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2e Trimestre 2012. Faits et commentaires

3.- CHINE – MONDE

Augmentation des IDE et ralentissement de l’export.

Début juin, le ministère du commerce prévoyait que, désormais, les IDE chinois allaient augmenter d’un pourcentage à deux chiffres chaque année. En 2011, ils étaient de 60 Mds de $ (+ 1,8% par rapport à 2010), mais au cours des 4 premiers mois de l’année 2012, la croissance a été de 72, 8%, ce qui porte le stock des IDE chinois à 345 Mds de $. D’ici 2015, la croissance annuelle serait de 17% ce qui porterait les IDE annuels à 150 Mds de $, soit un triplement par rapport à 2011.

Fin 2011 le bilan des investissements chinois à l’étranger montre que les capitaux chinois vont en priorité vers le commerce en gros, l’industrie minière et les ressources d’hydrocarbures, et seulement en dernier lieu dans la production industrielle. Récemment les capitaux chinois ont ciblé de nouveaux secteurs comme le tourisme, l’immobilier et l’industrie cinématographique (rachat en mai 2012 du groupe américain AMC Entertainment et de ses dettes pour 2,6 Mds de $, par le groupe Wanda de Dalian).

Les destinations prioritaires des IDE chinois sont l’Asie, l’Europe (+94% en 2011), l’Afrique (+ 59% en 2011) et bientôt l’Amérique Latine. Le gouvernement incite les groupes chinois à investir pour la recherche d’influence, de marchés et de technologies (industrie biochimique, science de la vie, aéronautique, énergies alternatives). Le mouvement tire aussi son origine de l’existence de fortes réserves de change, à quoi s’ajoute la volonté de contribuer à stabiliser l’inflation et de diminuer les pressions à la hausse de la monnaie.

En revanche, en dépit d’un rebond des exportations en mai (+ 15,3%), le ministre du commerce reste prudent, estimant que la croissance des ventes à l’étranger sera en 2012 moitié moindre que celle de 2011 (+ 10% contre +20%)

Regain d’intérêt pour l’Amérique Latine.

Avec les perspectives annoncées par Wen Jiabao de doubler le volume du commerce avec la région (l’objectif est d’atteindre les 400 Mds de $ d’échanges bilatéraux avec les pays de la zone d’ici 2020), et les projets chinois d’une zone de libre échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay et bientôt le Venezuela), la venue des dirigeants chinois dans la région pour les sommets du G20 et de Rio +20 a été l’occasion d’une nouvelle offensive de Pékin dans l’arrière cour des Etats-Unis.

Celle-ci se développe contre le projet de libre échange proposé par Washington en janvier 2012 (Transpacific Agreement), regroupant tous les pays riverains du Pacifique, et dont la Chine est exclue. L’offre chinoise est multiforme et va d’une coopération pour l’exploration du pôle sud, aux projets spatiaux en passant par l’aéronautique, les transports ferrés, les coopérations dans le domaine de l’éducation ou le partage des technologies de pointe.

Dans ce dernier domaine, le Brésilien Embraer et AVIC II on signé un accord en décembre 2011 pour la construction à Harbin des appareils de la famille ERJ 135/140/145, qui ouvre la porte du marché chinois des avions régionaux, avec cependant les risques de captation de technologies au profit de l’ARJ 21 et du C 919 chinois.

Avec le Brésil, Pékin a également conclu un accord monétaire pour libeller les échanges dans les 2 monnaies nationales à concurrence de 30 Mds de $, et confirmé la construction du barrage hydraulique géant de Belo Monte sur l’Amazone, conclu en juin 2011, en projet depuis 30 ans et plusieurs fois retardé par des manifestations écologistes, dont la maîtrise d’œuvre a été attribuée à la société nationale de distribution d’électricité 国家电网公司 – Guojia Dianwang Gongsi -.

En Argentine, la Chine avait déjà investi en 2010 10 Mds de $ dans le réseau ferré des céréaliers « Belgrano – Cargas », reliant Buenos Aires à 13 provinces (Pékin achète déjà à l’Argentine la presque totalité de son soja) ; au Chili, dont Pékin achète 53% de la production de cuivre, la banque de développement de Chine, principal appui des exports chinois, a proposé un investissement de plusieurs centaines de millions de $ pour la construction par Sky Solar - Shanghai. (天华阳光 – Tianhua Yangguang -) d’un site de production d’énergie solaire.

Si les investissements de Pékin sont les bienvenus partout, l’enthousiasme des Sud-américains est tempéré par la crainte que la concurrence des importations chinoises porte un coup fatal à leurs PME. Une inquiétude que Wen Jiabao a tenté de compenser en offrant un fonds de 5 Mds de $ pour le soutien du tissus industriel local et 10 autres Mds, par la Banque de Développement chinoise, pour la remise à nouveau du réseau ferré.

Contribution chinoise au FMI.

Lors de la réunion du G20 à Los Cabos, la Chine s’est engagée à contribuer à hauteur de 43 Mds de $ au FMI, suivant la Russie (10 Mds) et les autres « BRICS » (43% de la population et 17% du PNB mondial) qui, dans une déclaration conjointe, ont promis d’augmenter leur participation en échange de la mise en œuvre des réformes adoptées en 2010 sur le poids des votes, mais dont l’application a pris du retard.

Chaque fois que l’occasion se présente les responsables chinois insistent sur la nécessité de réformer le système des votes et des quotas du FMI. Hu Jintao y avait insisté au G20 de Cannes en 2011, proposant de remplacer partiellement la référence du Dollar par les Droits de Tirage Spéciaux. La Banque de Chine l’avait rappelé en décembre 2011, au moment où, sous la pression des Européens qui sollicitaient son aide financière, elle indiquait que le FMI était le mécanisme le plus approprié pour soutenir l’Europe.

Quant à Christine Lagarde, elle a plusieurs fois insisté sur le rôle de la Chine et de l’Asie comme moteur de l’économie mondiale et la nécessité de lui donner un rôle accru au sein du Fond.

La Chine n’est pas prête à jouer le « mentor » de l’économie mondiale.

C’est l’avis de Li Daokui, docteur en économie de Harvard, formé aux Etats-Unis et en Chine, ancien conseiller de la Banque de Chine pour la politique monétaire, et avocat virulent d’une direction de la Banque Mondiale désormais assurée par un pays émergent (article du 12 avril 2012 publié dans le Wall Street Journal, critiquant la nomination de l’Américain d’origine coréenne Jim Yong Kim).

Selon lui, les experts économistes chinois seront trop préoccupés par les problèmes internes dans les années qui viennent pour apporter une contribution utile à la gestion de l’économie globale. « Pékin qui ne veut pas mettre en danger ses réserves de change, cherchera à gagner du temps pour résoudre ses problèmes structurels de plus en plus complexes. », a-t-il conclu en contradiction avec son appel à attribuer la présidence de la banque mondiale à un ressortissant des pays émergents.

Chaud et froid dans la relation sino-américaine.

Alors que les dirigeants des 3 pays de l’Asie du Nord-est - 1,5 Mds d’habitants et près de 700 Mds de $ d’échanges bilatéraux – amorçaient le 13 mai les négociations pour l’établissement d’une zone de libre échange, les relations économiques désormais étroitement imbriquées entre la Chine et les Etats-Unis, étaient à la fois marquées par des heurts récurrents et d’importants progrès dans la coopération, qui s’expriment par des accords bilatéraux dans de nombreux secteurs.

Fin juin la société américaine United Technologies et 2 de ses sous-traitants étaient sanctionnés par des amendes de 75 millions $ pour avoir vendu à la Chine de la technologie ayant servi à construire l’hélicoptère d’attaque Chinois Z 10. L’amende faisait suite au rapport du Congrès accusant la Chine d’espionnage par intrusion informatique et à la décision de l’administration américaine de proposer des taxes sur les panneaux solaires chinois ayant bénéficié de mesures de dumping sur les prix.

Si la mesure était appliquée, elle viendrait s’ajouter aux amendes de 3 à 4% déjà imposées sur les importations de panneaux solaires chinois en mars. L’affaire a pris un tour polémique dans la campagne présidentielle américaine quand la Compagnie californienne Solyndra avait fait faillite sous les assauts de la concurrence chinoise, après avoir obtenu un prêt fédéral de 500 Millions de $.

Parallèlement à ces controverses les deux pays ont signé plus de 70 accords entre le mois de mai (dialogue économique bilatéral) et le mois de juin (foire de Nankin), à la fois dans le domaine financier et pour des projets industriels aux Etats-Unis et en Chine. Washington a promis d’accélérer les procédures d’accord pour l’extension des opérations de la Banque de Chine et de la Banque Industrielle et Commerciale. Dans le même temps, Pékin a relevé le plafond des investissements étrangers dans des JV financières désormais fixé à 49% contre 33% précédemment.

A la foire de Nankin, les 2 pays ont signé 42 projets d’investissements bilatéraux d’une valeur de 3 Mds de $, allant de la production industrielle aux loisirs en passant par les projets logistiques, l’immobilier et les énergies nouvelles.

Toyota et GM ont le vent en poupe sur le marché chinois.

Alors que la compagnie japonaise annonçait une hausse de ses ventes de 68% en avril, espérant atteindre un total de ventes annuelles de 900 000 véhicules en 2012, GM enregistrait en mai son record absolu avec 231 000 véhicules vendus (+ 21% par rapport à 2011), ce qui laisse espérer plus de 2,5 millions vendus en 2012.

En 2011, plus de 18 millions de véhicules ont été vendus en Chine, soit une hausse de 32% par rapport à 2010. L’explosion du marché pourrait continuer, alors que Pékin envisage des mesures d’incitation pour augmenter les ventes dans les zones rurales. En 2008, il y avait 20 millions de voitures en Chine et 85 millions en 2010. En 2020 elles seront 200 millions. Ce qui représentera le 1/4 des voitures circulant dans le monde. A ce rythme, le nombre total de voitures circulant en Chine en 2040 serait de 600 millions, soit 50% du parc mondial.


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