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›› Taiwan

Signature de l’accord cadre économique avec la Chine

Pire encore, à terme, l’Ile, engluée dans ses relations économiques avec la Chine, prisonnière de la vision dépassée d’un Monde Chinois unifié, prôné à la fois par KMT et le Parti communiste, tous deux héritiers d’un nationalisme chinois d’un autre âge, risquerait une finlandisation, qui, avec l’affaiblissement progressif de l’esprit de défense, conduirait à une dérive « Hongkongaise » de l’Ile.

« Au lieu de chercher à trouver un terrain d’entente avec l’opposition indépendantiste, afin de renforcer la main de Taipei, le gouvernement de Ma a négocié en grande opacité cet accord (...). Ma Ying Jeou estime qu’il est plus utile d’apaiser la Chine que de continuer à jouer la carte de la démocratie ».

A ces critiques, le Président Ma réaffirme que l’accord ne compromet ni la démocratie ni la souveraineté de l’Ile. Il n’ignore pas les intentions ultimes de Pékin, mais répète en substance que la multiplication des ouvertures vers la Chine crée au contraire de nouvelles opportunités, renforce l’économie de l’Ile et la place en meilleure position pour résister aux pressions de la Chine.

S’il est exact que cette bascule stratégique porte en elle des risques, il est non moins vrai que Taïwan doit les assumer si elle veut rester dans la course d’une région en pleine effervescence, dont les pays ont eux aussi noué des liens commerciaux privilégiés avec la Chine.

Aux Etats-Unis, le rapprochement entre les deux rives commence à soulever d’importantes interrogations. En effet à mesure que l’influence de la Chine grandit en Asie et dans le monde, et que la Maison Blanche recherche systématiquement l’appui de Pékin sur d’autres questions cruciales - Iran, Corée du Nord, gouvernance mondiale, gaz à effet de serre -, la relation spéciale entre Taipei et Washington fait l’objet de controverses, y compris à l’école de guerre américaine : « l’importance stratégique de Taïwan est surévaluée. Son absorption par la Chine n’affaiblira pas la position stratégique des Etats-Unis en Asie », tandis que d’autres appellent à cesser la vente des armes à l’Ile.

A Taïwan on s’en inquiète. Alexander Huang, spécialiste des questions de défense à l’Université de Tamkang indique : « Certains hauts responsables américains, y compris militaires, remettent en question la relation Taipei - Washington. Le gouvernement américain nous assure qu’ils n’expriment pas la position officielle des Etats-Unis. Mais nous prenons ces critiques au sérieux ».

C’est probablement pour tenter de tuer dans l’œuf les flottements apparus depuis quelque temps dans la relation avec l’Ile que le Département d’Etat a, le 9 juillet dernier, fait une mise au point par la voix de David Shear, en charge de l’Asie de l’Est et des Affaires taïwanaises : « Nous n’avons aucune hésitation sur l’utilité de nos ventes d’armes à Taïwan (...) Mon souci est de faire en sorte que la partie taïwanaise se sente rassurée et que les Etats-Unis tiennent leurs promesses (...) Nous nous soucions des besoins de défense de l’Ile et sommes préoccupés par déploiements militaires chinois à proximité du Détroit ».


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