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Les forces armées sur la sellette

[16 février 2011] • Jean-Paul Yacine

L’affaire n’a à ce jour pas remis en cause les relations entre Taipei et Washington, mais elle a suscité quelques craintes aux Etats-Unis sur la sécurité des informations sensibles, et sur ses effets négatifs dans la relation avec Pékin. A Taïwan, elle a provoqué un tollé de plusieurs députés de l’opposition qui réclament la démission du ministre de la Défense, au moment où le Président Ma est poussé par l’opinion publique et le parti indépendantiste à durcir sa position vis-à-vis de la Chine sur les questions militaires.

Selon Ting Yu-chou, ancien secrétaire général du Conseil National pour la sécurité, il est possible que la totalité des plans d’opérations de l’armée de terre soient compromis.

Le général Lo risque la peine de mort ou, au mieux, la prison à vie. Des deux côtés du Détroit les affaires d’espionnage militaire n’ont pas manqué depuis 1949. La Chine a une longue histoire d’espionnage technologique et militaire dans les pays occidentaux et à Taïwan, compromettant parfois des personnalités de haut niveau.

En janvier 2009, un membre du cabinet de Ma Ying Jeou et un attaché parlementaire, accusés d’avoir transmis des informations confidentielles à la Chine avaient été arrêtés. En novembre dernier, c’était au tour d’un colonel de l’armée taïwanaise de tomber dans les filets du contre espionnage taïwanais pour les mêmes raisons.

Durant des années, Taïwan et la CIA ont, de leur côté, rémunéré des milliers d’hommes d’affaires pour fournir des renseignements sur la Chine et son système militaire. Des centaines d’entre eux ont été pris en flagrant délit et mis au secret sur la Grande Terre, où ils sont toujours.

En novembre 2003, par exemple, lorsque Chen Shui Bian avait, dans un discours public, dénoncé l’augmentation du nombre de missiles chinois braqués sur l’Ile - une information qu’il tenait de ses réseaux de renseignement en Chine -, Pékin avait immédiatement répliqué en arrêtant 36 « espions » taïwanais. 24 autres avaient connu le même sort en 2004. Fin 2008, la Chine avait même exécuté Wo Weihan, un Chinois du continent, accusé d’avoir vendu des secrets militaires à Taïwan.

Le pouvoir à Taipei estime que le maintien des capacités militaires reste un volet indispensable de la politique d’ouverture, dès lors que Pékin, qui craint une déclaration unilatérale d’indépendance sous la pression de l’opinion et de l’opposition, n’a pas abandonné ses menaces militaires. Pour les experts, ces deux affaires, l’une liée à la qualité des équipements et de l’entraînement des forces, l’autre à la sécurité des informations sensibles, dans le contexte de la multiplication des contacts entre les deux rives, sont des signes de la fragilité du système de défense de l’Ile.


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