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Pékin ce n’est pas de la tarte

Chapitre VIII

Nous étions dans le noir, assis sur le sofa, curieusement complètement dégrisés...

- Qu’espéraient-ils faire de ces peintures ? Murmura Huang. C’est trop connu pour être vendable sur le marché.

- Il y a un marché de collectionneurs privés. Des gens immensément riches, qui sont prêts à tout pour acquérir ce genre de marchandises...

- Vous avez éteint vos portables ? Demanda Faudrey, en se rappelant qu’il avait oublié de mettre le sien sur le mode vibreur, c’est toujours au plus mauvais moment que ces saletés d’engins se mettent à sonner... J’ai comme le sentiment qu’ils ne sont plus très loin

Nous attendîmes tout de même plus d’une heure... Cucchini était un homme prudent et il avait sans doute, préféré renifler l’atmosphère avant de se jeter dans la gueule du loup... Nous étions sur le point de nous endormir quand nous entendîmes le bruit caractéristique de la carte magnétique s’insérant dans la serrure électronique.

La porte s’ouvrit sans bruit et une main actionna l’interrupteur. Nous clignâmes des yeux quelques secondes, le temps de nous acclimater à la lumière crue du lustre... mais la vue de nos armes braquées sur eux, avaient de quoi les refroidir...

- Vous prendrez bien un verre avec nous ? Proposa le général à Cucchini et à Piedritti paralysés au seuil de l’appartement, en leur montrant la cinquième bouteille de cognac miraculeusement sauvée du Karaoké. Seul un militaire en uniforme, qui les accompagnait, jugea préférable de prendre la fuite... Bien mal lui en pris car nous entendîmes distinctement les sommations et les tirs qui suivirent sa cavalcade...

Quelques coups de feu éclatèrent encore ensuite, au dehors, accompagnés des ordres et des cris des agents chinois qui s’occupaient du reste de la troupe... Des commandos casqués venaient de prendre position derrière nos deux bandits...

Toute retraite coupée et toute tentative de résistance vouée irrémédiablement à l’échec, Cucchini préféra faire contre mauvaise fortune bon cœur :

- Ça ne sera pas de refus, répondit il, en posant son manteau ; nous risquons de ne plus en boire beaucoup dans les mois qui vont venir...

Une sacrée bouffée de fierté nous gonflait la poitrine. Nous avions retrouvé nos peintures et la bande était sous les verrous... Le Président pouvait venir, s’empiffrer de quelques holothuries et serrer des mains, tranquille...

Faudrey téléphonait à l’ambassadeur pour lui communiquer la bonne nouvelle. Il tomba sur Mademoiselle Josette Laperde, une des secrétaires de la chancellerie.

- Je suis désolée de ne pouvoir vous passer Monsieur l’Ambassadeur, s’écria t’elle, la voix émue ; Ici vous savez, tout est dessus dessous ! Nous venons d’avoir une attaque à l’ambassade ! Une troupe armée vient d’enlever le prisonnier qui était en garde à vue à la chancellerie ! J’étais en train de préparer un plan de table pour le déjeuner de demain, où nous devons recevoir le Chef de la Sécurité Publique Chinoise ! C’est épouvantable... Écoutez, Monsieur l’ambassadeur était en route pour Paris. Il vient d’annuler son vol et devrait être de retour dans quelques minutes ; souhaitez-vous rappeler ou bien le joindre dans sa voiture ?

Faudrey nota scrupuleusement le numéro du chauffeur.

- Ce n’est plus à moi qu’il faut vous adresser mais à mon successeur, lui répondit Jacques Hobedeux. Je suis rappelé à Paris, voilà... On m’avait fait miroiter la perspective de finir ma carrière comme Secrétaire Général du Quai d’Orsay... On m’a fait comprendre qu’il ne fallait plus y compter... et avec cette histoire supplémentaire d’enlèvement dans les murs même de l’ambassade, ne va sûrement pas arranger mes affaires ! Si l’on ne me met pas directement à la retraite anticipée, c’est que j’aurai eu de la chance dans mon malheur... Monsieur l’Ambassadeur Louis Gaix, mon successeur sera sur place dans deux jours. C’est avec lui que vous devrez voir les questions concernant la prochaine visite du Président de la République et les suites à donner à votre affaire.

- Ce n’est pas vraiment pour cela que je vous appelle, Monsieur l’ambassadeur... Et si vous le voulez bien, laissez-moi vous appelez Monsieur le Secrétaire Général... Mais non, ne vous emportez pas, ce n’est pas de l’humour noir... Je vais vous expliquer...

Et Faudrey se lança dans un résumé des récentes péripéties :

- Oui, Monsieur l’Ambassadeur, les tableaux sont intacts... Oui, Monsieur l’Ambassadeur, ils sont sous bonne garde... Oui, Monsieur l’Ambassadeur, nous avons récupéré les malfaiteurs... Oui, Monsieur l’Ambassadeur, la bande est sous les verrous... Non, Monsieur l’Ambassadeur, vous pouvez compter sur nous...

Voilà...

Vous aviez dit ... “Has Been” ?

FIN
••••••••••
« PEKIN, CE N’EST PAS DE LA TARTE » est un roman de pure imagination, dont le seul but est de vous distraire et, si possible, de vous faire sourire. Les personnages sont fictifs et les faits relatés n’ont jamais eu la moindre réalité.



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