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Taïwan attend les élections locales à l’ombre de la Chine

Le DPP en pleine introspection.

Photo : Le 7 juin, à Shanghai, le maire indépendantiste de Tainan, William Lam à droite, converse avec le Président de l’Université de Fudan Yang Yuliang, au centre et Jiang Yihua, à gauche sur la photo, Directeur du centre d’études comparatives sur la modernisation. Le discours de W. Lam sur l’inutilité d’abandonner le concept d’indépendance de l’Île a soulevé de fortes controverses.

Engagé dans une entreprise de reconquête du pouvoir perdu en 2008, le DPP, à nouveau dirigé par Tsai Ing-wen, est lui aussi confronté à la contradiction majeure de définir une relation avec la Chine en renonçant au moins provisoirement à sa revendication d’indépendance, dont l’affirmation trop radicale constitue repoussoir pour nombre d’électeurs taïwanais.

La question est l’objet de violentes controverses au sein du Parti. Mais selon Alan D. Romberg qui analyse cette situation dans la dernière livraison de « China Leadership Monitor » publiée en ligne le 21 octobre, il est probable que c’est sur point que le DDP montrera le plus de souplesse.

Les illusions de Tsai Ing-wen…

Aucune décision n’a cependant été prise à la direction du Parti qui attend prudemment les résultats de élections de novembre pour présenter sa stratégie chinoise. A cet égard, et en dépit des signes positifs révélés par les sondages, la plupart des analystes doutent que le scrutin du 29 novembre traduira un basculement significatif du rapport des forces politiques dans l’Île.

De même, Romberg affirme avec raison que les attentes de Tsai selon lesquelles Pékin pourrait faire un pas vers l’idée d’indépendance en cas de vague DPP aux élections, étaient de pures illusions. A l’appui il rappelle les déclarations répétées du Parti Communiste Chinois qu’il ne ferait jamais la moindre concession aux « complots séparatistes ».

…et les mises au point chinoises…

La dernière mise au point en date, en réponse aux allusions optimistes de Tsai a été faite par le Bureau des Affaires taïwanaises le 11 juillet : « 台独 的立场不会有任何妥协 ». (Il n’y aura pas le moindre compromis sur l’indépendance de l’Île). Romberg ajoute que ce rappel avait été précédé par un autre, vertement adressé au maire indépendantiste de Tainan en visite en Chine en juin.

Dans un discours à l’Université de Fudan à Shanghai, le 7 juin, William Lai Qing De, relayant les idées de Tsai d’un rapprochement avec le Parti Communiste chinois sans conditions préalables, avait appelé à plus de coopération dans le Détroit tout en expliquant que « l’abandon de l’idée indépendance » n’aiderait pas à réduire les différences entre le DPP et le Parti Communiste chinois et ne supprimerait pas l’espoir d’indépendance nourri par une large fraction de la population de l’Île.

A quoi le bureau des Affaires taïwanaises a aussitôt réagi en précisant que « tous les compatriotes étaient les bienvenus, quels que soient les positions qu’ils ou elles avaient défendues par le passé », mais il a aussi répété son opposition aux « conspirations indépendantistes ». Plus encore, le 11 juin, Fan Liqing, porte parole du Bureau enfonça le clou en expliquant que l’avenir de Taïwan devait être décidé par un scrutin auquel serait conviés tous les Chinois et non pas uniquement les Taïwanais. Un rappel qui avait provoqué un tollé dans l’Île, tous partis confondus.

Attaques préélectorales contre le KMT.

En attendant les élections et confronté à la difficulté de ce difficile choix stratégique, marquée par la variété des positions sur la meilleure voie d’un rapprochement avec la Chine (avec, par exemple, l’acceptation ou non de zones économiques spéciales chinoises dans l’Île, défendues par Chen Zhu, maire de Kaohsiung et réfutées par Tsai), le DPP a logiquement concentré son action politique autour de la critique des stratégies du KMT et de Ma Ying-jeou, dont il dénonçait « les incohérences » internes et les risques d’une relation trop étroite avec Pékin.

Mais, souligne Romberg, quel que soit leur bord, les politiques taïwanais sont confrontés à la Chine. Compte tenu de son influence globale qui l’autorise à faire pression sur les candidats à un traité de Libre échange avec Taipei, c’est en effet elle qui détient les clés de la diversification des relations commerciales de l’Île.

Il reste qu’en dépit de sa fermeté affichée et de son influence globale, Pékin ne peut pas non plus se dispenser d’une remise en question. Le Bureau Politique est en effet confronté, non seulement à la surprise provoquée par la réaction du « mouvement du Tournesol » qui semble l’avoir pris de court, mais également à la perspective, il est vrai encore hypothétique, mais pas invraisemblable, d’un retour au pouvoir du DPP en 2016.


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