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Chapitre V
- Tu ne saurais pas, par hasard, où il se trouve actuellement ?
- Qui, Baraka ou le Corse ?
- Le Corse.
- C’est marrant que tu me demandes ça à moi, parce que je dois être l’une des rares personnes qui sache où il se trouve, ton gars. Il est descendu au Novotel de la Paix près de Wangfujin, mais il s’est enregistré sous un autre nom.
- Comment tu sais ça ?
- Je t’en bouche un coin, hein ? Un truc con ! Je buvais un coup dans le hall de l’hôtel quand je l’ai aperçu. Il a discuté quelques instants avec une fille de la réception puis il est sorti de l’hôtel. Je me suis aperçu qu’il avait oublié une chemise de documents sur le comptoir. Je n’allais pas lui courir après, ce n’est plus de mon âge ! J’ai simplement demandé à la fille de déposer cette pochette dans la chambre de Cucchini. Comme elle ne le trouvait pas sur son ordinateur, je lui ai précisé que c’était le monsieur qui venait de sortir et elle s’est écriée : « Ah ! Monsieur Baraka ! » Ton Cucchini est tout simplement enregistré sous le nom du Conseiller Culturel ! Il ne s’en fait pas !
Le temps de passer ces infos à Grodaeg et de m’assurer du silence de Finet-Dinon et nous montions dans sa voiture :
- Vous m’emmenez déjeuner où ?
- On part au Park du Ritan. On a hésité entre la Mansarde, son resto pourri, ajouta-t-il en me montrant du doigt son copilote. Il fait les meilleures crêpes à la blanquette de veau de la ville, encore qu’il y mette un peu trop de gelée de groseilles à mon goût... Ou Chez Adel, le seul capable de rivaliser avec lui : le meilleur couscous de Pékin avec des merguez faites maison et roulées sous les aisselles qui n’ont pas leurs pareilles dans toute l’Asie !
Comme de bien entendu, tu dois t’en douter, on a choisi la troisième solution, celle qui n’était pas au programme ! On a demandé à Orillin, son cuistot, de faire traiteur et par la même occasion, je suis passé chez Adel prendre quelques dizaines de merguez, histoire de ne pas faire de jaloux !
Avec cette cochonnerie de temps, de toute façon, ce n’est même pas la peine de penser vouloir aller trop loin... Déjà qu’en temps normal, la circulation est un enfer, je ne te dis pas quand il fait ce temps-là ! Si, dans deux ans, ils ont un temps comme ça pour les jeux olympiques, ça va être la fête ! Si par miracle ils arrivent à avoir les coureurs sur la ligne départ, les mecs ne feront pas plus de vingt mètres au sprint avant d’être asphyxiés et, de toute façon, le chronomètre électronique ne verra même pas passer les survivants sur la ligne d’arrivée... Ça va être un bordel, ces jeux olympiques !
Et tous les cons qui continuent à se battre pour construire des usines de nouvelles voitures, sous prétexte que le marché est incommensurable ! Ils vont les mettre où leurs bagnoles ? Si on avait des capitalistes moins bornés, ils investiraient plutôt dans des parkings... Il n’y aura bientôt plus la place de mettre une nouvelle bicyclette sur le macadam, et ces tarés continuent de nous bourrer le mou avec des communiqués de presse triomphalistes annonçant tous les trois jours la signature d’un accord pour une nouvelle chaîne de fabrication de 300 000 véhicules... ou plus...


Par Anonyme Le 31/10/2006 à 12h12
> Pékin ce n’est pas de la tarte
je reconnais les principaux personnages et je pense que l’auteur est l’un d’eux ! Il habite au-dessus ! Si c’est lui, il comprendra mais je ne dévoilerai rien c’est beuacoup plus amusant sans rien savoir, même si on sait que tout le monde sait !