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Vacuité diplomatique et crispations militaires dans le Pacifique occidental

CHINE – MONDE. BRÈVES.

Cercle arctique.

Le 15 avril, à l’occasion de la visite en Chine de Mme Johanna Sigurdardottir, premier ministre Islandais, Pékin a signé le premier accord de libre échange avec un pays européen. Par cette initiative avec un petit pays de la zone arctique, qui fait suite aux efforts chinois au Groenland et en Norvège, la Chine augmente son influence en vue d’obtenir un siège au Conseil arctique, ou, à défaut, pour participer à un groupe concurrent.

Le jour même de la signature du traité de Libre échange avec la Chine, Olafur Grimsson, président de l’Islande annonçait la création d’un groupe plus large dénommé le « Cercle arctique », qui accueillera des pays n’ayant pas un accès direct à l’Arctique, mais intéressés par ses ressources et cherchant un transit par les routes du pôle. La première réunion de ce cercle se tiendra en octobre 2013 à Reykjavík. (Lire aussi Les habits neufs de la diplomatie chinoise).

Cyber-attaques.

Interrogé sur les Cyber attaques chinoises dénoncées par le Président Obama, Henri Paulson, Secrétaire d’Etat au trésor jusqu’en 2009, a expliqué que tous les Etats se livrent au renseignement économique et à la collecte des données. Les frictions apparaissent quand des hackers s’introduisent dans les systèmes informatiques d’un gouvernement ou d’une société.

Ces risques, a t-il ajouté, doivent conduire les sociétés et l’Etat à renforcer leurs systèmes de protection contre les intrusions. Il estime que l’affaire constitue à juste titre un grave point de discorde avec la Chine sur lequel il convient de rechercher un terrain d’entente. Il est également nécessaire de disposer des règlements internationaux adaptés à ce type de contentieux.

Accord sino-australien sur les devises.

Début avril, lors d’une visite en Chine de 5 jours du PM australien Julia Gillard, Canbera et Pékin ont signé un accord permettant la conversion directe de leurs monnaies et l’utilisation du Yuan chinois et du $ australien dans les transactions commerciales, sans passer par le $ US.

Toutefois, l’accord ne modifiera pas immédiatement les modalités financières des échanges, dont une grande partie est constituée par l’exportation de matières premières (minerai de fer et charbon), dont les prix sont fixés en $. L’initiative fait partie des efforts de la Chine pour échapper à l’emprise du $.L’Australie, dont 20% des exportations sont dirigées vers la Chine, est entraînée dans ce mouvement qui facilite ses investissements et transactions commerciales. En 2012, le commerce bilatéral a atteint 133 Mds de $.

Le 24 avril, la Banque Centrale australienne annonçait qu’elle allait investir 5% de ses réserves de change (2,1 Mds de) dans des bons du trésor chinois.

Dans le même temps, les statistiques US révélaient que la part des actions américaines détenues par les acteurs chinois avait atteint un niveau record depuis un an. Au cours de février 2013, la Chine a acheté 9,16 Mds d’actions américaines de long terme, portant la valeur totale des actions libellées en $ à 1220 Mds de $, en hausse de 62 Mds de $ par rapport à février 2012.

Bien que leur croissance se tasse (11,7% en 2011, contre un record de 43,3% en 2007), les réserves de change de la Chine continuent à augmenter à un rythme soutenu. Au premier trimestre 2013, elles ont augmenté de 130 Mds de $ pour atteindre 3440 Mds de $ contre 1066 Mds de $ en 2006.

Promesses d’apaisement de Xi Jinping au forum de Boao.

Lors d’un discours prononcé le 7 avril à Boao, Xi Jinping, a devant un parterre de dirigeants étrangers, comprenant entre autres le PM australien, le Président du Myanmar Thein Sein, Christine Lagarde Directeur Général du FMI, Bill Gates et nombre de PDG d’entreprises opérant en Asie et en Chine, insisté sur l’importance d’un climat apaisé dans la région Asie Pacifique, condition essentielle du développement économique.

Il a indiqué que, d’ici 2020 la Chine, devenue plus urbaine et plus riche, accroîtra notablement ses importations, qui, selon lui, atteindront 10 000 Mds de $ dès 2018, tandis que les investissements chinois à l’étranger augmenteront dans de fortes proportions.

Lors du forum, Adrew Forrest, PDG de Fortescue Metal (minerai de fer) a assisté à plusieurs réunions privées avec des PDG de groupes publics chinois et leurs homologues australiens, industriels et banquiers. Selon lui, les responsables industriels chinois répètent que Pékin n’était ni expansionniste, ni agressif et « ne comprenaient pas qu’on puisse considérer la Chine autrement que de manière amicale ».

L’espace au centre des relations de sécurité Chine – États-Unis.

L’approche américaine qui, du temps de l’administration Bush, tenait les demandes chinoises de coopération et d’échanges en matière spatiale à longueur de gaffe, pourrait évoluer. C’est en tous cas ce que laisse supposer une déclaration du Département d’Etat en date du 11 avril.

Frank Rose, n°2 du MAE américain pour la politique de défense et l’espace, a indiqué que, durant l’année écoulée, des échanges avec Pékin sur la coordination des politiques spatiales ont été systématiquement intégrés à l’ordre du jour des rencontres diplomatiques. « Nous avons des intérêts réciproques de long terme à garantir la sécurité de l’espace ».

Mais aux États-Unis, le souhait d’entamer avec la Chine un dialogue formel sur l’espace, comme Washington le fait déjà avec la Russie et l’UE, rencontre de fortes réticences liées aux soupçons d’espionnage. Au cours de son discours, prononcé à Colorado Springs lors d’une conférence sur l’industrie spatiale, Rose a précisé que Washington était préoccupé par le programme antisatellite chinois et la dissémination de débris dans l’espace.

Il oubliait cependant de préciser que, jusqu’à présent, la NASA avait repoussé les demandes de coopération chinoises, toujours par crainte de vol de données sensibles et que la Maison Blanche avait développé une politique spatiale unilatérale, en dépit des demandes répétées de la Chine pour engager un coordination sino-américaine.

Aux États-Unis, les services de renseignements affirment que la Chine développe des capacités qui lui permettraient de neutraliser la plupart des satellites d’observation et de recueil de données américains (Lire nos articles Les ambitions spatiales de Pékin. Coopération avec la NASA ? et Guerre de l’espace et poker menteur).

Première mission du porte-avions Liaoning.

Selon l’agence Xinhua, le porte-avions (PA) Liaoning, aujourd’hui à l’entraînement à Qingdao, effectuerait sa première mission opérationnelle d’ici un an. En novembre dernier, un rapport parlementaire américain affirmait que d’ici deux années la Chine serait capable de mettre en œuvre des sous marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE).

Au dernier salon du Zhuhai, l’armée de l’air a présenté l’hélicoptère d’attaque WZ-10. Cette suite d’informations confirme la modernisation de l’APL selon des standards opérationnels et techniques qui visent à la rapprocher de ceux des États-Unis, avec cependant un important retard à combler.

Le 24 avril, l’Amiral Song Xue, n°2 de la marine chinoise confirmait que la Chine ne limiterait pas sa flotte de PA à un exemplaire. Dans la foulée, Quan Linyuan, professeur à l’Université de la Défense Nationale renchérissait en précisant que, compte tenu de ses intérêts maritimes, l’APL devrait mettre en œuvre 5 à 7 porte-avions, dont le tonnage irait de 50 000 à 80 000 tonnes. Le 25 avril, enfin, un article du China Daily expliquait que le 2e PA serait d’un plus fort tonnage et capable d’emporter plus d’avions.

Un autre expert précisait que la Chine maîtrisait la technologie lui permettant de construite un PA nucléaire. Mais, compte tenu des difficultés que l’APL semble éprouver avec l’étanchéité des moteurs de sous-marins nucléaires, on peut douter de cette affirmation.

Pour mémoire, les plus gros PA américains de la classe Nimitz déplacent 91 300 tonnes, accueillent 90 avions, et naviguent à 35 nœuds ; le Kuznetsov russe déplace 67 000 tonnes, embarque 33 avions à une vitesse de 30 nœuds ; le PA Charles de Gaulle, déplace 42 000 tonnes, embarque 23 avions à 27 nœuds ; le Dalian déplace 55 000 tonnes et embarquera 30 avions (probablement des J-15) et naviguera à 30 nœuds.


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