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›› Technologies - Energie

Avenir du nucléaire. Le choix difficile des neutrons rapides

Notes de contexte.
Les réacteurs à neutrons rapides.

Marcoule, chantier du réacteur français expérimental de 4e génération à neutrons rapides ASTRID. Décidé par J. Chirac en 2006, appuyé par emprunt public de 1 Mds d’€ en 2010, le projet, héritier de Phoenix et Superphoenix est critiqué à la fois pour son coût et par les antinucléaires.


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Alors que la production d’énergie dépend encore au 2/3 du charbon, le gouvernement chinois, soucieux de réduire la pollution en même temps que sa dépendance aux importations d’uranium mise sur l’introduction à partir 2030 de réacteurs à neutrons rapides pour pérenniser la filière nucléaire jusqu’en 2050. Utilisant du plutonium issu du retraitement, la technologie des neutrons rapides non modérés génère plus de matière fissile qu’elle n’en consomme et multiplie par un facteur 70 la capacité énergétique du minerai.

Le choix est marqué par les incertitudes techniques et des risques de sûreté, dans un contexte global où seulement 21 réacteurs ont été construits sur l’ensemble de la planète depuis 1963 dont 13 ont été arrêtés. Les deux pays ayant accumulé les plus d’expérience de cette technologie sont la France et la Russie.

La Russie a construit 4 réacteurs de puissance variable allant de 8 MWe à 1470 MWe dont 1 expérimental à 8 MWe a été arrêté en 2002 après 44 ans d’exploitation. Deux autres, le BOR-60 (55 MWe) et le BN-600 (1470 MWe), sont toujours opérationnels. Un 4e, le BN-800 (2100 MWe) est en construction.

La France a construit 3 réacteurs (Rapsodie 40 MWe arrêté en 1983 ; Phoenix, 250 MWe, arrêté en 2009 ; Superphoenix, 1240 MWe arrêté en 1997). Un 4e baptisé Astrid est cours de construction dont la capacité installée initialement prévue à 600 MWe vient d’être réduite par le CEA à 200 MWe (?), ce qui a conduit le journal japonais Asahi Shimbum à demander à son gouvernement d’abandonner le projet dont le Japon est membre.

La Chine a mis en service un réacteur expérimental de 60 MWe en 2010. 2 autres sont en construction dans le Fujian dont les capacités installées seront de 600 et 1000 MWe.

Retraitement et coopération avec la France.

Quand en 2005 Wen Jiabao lançait le vaste plan du nucléaire en Chine, il n’avait pas anticipé la naissance d’un mouvement anti-nucléaire dont les prémisses vite réprimés s’exprimèrent en 2016 à Lianyungang à l’annonce de la décision – aujourd’hui annulée - d’implanter une usine de retraitement franco-chinoise non loin de la centrale sino-russe de Tianwan. Sur les pancartes on pouvait lire : « 爱 我 连云港 拒绝 核发科. Nous aimons Lianyungang. Non aux déchets nucléaires. » Cette conscience écologique nouvelle télescope de plein fouet les projets à long termes du nucléaire chinois. La nouvelle implantation du projet n’a pas été dévoilée.


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Le 9 janvier 2018, Paris et Pékin ont signé une lettre d’intention pour la construction en Chine d’une usine de retraitement, dont le contrat définitif a été signé entre CNNC et ORANO en mai dernier. L’accord porte sur un chantier de 20 Mds d’€ avec un début des travaux prévu en 2020 et une mise en service en 2030.

Conçue pour traiter 800 tonnes de combustible usé par an, l’usine à construire sur le modèle de La Hague qui devait initialement être localisée à Lianyungang où se trouve déjà la centrale nucléaire sino-russe de Tianwan, sera finalement implantée ailleurs à la suite des protestations de la population en août 2016.

Lire :

- COP 21 : entre illusions et scepticismes. Réalités et limites des contributions chinoises.
- Les ambiguïtés de la France en Chine.
- Fragilités d’EDF et d’AREVA. Le nucléaire franco-chinois menacé par les écologistes et l’après Brexit.


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