Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Société

Les affres du Gaokao. L’université entre réformes et tradition

Performances du système éducatif chinois.

En 2009, le test PISA, effectué par l’OCDE, par ailleurs beaucoup critiqué pour son caractère biaisé, qui établit un classement mondial des systèmes éducatifs, mesurant les aptitudes des élèves à la compréhension des textes lus, à la rédaction, aux sciences et aux mathématiques, révélait que « les performances du système éducatif chinois commençaient à dépasser celles de certains pays occidentaux ».

Cette appréciation, qui prenait le contrepied des idées reçues, s’appuyait sur les résultats partiels qui classaient la ville de Shanghai n°1 dans les trois matières test de la lecture, des sciences et des maths.

La publication avait sonné l’alarme en France et aux Etats-Unis, mais avait laissé sceptiques bon nombre d’universitaires chinois eux-mêmes. Xiong Bingqi, expert pédagogique de Jiantong Daxue à Shanghai explique « nos élèves sont bons dans les sujets connus désignés par les professeurs ; ils sont aussi bons en écriture et en maths, mais leur créativité et imagination sont faibles ».

Mais selon Andreas Schleicher, un Allemand promoteur des tests – dont, selon lui, l’objet n’est pas le classement, mais l’exploration des possibles par la curiosité des autres systèmes - les résultats révèlent une application et une volonté d’apprendre chez les élèves chinois, qu’on retrouve peu chez les adolescents occidentaux. « Même dans les zones rurales désavantagées on note des performances remarquables ».

En Chine le volontarisme qui lie le succès plus à l’effort qu’au talent, est lié à la philosophie générale, d’essence confucéenne, des élites, des parents et des élèves. L’opiniâtreté dans les apprentissages de base est clairement une des survivances du système éducatif traditionnel, aujourd’hui considéré par certains Chinois eux-mêmes comme trop rigide et incapable de promouvoir la créativité et le talent.

Mais à l’heure de la globalisation on ne peut s’empêcher de faire des parallèles, même si ces derniers sont forcément approximatifs. Peut-être les systèmes occidentaux souffrent-ils exactement des défauts inverses à ceux que les pédagogues chinois attribuent à leur propre système éducatif, dont ils expliquent, ce qui n’est pas faux, qu’il prive les adolescents du meilleur de leur enfance.

Ayant longtemps privilégié la créativité, la spontanéité et l’acquisition des connaissances par une pédagogie participative, supposée plus efficace et moins traumatisante, au détriment d’un effort individuel soutenu, clé, en Chine, des apprentissages de base, les Occidentaux produisent aujourd’hui des longues cohortes de semi-analphabètes, ni créatifs, ni instruits.

La situation est particulièrement alarmante en France, où 40% des élèves sortent du primaire avec de graves lacunes en lecture et en calcul, tandis que 20% d’une classe d’âge quitte le système éducatif sans aucun diplôme. Vu sous cet angle, le système français pèche par son manque d’efficacité et est, en effet, surpassé par le système chinois.

Il reste que, pour l’heure, dans les strates supérieures de l’enseignement, et autant qu’on puisse se fier aux comparaisons globales forcément aléatoires, ne serait-ce que par le choix des critères d’évaluation, les résultats de la Chine laissent encore à désirer.

Comparant les performances globales de l’enseignement supérieur, l’université Jiaotong de Shanghai, qui privilégie beaucoup les critères des résultats académiques et de la recherche scientifique sur ceux de la qualité pédagogique, publie chaque année le classement des universités mondiales, où les américaines tiennent toujours la tête.

Avec, parmi les 100 premières, 54 américaines, 10 britanniques, 8 allemandes et 3 françaises (Pierre et Marie Curie, 39e ; Paris Sud 45e ; Normale Sup 71e). A noter que la première université chinoise, Beijing Daxue, est classée 151e.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

Le homard, nouvel enthousiasme des adeptes de la haute-technologie subventionnée par le pouvoir

Guerre en Iran. Que disent les réseaux sociaux ?

SHEIN, une invasion chinoise face à une Europe entravée

Pied de nez à la police et au parti

Pluies diluviennes et inondations