Ce fléchissement documenté par un rapport de la banque HSBC, mais contredit par le gouvernement chinois, survenait alors qu’en février, la Chine a enregistré 31,48 Mds de $ de déficit commercial, sa plus mauvaise performance depuis 22 ans. Même si le chiffre traduit en partie une chute saisonnière, son ampleur inhabituelle a alerté les analystes. Elle a provoqué une baisse de la bourse et un recul du Yuan par rapport au Dollar.

Une partie du déficit s’explique par l’augmentation des importations de matières premières notamment de pétrole avec un record en février de 23,64 millions de tonnes, contre une moyenne mensuelle de 20 millions de tonnes en 2011, soit +15%. Les importations de minerai de fer, (64,98 millions de tonnes, +50%), de cuivre (484 569 tonnes +100%), de caoutchouc (150 000 tonnes, +36%) et de soja (3,83 millions de tonnes, +65%) ont également connu des hausses importantes.

Le déséquilibre de la balance commerciale, peut-être du à la constitution de stocks, est cependant survenu alors que les échanges avec les grands partenaires commerciaux de Pékin ont augmenté en janvier et février (avec la Russie :13,5 Mds $ +31,9% ; avec le Brésil : 11 Mds $ +31,9% ; avec l’UE : 79,8 Mds $ +4,7% ; avec les Etats-Unis : 66,05 Mds $ +9,2%). Dans ce contexte, l’UE reste encore le premier partenaire commercial devant les Etats-Unis.

Le 7 mars, Chen Deming, ministre du commerce estimait que les exportations connaîtraient une hausse de 7% en 2012, contre 24,9% en 2011. La plupart des experts considèrent qu’à long terme les exportations n’entreront que de manière marginale dans le calcul du PNB. Selon eux, la période qui avait suivi l’entrée de la Chine dans l’OMC, marquée par une explosion de ses exportations, tire à sa fin.


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