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Signature de l’accord cadre économique avec la Chine

Pékin, qui redoute le retour du parti indépendantiste au pouvoir, a en effet consenti d’importants efforts pour séduire les hommes d’affaires et apaiser les craintes des plus sceptiques. L’accord, qui marque une étape importante de l’apaisement des relations dans le détroit, est en effet économiquement très à l’avantage de l’Ile.

Avec la suppression ou l’allègement des taxes sur 800 produits, il induira une augmentation annuelle du commerce bilatéral de 100 milliards de dollars, avec, au total, un allègement de 13,84 milliards de taxes sur les produits taïwanais en Chine, contre seulement 2,86 milliards sur les produits chinois exportés à Taïwan.

Au total ce sont 539 produits taïwanais qui bénéficieront des avantages fiscaux en Chine, essentiellement dans les secteurs de la pétrochimie, des pièces automobiles, des machines outils et du textile, contre seulement 267 produits chinois, d’où sont exclus les produits agricoles.

A contre courant des analyses pessimistes qui insistent sur la fragilité des PME et du secteur agricole, un cabinet d’experts indépendant taïwanais a même estimé que l’accord génèrerait 260 000 emplois nouveaux dans l’Ile et induirait une augmentation de 1,7% de son PIB.

Dès l’entrée en vigueur de l’accord - envisagée au 1er janvier 2011 -, 108 produits taïwanais seront totalement exemptés de taxes, tandis que les secteurs des services électroniques, de la maintenance aéronautique, de la banque et des équipements médicaux seront ouverts aux investissements de l’Ile. Les taxes seront entièrement supprimées d’ici 2013, à la satisfaction des exportateurs et investisseurs. Au point que certains analystes estiment que l’accord pourrait rehausser la côte du KMT lors des prochaines élections locales.

Mais les Cassandre - chercheurs et hommes politiques à Taïwan et ailleurs - ne manquent pas qui pointent du doigt les risques économiques et stratégiques du rapprochement qui imbriquera les deux économies de manière irréversible, dans un contexte où 41% des exportations (plus de 60% d’ici 2020) et 2/3 des investissements de l’Ile - soit 159 milliards de dollars - sont déjà dirigés vers la Chine.

Dans un article publié par le journal Le Monde le 2 juillet dernier, Jean-Pierre Cabestan et Tanguy Le Pesant insistent sur la fragilité de l’engagement économique en Chine, alors même que les avantages du marché chinois iront en s’amenuisant avec la hausse des salaires et la réévaluation du Yuan.


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