Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

Cliquez ici pour générer le PDF de cet article :

Imprimer ou exporter en PDF

›› Chine - monde

Chine-UE. Misère de l’Europe puissance, rapports de forces et faux-semblants

Le 7 décembre eut lieu à Pékin au cours d’une seule journée une étonnante réunion au sommet entre la Chine et l’UE qui eut toutes les apparences d’un jeu de « poker menteur  ».

En exagérant un peu la métaphore du « poker » on dira que trois ans et-demi après les sévères tensions du printemps 2021, ponctuées par les sanctions chinoises contre des universitaires, des députés européens et deux instituts de recherche (lire : Chine – Europe. Symbole d’un risque de dislocation globale, l’horizon de l’accord sur les investissements s’obscurcit), chacune des parties a, à l’abri d’une mise en scène d’apaisement diplomatique, gardé par devers elle ses atouts maîtres en attendant de les jouer pour rafler la mise.

Souvenons-nous, il y a seulement huit mois, la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen venue à Pékin dans le sillage du Président français [1] avait, avant d’énoncer ses solutions de relations sino-européennes filtrées par la prudence dites « dé-risquées », adopté à l’égard de Pékin un ton de très grande fermeté. Lire : La difficile « troisième voie » française en Chine et le dangereux brouillage de l’unité européenne.

En même temps, Josep Borrell, le Haut Responsable pour la politique étrangère de l’UE, troisième responsable européen de la délégation bruxelloises à Pékin ce 7 décembre, était engagé avec les responsables chinois dans un aller-retour verbal d’une étonnante agressivité.

Dans un article du « China Daily » du 7 mai, après son appel aux marines de guerre européennes à multiplier leurs passages dans le Détroit de Taïwan, il avait été traité de « faux-nez rabâcheur, incapable de gérer les problèmes complexes ». Lui-même avait publiquement jugé que les échanges avec Pékin étaient devenus des « dialogues de sourds ».

Sans que le fond des divergences ait été abordé, les fulminations réciproques avaient cependant baissé d’un ton quand, le 13 octobre, Josep Borrell avait été invité à Pékin par le Ministre des AE Wang Yi, en rattrapage d’une visite programmée et deux fois annulée en avril et juillet.

A cette occasion, s’il est vrai que les échanges avaient été plus courtois, ils n’en ont pas moins révélé la fragilité structurelle et historique de l’Union dans le jeu des puissances. Après avoir à nouveau exposé ses exigences de « réciprocité commerciale » [2], Borrell reprocha à Pékin – pathétique aveu d’impuissance - de ne pas considérer l’Europe comme une « puissance stratégique » à l’égal des États-Unis.

De fait, ce 7 décembre, pour la délégation chinoise dirigée par Xi Jinping accompagné du Premier Ministre Li Qiang et du MAE Wang Yi, face aux trois représentants de l’UE, le sommet UE – Chine organisé à la résidence des hôtes d’État de Diaoyutai, n’était qu’une réplique mimétique de la rencontre entre Joe Biden et Xi Jinping à San Francisco, en marge de l’APEC, le 15 novembre dernier.

Même affichage de bienveillance partagée ; même perception commune de l’interdépendance ; même conscience que la perpétuation des tensions serait un jeu à somme nulle ; mêmes exigences de réciprocité commerciale de la part des Européens.

Avec cependant la différence que, contrairement aux États-Unis, l’Europe divisée, toujours sans argument de puissance militaire et très en retard dans ce segment au cœur de la modernisation, ne peut se prévaloir de la suprématie technologique dans le secteur clé des microprocesseurs [3].

Le mimétisme de la forme plus conviviale, s’est également répété sur le fond. Au-delà des bonnes paroles, les divergences essentielles sont très loin d’être résolues.

++++

Bonnes paroles et persistance des aigreurs.

Le 7 décembre, alors que les Européens durcissent leur politique chinoise, évolution dont le meilleur exemple est l’annonce de l’Italie qu’en 2024 elle se retirerait du projet des Nouvelles Routes de la soie, la délégation de l’UE s’est présentée à Pékin avec une liste de griefs économiques clés, dont la solution était présentée comme la condition de relations à venir moins heurtées.

Au cœur des revendications, soulignées par Charles Michel à Diaoyutai, rigoureusement homothétiques de celles de Washington, le déficit commercial de l’UE, les subventions accordées par Pékin aux entreprises chinoises et l’absence de réciprocité dans l’ouverture de marchés.

Un mois avant le sommet, en écho à l’évolution de l’état d’esprit européen à l’égard de la Chine, Josep Borrel avait évoqué le durcissement possible des barrières douanières appliquées aux exportations chinoises : « Si la Chine continuait à nier la réalité et les conséquences de ces déséquilibres, elle provoquerait en retour en Europe une demande croissante pour davantage de protection. ».

Mais au moment du sommet, Bruxelles était déjà sur cette ligne depuis deux mois. Dès janvier 2024, les investissements dans les secteurs des semi-conducteurs, de l’Intelligence artificielle, de la biotechnologie et des calculateurs quantiques seront passés au crible.

En septembre, dernier, compte-tenu de la montée en flèche des exportations de véhicules électriques chinois en Europe, vendus en moyenne 20% au-dessous du prix des marques européennes, l’UE a ouvert une enquête sur le soutien de l’État chinois à ses constructeurs.

Quant à Xi Jinping dont les motivations sont, en même temps, de rassurer les Européens qui lui achètent ses exportations, levier essentiel de sa croissance, et d’apparaitre intransigeant en interne, son discours fut un exemple chimiquement pur d’un contraste entre les bonnes paroles et le durcissement stratégique. D’une part l’affichage d’apaisement universel et d’autre part, sur fond de raidissement normatif interne, ses initiatives de médiations aux neutralités systématiquement orientées vers une contestation de l’Amérique et de l’Occident.

A l’occasion, la Chine garde en réserve une capacité de riposte par la carte maîtresse des « terres rares » qui, quel que soit l’angle de vue, lui confère le pouvoir potentiel de riposter, pour encore de longs délais, à la guerre technologique que lui mène Washington.

Le 7 décembre, dans son discours d’accueil à Diaoyutai, Xi Jinping n’a pas été avare de conseils d’humanisme et de mesure stratégique, où perçaient subtilement voilées, à la fois l’injonction à la neutralité de l’Europe et l’allusion aux souvenirs des humiliations infligées à la Chine par les empires européens au XIXe siècle.

« A ce nouveau tournant des relations Chine-Europe, rappelons-nous de l’histoire et faisons preuve de sagesse et de responsabilité dans notre partenariat stratégique global  » (….) « Nous ne devons pas réduire nos coopérations simplement parce que nous sommes concurrents, ou nous considérer comme des rivaux et nous engager dans une confrontation simplement parce que nous avons des différences. »

Un autre passage du discours de Xi Jinping répondait de manière allusive à l’appel de Josep Borrell aux Européens d’augmenter les passages de leurs navires de guerre dans le Détroit de Taïwan, et à la tendance des députés de l’Union à fustiger le traitement infligé aux Musulmans Ouïghour au Xinjiang. Il était aussi un appel pédagogique à une conformité « correcte 正确的 » portant l’impératif de ne pas se mêler des affaires intérieures de la Chine.

Pour lui, « la confiance politique mutuelle, le consensus stratégique, 政治互信, 战略共识 la valorisation du haut degré de complémentarité 高度互补 par des intérêts partagés 共同的兴趣 » ne pouvaient se construire que si les Européens débarrassaient leurs stratégie chinoises de leurs « interférences 干涉 ». Dont acte.

Ses propos faisaient écho aux commentaires du ministre des Affaires étrangères Wang Yi plus tôt dans la semaine, qui avait présenté la visite des Européens comme une opportunité de « pousser les relations Chine-UE à un nouveau niveau, avec de nouvelles perspectives 以新视角推动中欧关系迈上新台阶 ».

En arrière-plan, la Direction chinoise nourrissait pourtant plusieurs rancœurs exprimées à l’égard des mesures protectionnistes de l’UE notamment contre les véhicules électriques chinois et contre la décision de Rome de quitter les « Nouvelles routes de la soie  » en 2024.

Mesurant l’effet néfaste sur l’image internationale de la Chine, Wang Wenbin, le porte-parole n’a pas manqué de dénoncer la volte-face italienne comme une initiative entourée de critiques infondées d’une stratégie globale vertueuse à laquelle participent « 140 pays de la planète », tandis que Jia Guide 贾桂德 ambassadeur à Rome et à Saint-Marin depuis février 2023, parlait d’une décision « imprudente qui aura un impact négatif sur la coopération ».

Ursula Von der Leyen dans le collimateur chinois.

Au même moment, la stratégie de chinoise dite de « derisking » d’Ursula Van Der Leyen était aussi la cible de médias chinois.

Déjà le 7 juin, « Xing Ping », pseudonyme qui signait une opinion publiée dans le Global Times, écrivait, sans oublier d’attribuer à la Chine le mérite de promouvoir la paix globale : « Tout en reconnaissant que la Chine promeut la paix mondiale dans sa pratique diplomatique et qu’elle est irremplaçable dans le commerce des marchandises avec l’UE, elle [Ursula Von Der Leyen] continue de soutenir que la Chine présente des risques » (…)

(…) « Alors que la Chine et l’UE sont des partenaires commerciaux essentiels l’un pour l’autre et que la connectivité entre les deux a apporté bien-être et bénéfices au continent eurasien, il est difficile de comprendre la raison pour laquelle la Chine devrait être définie comme un risque pour l’UE. »

Puis, évoquant les « risques », et revenant à l’épine dorsale des stratégies chinoises de la rivalité avec Washington, l’article qui passait sous silence les revendications chinoises en mer de Chine du sud et le harcèlement de Taïwan par missiles balistiques, énumérait les menaces portées par l’Amérique, sans commune mesure, dit-il, avec celles portés par la Chine.

« Risques de crise financière mondiale attisés par l’omnipotence du Dollar ; risques portés par les sanctions américaines infligées à plus de 40 pays ; risques pour la paix globale portés par les guerres lancées par l’Amérique avec un budget militaire équivalant à 40% du total dépenses militaires mondiales, “dont le bilan humain global depuis 2001 est de 4,5 millions de morts” »

L’idée maîtresse de la démonstration se référait au cœur du nouveau discours d’initiative de sécurité globale 全球安全倡议 dont le marqueur d’apaisement contraste avec, dit l’appareil, l’aventurisme militariste de Washington, moyen de sa stratégie hégémonique (lire : The world needs to ‘de-risk,’ but not against China).

Mais au-delà de ses initiatives diplomatiques de « faiseur de paix », la Chine dispose dans son jeu de l’atout maître des terres rares dont elle joue habilement pour peser à son avantage dans la guerre technologique en cours.

++++

La carte maîtresse des « terres rares ».

Alors que l’Amérique et l’Occident réfléchissent à la possibilité de réduire leur dépendance à la Chine, au milieu de la brutale la guerre technologique lancée par Washington (lire « Micro-puces » et droit de propriété. La violente riposte américaine contre la Chine et ses contrefeux), Pékin a, en août 2022, augmenté pour la 5e année consécutive son quota d’exportation de terres rares cette fois d’un pourcentage de 25%.

Les buts ? Consolider la dépendance de l’Occident et, en proposant des terres rares moins onéreuses, freiner la remise en route des mines américaines et australiennes.

Pour l’heure en tous cas, selon un article de « The Diplomat » signé de Barbara Kelemen et d’Alexander Stonor publié le 17 septembre 2022, la Chine contrôle 80% de la production de néodyme, d’yttrium et de terbium, matériaux essentiels couramment présents non seulement dans les smartphones, les éoliennes et les véhicules électriques, mais également dans les chasseurs de combat, les missiles de croisière et les sous-marins.

Depuis cinq décennies, motivé par des préoccupations environnementales et de rentabilité, la production de la mine de Montain Pass aux États-Unis, alors principal producteur occidental de terres rares, a considérablement reculé au profit de celle des gisements chinois, où les règles écologiques ont longtemps été inexistantes.

(Lire l’article de J-P. Yacine publié en 2010 Terres rares. La face cachée du monopole chinois, complété en 2022 : Terres rares. Domination chinoise, menaces et contrefeux).

Le risque de la prévalence chinoise s’est précisé quand au printemps 2022, Pékin a annoncé qu’elle fermerait l’accès à ses exportations de terres rares à Lockheed Martin Corp, constructeur du chasseur F-35 et à Raytheon Technologies Corp, nº1 mondial des missiles guidés, tous les deux directement impliquées dans la stratégie de dissuasion d’une attaque chinoise contre Taïwan.

Sans surprise, la dépendance occidentale et notamment de l’OTAN à l’égard des terres rares chinoises est de plus en plus au centre des discussions de l’Alliance sur le « découplage » des chaînes d’approvisionnement.

Des réactions sont en cours avec des forages d’exploration près de Moutain Pass ; à l’automne 2022, l’Australien « Lynas Rare Earths », premier opérateur mondial derrière la Chine, avait annoncé que son usine de traitement de Kalgoorie, 600 km à l‘est de Perth, était opérationnelle.

Au passage, signe que le réveil des mines occidentales inquiète la Chine, en août 2022, Amanda Lacaze, PDG de Lynas avait signalé que de faux comptes de réseaux sociaux liés au Parti communiste chinois publiaient quotidiennement des attaques contre sa société.

Une nouvelle mine exploitée par « Lynas » doit ouvrir en 2025 au Texas à Hondo, 350 km à l’ouest de Houston, sur financement du budget de la défense américain. Mais la production annuelle envisagée n’est que de 5000 tonnes, soit à peine 2% des 240 000 tonnes produites par les mines chinoises.

« Il est évident que la dépendance des industries militaires occidentales à l’égard des terres rares chinoises ne disparaîtra pas du jour au lendemain », disent les auteurs de l’article. Pour eux, le chemin vers une autonomie au moins partielle implique un ajustement systémique économique, juridique et culturel.

Tout en accélérant les procédures d’autorisation administratives et en élargissant l’éventail des coopérations internationales, son but serait d’extraire le secteur stratégique des terres rares de la loi du marché capitaliste qui détourne les investisseurs des projets dont la rentabilité à court et même à moyen terme est, compte-tenu de la concurrence chinoise, aléatoire.

La difficile cohésion européenne face à la Chine.

Analysant la relation Chine – UE, réplique mimétique des à-coups sino-américains, Philippe Le Corre, chercheur à l’Asia Society Policy Institute, constate que les Européens réalisent aujourd’hui que l’ouverture de la Chine est bel et bien terminée.

Nombre de groupes échaudés par les « raids » de représailles contre les sociétés de « due dilligence » (lire : Nouvelle Loi globale de politique étrangère, riposte à large spectre à l’Amérique. Hiatus entre le discours et les actes) entravant les efforts visant à trouver des preuves appuyant la stratégie de sécurité économique d’Ursula von der Leyen, ont entrepris de « dé-risquer » à bas bruit en relocalisant leurs affaires hors de Chine.

Dans un récent article du South China Morning Post Finbarr Bermingham correspondant pour l’Europe du journal, explique que le projet européen de réduction du risque chinois se heurte à une contradiction bien connue : « Il est difficile de convaincre les entreprises européennes inquiètes des représailles chinoises contre leurs affaires, à exprimer publiquement leurs reproches à l’égard de la deuxième économie mondiale. »

Certaines sont clairement réticentes.

Quand l’UE a cherché à documenter les pressions économiques chinoises exercées contre la Lituanie (lire : La Lituanie sous le feu de la vindicte chinoise à propos de Taïwan), pour en référer à l’OMC, plusieurs grands groupes, craignant pour leurs affaires en Chine, ont exigé que leur identité ne soit pas mentionnée, même si en privé ils admettent avoir eux-mêmes été menacés par Pékin d’un embargo sur leurs exportations équipées de pièces fabriquées en Lituanie.

Dans ce contexte, la cohésion européenne est devenue difficile, troublée par l’instabilité des positions de chacun à l’égard de la Chine.

Selon des sources officielles la France, pourtant militante de pointe pour une meilleure cohésion européenne qui, en 2020, avait menacé les opérateurs télécoms français utilisant des équipements Huawei pour leurs réseaux 5G de ne pas renouveler leurs licences d’exploitation, a décidé d’accueillir à Brumath la première usine Huawei en Europe.

Le choix de l’Alsace a été fait en juillet, lors d’une rencontre de Bruno Lemaire avec He Lifeng, en charge des affaires économiques, proche de Xi Jinping et membre du Bureau Politique (lire : Quand Xi Jinping défie l’Occident en accueillant Bachar El Assad, son ami He Lifeng éteint les contrefeux antichinois en Europe).

Comme l’écrit Finbarr bermingham, « tout le monde est d’accord pour la stratégie du dé-risquage, mais les opinions changent quand sont en jeu des usines et des emplois, surtout en période électorale. »

Note(s) :

[1Au passage ce voyage conjoint, à l’évidence mal préparé fut une fausse manœuvre. Visant à affirmer une cohérence européenne de posture, il a au contraire abouti à étaler face à Xi Jinping les divergences d’approche de la Chine au sein de l’UE, entre le Président français et Bruxelles, cette fois plus pugnace et plus ouvertement critique.

A cette occasion Paris afficha un ton ouvertement bienveillant dont le point d’orgue le plus critiqué fut qu’au prétexte d’affirmer une « nuance stratégique » avec Washington, il avait semblé cautionné le choix d’une éventuelle réunification avec Taïwan par la force, dont la France se tiendrait à l’écart.

[2On ne dira jamais assez à quel point ces exigences de réciprocité commerciale fustigeant l’ouverture limitée du marché chinois, en même temps qu’elles accusent Pékin d’accorder des subventions aux acteurs industriels – notamment aux fabricants de véhicules électriques qui inondent l’Europe (Lire : L’offensive des véhicules électriques chinois) - heurtent l’ancestrale pensée souverainiste chinoise, impératif culturel dont la force subjugue toute autre considération.

Dans son livre « L’Empire terrestre » Ed. du Seuil (Tome II, juin 2023) le sinologue français Yves Chevrier, ancien professeur à l’Inalco, spécialiste de l’histoire politique et intellectuelle de la Chine contemporaine, montre comment le basculement vers l’autoritarisme conservateur après 1976 qui, comme en 1912, puis en 1989, fut un échec de la démocratisation, croise la permanence souverainiste absolue que la pensée traditionnelle chinoise confère à l’État, « garant de la civilisation opposée au chaos. »

Dans cette conception que Chevrier avait déjà exposée en 2003, les exigences de réciprocité de l’UE ne comptent pas, face à ce que la pensée chinoise considère ni plus ni moins comme « le pouvoir absolu d’ordonner le monde confondu intégralement avec celui de commander aux hommes dans lequel, n’y a ni spirituel, ni temporel, ni sacré, ni profane, qui puisse lui échapper » (…). « Le territorial, le militaire, l’administratif, sont seconds par rapport à la souveraineté, elle-même placée sur le même plan que le religieux et le rituel. »

[3En 2023, en termes de revenus, renforçant leur suprématie globale, les dix premiers groupes fabricant de microprocesseurs de pointe au monde étaient américains ou opérant sous licence américaine. Il s’agit du Taïwanais TSMC (sous licence) américaine ; Intel corp (USA) ; Qualcomm Inc (USA) ; Broadcomm Inc (USA) ; Micron Technology (USA) ; NVIDIA Corp ; Applied Materials (USA), ASE Technology (Taiwan).

Alors qu’avec plus d’une dizaine de sociétés opérant dans le secteur, la part globale de la production chinoise moyenne gamme est, entre 2000 et 2022, passée, en valeur, de 8,72% a plus de 12,97%, la part européenne est restée faible, variant de 3,92% en 2000 à seulement 4,58% en 2022.

Même si les puces électroniques ont été inventées aux États-Unis, la part globale des États-Unis dans la capacité de production a baissé de 37% (en 1990) à 12% en 2022. De ce fait, les trois quarts de la capacité mondiale de fabrication de puces sont désormais concentrés en Asie.

Pourtant, par le biais des « royalties » les États-Unis tiennent toujours la corde en valeur dans la part du marché mondial. De plus, c’est encore aux États-Unis que les dépenses de R&D en semi-conducteurs sont les plus élevées rapportées au pourcentage des ventes par pays (18,6% contre 12,9% au Japon).

 

 

A Pékin, la bascule du monde. Après D. Trump, voici Poutine

[22 mai 2026] • François Danjou

« Auto China 2026 », une démonstration de force des marques chinoises

[2 mai 2026] • Jean-Paul Yacine

Conférence de presse du ministre des Affaires étrangères. Mise au ban de l’esprit de nuance pro-occidental

[19 mars 2026] • Jean-Paul Yacine

Friedrich Merz à Pékin. Douze ans après Angela, l’improbable deuxième souffle de la « Lune de miel. »

[28 février 2026] • François Danjou

Face au désordre de Trump, Xi Jinping en majesté

[10 février 2026] • Jean-Paul Yacine