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Vacuité diplomatique et crispations militaires dans le Pacifique occidental

Aggravation de la crise Tokyo – Pékin.

L’aggravation de la discorde entre Tokyo et Pékin s’alimente de la querelle des Senkaku. Elle vient encore de monter d’un cran à la suite de l’accord sur les pêches autour des îlots, signé le 10 avril par Taipei et le Japon, heurtant violemment la sensibilité politique de la Chine. Piqué au vif par l’émancipation diplomatique de Taïwan, Pékin demandait le report de la conférence des chefs de gouvernement qui, en mai prochain, devait réunir pour la première fois à Tokyo le Premier ministre chinois Li Keqiang, la Présidente de la Corée du Sud Park Geun-hye et le PM japonais Shinzo Abe.

Les crispations se durcirent encore quand les 21 et 23 avril, 3 ministres de Shinzo Abe, dont Taro Aso, vice-premier ministre et 168 députés se rendirent au temple Yasukuni où sont honorés 14 hauts dignitaires condamnés pour crime de guerre, exécutés par les alliés en 1945. Aux protestations de la Chine et de la Corée du sud, ponctuées par l’annulation de la visite officielle au Japon du ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Shinzo Abe, qui s’était lui-même rendu au temple le 17 octobre 2012, avant son élection, répliqua sur un ton martial que ses ministres ne cèderaient pas aux intimidations.

En même temps, il menaça d’expulser par la force tout ressortissant chinois qui accosterait les îlots Senkaku. L’avertissement était lancé alors qu’à l’intérieur des 12 miles nautiques autour des îlots se déroulait un chassé croisé entre une flottille de 10 embarcations transportant 80 nationalistes japonais venus affirmer la souveraineté du Japon, 8 bâtiments de surveillance chinois – un record depuis le début des tensions –, qui tentaient de les chasser, et des gardes côtes japonais, s’efforçant eux-mêmes de repousser les Chinois hors de la zone.

Pourtant, au milieu de ces tumultes traversés par l’accumulation des sentiments nationalistes irrationnels, pas le moindre coup de feu n’a encore été tiré. Tandis qu’en sous main, les deux partis conscients des risques seraient, disent les rumeurs, occupés à préparer une rencontre entre responsables de la défense pour éviter un dérapage.

Si elle avait lieu, cette réunion marquerait la première pause dans la suite ininterrompue des provocations - réactions, depuis que Tokyo avait, en septembre dernier, nationalisé une partie des îlots. Shinzo Abe lui-même s’est dit favorable à des pourparlers avec la Chine. Mais il est probable que Pékin attend plus qu’une simple déclaration de bonne volonté.


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