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1er trimestre 2012. Faits et commentaires

2 . Finances.

• Les banques étrangères pourront prêter plus.

Selon la Commission pour la Réforme et Développement le quota de prêts autorisés pour les banques étrangères sera élargi, en tenant compte de la taille des emprunts et en fonction des avoirs des banques en biens immobiliers ou d’équipements en Chine.

Aujourd’hui la Chine contrôle toutes les dettes externes contractées par les particuliers ou les sociétés, y compris les emprunts effectués à des organismes financiers situés hors de Chine. La décision signale un assouplissement à la marge du contrôle du capital. A la fin de 2011, les prêts accordés par des institutions financières étrangères se montaient à 58 Mds de $. Une goutte d’eau dans l’océan des crédits.

• Profits des banques.

Selon la commission de régulation bancaire, en 2011, les profits des banques chinoises ont atteint des sommets inégalés, dépassant 150 Mds de $. La plupart des profits, en hausse de 36% en un an, sont générés par des intérêts à 3%.

Mais, du fait de la rigidité du système financier et de l’inexistence ou de la fragilité de l’assurance crédit, les prêts vont en priorité à des emprunteurs garantis par l’État, et très rarement à des petites et moyennes entreprises. Cette situation produit un assèchement du crédit disponible pour les PME, favorise l’accumulation des créances douteuses dans les grandes banques publiques et la prolifération des prêteurs incontrôlés pratiquant des taux usuraires mettant en difficulté les petits entrepreneurs.

• Baisse des réserves de change. Réduction de l’exposition au Dollar.

Pour la première fois depuis la crise asiatique de 1998, les réserves de change de la Chine ont légèrement baissé. Alors qu’elles étaient de 3200 Mds de $ en septembre 2011, elles se montaient à 3180 Mds de $ le 31 décembre 2011. La tendance s’accompagne d’une fuite des capitaux estimée à 34 Mds de $ au 3e trimestre 2011, qui aboutit à une baisse de la pression à la réévaluation du Yuan. Dans ce contexe, il est probable qu’en 2012 le taux d’appréciation de la monnaie chinoise ralentira.

Parallèlement, les statistiques du Trésor américain indiquaient que la part en Dollar des réserves chinoises, qui était de 74% en 2006, était tombée à 54%, le niveau le plus bas depuis 10 ans. Cette tendance traduit la volonté de la Chine de se libérer de sa dépendance au Dollar. Elle ne rend cependant pas compte des prises d’intérêt en Dollar par des voies opaques. Elle s’accompagne d’une stratégie de diversification vers l’Euro, dont l’ampleur n’est cependant pas connue et estimée entre 15 et 20% des réserves de change de la Chine (450 à 650 Mds d’€).

• Convertibilité du Yuan.

La Chine a pris des mesures destinées à faciliter l’utilisation de sa monnaie dans les transactions commerciales bilatérales avec 14 pays – les derniers en date étant la Turquie et l’Australie -.

Mais l’accord, de loin le plus remarquable, a été signé avec le Japon lors de la visite en Chine du Premier Ministre japonais Noda, en décembre 2011. L’arrangement entre la 2e et 3e économie mondiale est en effet tout sauf marginal puisque les échanges bilatéraux annuels se montent à 340 Mds de $ (+300% en dix ans), qui, désormais, échapperont au Dollar américain.

Par ailleurs, l’accord autorise le Japon à acheter des obligations chinoises en RMB, une décision qui signale, entre autres, le besoin crucial de capitaux en Chine et qui participera, accessoirement, à la hausse du RMB. En même temps, la multiplication des opérations commerciales hors Dollar contribue à réduire l’empreinte de la monnaie américaine et son influence, même si le RMB n’est pas convertible.

Toutefois, depuis l’inauguration de la stratégie des échanges libellés en Yuan en 2009, le total des opérations en monnaie chinoise ne représente que 400 Mds de $ (source Banque de Chine), soit 6% du total des échanges de la Chine. En réalité, Pékin hésite encore à prendre la décision radicale d’une convertibilité totale et, même si l’influence du Dollar diminue irrésistiblement, la perspective que le Yuan le remplace comme monnaie de réserve est encore très éloignée. Notamment parce que la Chine continue à contrôler étroitement les mouvements de capitaux.

Officiellement, il s’agit de lutter contre le blanchiment d’argent, la spéculation et la fuite de capitaux. En réalité, la libéralisation du capital, capable de fluidifier une situation économique encore étroitement sous contrôle, effraye toujours le pouvoir politique. La banque centrale surveille strictement les mouvements de capitaux et fixe chaque jour le taux de change du Yuan, enfermant sa marge de fluctuation dans les limites très étroites de plus ou moins 0,5%.

Zhou Xiaochuan, Président de la Banque de Chine, qui milite pour la reconnaissance du RMB comme monnaie de réserve, a récemment assuré que cette marge serait élargie, tandis que le 22 février, il faisait publier par ses services un rapport décrivant une stratégie de relâchement des contrôles du capital. Ce document faisait suite à un autre de la CNRD, publié le 30 décembre 2011, présentant un plan sur cinq ans visant à faire de Shanghai une place financière internationale en 2015.

Mais, en ces périodes d’hésitations politiques et économiques, rien n’indique que le pouvoir central soit en mesure de créer un consensus autour de ces mesures qui paraissent risquées à la plupart des décideurs.


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