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Chapitre IV
- Les indices mènent quelque part ?
- Pour le moment rien... On fait analyser la mousse et la bouteille de gaz ; on en saura peut-être un peu plus dans quelques jours. Une chose est sûre, ce n’était pas un gadget qu’on trouve prêt à l’emploi dans la boutique de farces et attrapes du coin...
- Et parmi les zouaves de la communauté française ? Du nouveau ?
- Rien à signaler à Canton ! Répliqua Grodaeg. Les gens du consulat ont été plus que serviables. Pelèze, le Consul général m’a promis de mobiliser ses troupes et de me faire remonter toutes les infos qui pourraient nous intéresser. J’ai également rendu visite à Julot Poèle, le Président de l’Antenne de Canton de la CCI... Notre histoire fait les choux gras de leurs longues soirées d’été, mais tous les gens que j’ai rencontrés là-bas m’ont dit qu’ils seraient fort surpris d’apprendre que ces entarteurs puissent venir du Sud de la Chine.
Mimille s’était rassis. Il boudait...haussant les épaules et soupirant lourdement à intervalles réguliers...
-Et toi Delamarne, à Shanghai ?
- Moi C’est kifkif... Même support de la part de Debrusselle, le Consul général de Shanghai et rien non plus à signaler parmi la colonie d’expats... Encore que... je n’ai pas pu tous les interroger ! Ils sont 5000 au bas mot. La population des expatriés a explosé ces dernières années et là je ne compte que sur ceux qui se sont régulièrement inscrits au consulat et dont on a la trace. Il y en a bien mille ou deux mille de plus qui doivent traîner dans la ville sans qu’on le sache... Je ne me suis contenté d’interroger les plus connus. Dulion m’a pas mal aidé. Il a organisé pour moi une réunion des CCE locaux, ce qui m’a permis de voir en une fois la plupart des gros patrons locaux... Aucun n’avait de piste sérieuse mais tous étaient plutôt contents de profiter de mon passage pour en apprendre un peu plus. Ils m’ont quand même tous promis d’être vigilants et de nous avertir si quelque chose ne leur paraît pas catholique... Mais rien de plus pour le moment...
Côté Chambre de Commerce de Shanghai, j’ai vu Aline de Plougaren, la Présidente, une vieille connaissance... Vous vous rappellerez certainement que c’est elle que nous avions récupérée pas mal amochée au cours d’une de nos aventures à Shanghai, il y a de ça quelques années ; elle s’était fait enlever par une bande de malotrus qui nous avait donné pas mal de fil à retordre. Tout est, semble-t-il oublié et sans trop de rancune. Elle est toujours sur place, indéboulonnable, fidèle au poste. La Chambre regroupe une bonne partie des sociétés installées sur place. Je lui ai demandé de sensibiliser tous ses membres au sérieux de la situation. Je crois qu’elle a compris que nous n’avions pas à faire qu’à de joyeux plaisantins...
- Et, chez les Français de Pékin ? Questionna le général.
- J’ai vu la plupart des gens qui comptent ou qui croient compter, ces derniers étant nettement plus nombreux... J’ai commencé par l’ambassade ; Il y règne une franche camaraderie et personne ne dénonce personne, mais tout le monde verrait bien son voisin de bureau complice du gang de la tarte à la crème... Yves Apeiller, le Consul Général de Chancellerie, m’a donné la liste remise à jour des Français installés en Chine et inscrits auprès d’un consulat...

