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›› Politique intérieure

En route pour le 18e Congrès

La carte du populisme.

Le quatrième courant qui dessine le paysage politique chinois est aussi le plus insolite et le plus difficile à décrypter. En dernière analyse il apparaît comme une réponse à la quadrature du cercle de la réforme politique.

S’il est vrai que cette dernière est jugée indispensable pour faire sauter les verrous structurels responsables des déséquilibres de la croissance et du creusement des inégalités, en revanche, les ouvertures qu’elle suppose – indépendance de la justice, séparation des pouvoirs, contrôle du pouvoir exécutif par les assemblées locales – portent en elles des risques importants pour la pérennité du pouvoir du Parti.

En enfourchant la monture maoïste, matinée de confucianisme, Bo Xilai le Secrétaire Général de Chongqing, principal tenant de la mouvance populiste propose une troisième voie entre l’immobilisme répressif des factions les plus conservatrices, opposées à toute ouverture politique, et les dangereuses idées libérales inspirées de l’Occident.

Curieusement cette mouvance, également soutenue par la « nouvelle gauche » écœurée par la cupidité, les dérives affairistes et le laxisme moral, semble recueillir le soutien de quelques « princes héritiers », dont Bo Xilai lui-même (le futur Secrétaire Général, également fils d’un cacique du Régime s’y est lui-même intéressé), alors que pendant la révolution culturelle ils avaient du subir avec leurs parents les harcèlements machiavéliques de Mao.

Le défi est d’importance puisqu’il renvoie aux caractéristiques particulières d’une voie chinoise originale et consensuelle, jusqu’ici introuvable, mais dont la nostalgie s’est récemment traduite par les mises en garde du Secrétaire Général contre le poids des influences occidentales. Elle serait tout à la fois plus proche du peuple et capable de supprimer les abus et les écarts de niveau de vie, tout en réussissant à opérer un ajustement durable du schéma de développement, dont le moteur reste toujours l’investissement public massif et l’export.

En même temps, elle se tiendrait prudemment éloignée des systèmes démocratiques qui supposent l’existence d’une opposition, elle-même organisée pour l’affrontement politique et la conquête alternative du pouvoir. Si elle réussissait, l’expérience, suivie de près par Pékin, offrirait au Parti une solution bienvenue, dans un contexte général où de nombreuses voix, dont celle du Premier Ministre lui-même, ont expliqué que les blocages et contradictions actuelles ne sauraient être résolus sans une réforme démocratique. (Lire notre article)


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