Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

Cliquez ici pour générer le PDF de cet article :

Imprimer ou exporter en PDF

›› Politique intérieure

« A Pékin, derrière le rideau de bambou… »

Depuis plus d’une année des doutes flottent sur l’efficacité centralisatrice de l’appareil mis en place par Xi Jinping pour tenir le Parti à sa botte.

A la mi-août 2018, l’éditorial de QC signalait qu’en sous-main fermentaient des reproches de plusieurs intellectuels stigmatisant à la fois un retour marqué au pouvoir personnel dilaté en culte de la personnalité et une politique étrangère exprimant un nationalisme grandiloquent, laissant croire que la Chine allait supplanter les États-Unis, à l’origine de sérieux vents adverses. Lire : Fêlures.

De cette affirmation de puissance naissent un peu partout en Occident et même dans quelques pays de l’Asie-Pacifique comme en Indonésie, au Vietnam ou aux Philippines, des « contrefeux » qui inquiètent l’appareil. Récemment, analysées par Alex Payette dans Asialyst et le site (payant) « Le vent de la Chine », les discordes au sein de la machine politique du régime ont percé la surface lisse des apparences.

Non pas que les querelles s’étalent au grand jour, relayées comme chez nous à grands renforts d’interviews contradictoires repris par la presse et amplifiées par le débridement des réseaux sociaux. Ou quel que soit le sujet des « talk-shows » à la mode du paysage médiatique où les faiseurs d’opinion mélangent les commentaires sur les grandes questions, les déclarations politiques essentielles, les états d’âme des vedettes à la mode et les badinages de la société du spectacle.

En Chine, rien de tout cela n’existe. Les arcanes politiques intimes ouverts à tous les vents en Occident où le pouvoir est « privatisé » au nom de la transparence, sont toujours soigneusement claquemurés en Chine.

Du coup, l’heure est au retour de « la sinologie des charades », où l’obscurité contraint les observateurs à interpréter des signes furtifs de discordes. Quel que soit l’angle de vue, le sujet renvoie toujours plus ou moins directement à l’audience de Xi Jinping – ses appuis et ses détracteurs -, à son statut de « grand dirigeant » que certains sinologues américains contestent et à sa politique étrangère, avec ses pointes émergées de la controverse autour de Huawei, des « nouvelles routes de la soie » et de la rivalité globale avec Washington.

*

Au-dessus de l’écume des querelles de factions, plane la question essentielle du système politique chinois dont Washington tente de faire exploser le carcan protecteur. Là se situe la « ligne rouge » de l’étroite connivence des affaires et de la politique que la Maison Blanche fustige mais que le Parti communiste chinois au pouvoir depuis 70 ans n’acceptera de modifier qu’à la marge.

Le malentendu plonge dans la signification même des réformes. Poussées trop loin dans le sens de la séparation entre les affaires et la politique, elles enfonceraient un coin dans le pouvoir du Parti et sa capacité à réguler le marché du travail, l’offre d’emploi et le chômage, conditions de la stabilité sociale, préoccupation cardinale du régime.

Haussée à ce niveau touchant directement à la survie du Parti à la tête de la Chine, la frontière entre « réformateurs » et « conservateurs » se brouille. Quelle que soit la faction dans laquelle ils se situent – partisans des réformes, conservateurs, fidèles de Xi Jinping ou sceptiques -, tous les hommes politiques chinois résisteront aux pressions de la Maison Blanche qui confinent à desserrer – c’est un risque que l’appareil ne prendra jamais - la mainmise du pouvoir sur l’économie, la société et la pensée politique.

Critique du style et de la méthode. La tentation du « bouc émissaire ».

Dès lors que, pour tous, l’objectif reste le maintien à la tête du pays du Parti qui forge et consolide son image de modernisateur socio-économique, la marge de manœuvre ne peut être que tactique.

Question de méthode plutôt que de principe. Du coup, resurgit l’interrogation sur la pertinence d’une affirmation nationaliste aussi enflammée à l’origine de la baisse d’audience de la Chine dans la presque totalité des opinions occidentales, révélée par la dernière enquête du PEW Research Center.

De fil en aiguille le questionnement conduit aux doutes à propos de Xi Jinping et de sa stratégie ayant tourné le dos à la prudence de Deng Xiaoping, oubliant les mises en garde du « Petit Timonier » contre la démesure nationaliste.

Si on se limite aux questions commerciales et à la querelle des taxes avec Washington, c’est Liu He - partisan du compromis et fermement opposé à l’escalade, mais en même temps ami d’enfance du Président qui s’exerce au grand écart le plus douloureux entre la raideur nationaliste et la souplesse de concessions réciproques.

Chacun voit bien que la manœuvre est acrobatique entre l’affirmation arc-boutée des intérêts chinois et l’exigence du dialogue, dont il faut reconnaître, en passant, qu’il n’est pas facilité par les volte-face publiques de D. Trump.

Quant à savoir si la tâche de Liu He sera facilitée ou non par la dernière foucade du président américain cherchant à recruter Pékin pour dénoncer les entreprises commerciales en Chine du fils de Joe Biden, son rival à l’élection présidentielle, c’est pour l’heure une bouteille à l’encre.

Sans risque de se tromper beaucoup, on peut conjecturer que l’appareil politique chinois, pour qui c’est une première, pèse soigneusement le pour et le contre, examinant l’éventualité improbable d’une immixtion directe dans le jeu électoral américain avec une circonspection perplexe.

*

En revanche, quand prenant de l’altitude, les détracteurs de Xi Jinping examinent le bien fondé des stratégies extérieures sorties de l’ombre, contrastant avec la pondération vigilante de Deng Xiaoping exprimée il y a 30 ans par le célèbre « Tao Guang Yang Hui – 韬光养晦 – littéralement cachez vos brillances et cultivez l’ombre » - [1], alors émerge un « bouc émissaire » tout désigné.

Éminence grise des dirigeants chinois depuis le milieu des années 90, intellectuel sans expérience politique de terrain, isolé dans le sérail politique de la haute direction chinoise, en même temps promu n°5 du régime par le 19e Congrès, Wang Hunning, artisan du rêve chinois, se trouve à la racine de l’actuelle affichage nationaliste sans nuance des stratégies de Pékin.

Alors que l’influence de Wang pourrait s’effacer – mais, sauf accident, la controverse ne percera pas la surface lisse du consensus politique -, la garde rapprochée de Xi Jinping resserre les rangs.

++++

La garde rapprochée de Xi Jinping.

Les fidèles sont connus. Parmi eux, Wang Qishan, le vice-président dont la réputation de « pompier du premier feu » pourrait le conduire à suivre de plus près la question de Hong Kong ; Li Zhanshu, n°3 du régime, président de l’ANP, fidèle de la première heure depuis que dans les années 80 sa carrière avait croisé celle du Président dans le Hebei ; Zhao Leji, n°6, ancien grand-maître des ressources humaines du Parti et successeur de Wang à la Commission de discipline, en charge de la lutte contre les corrompus.

Citons encore ceux dont la promotion fut l’œuvre directe de Xi Jinping, (voir leurs biographies succinctes) : Li Xi, n°1 à Canton, Yang Xiaodu, à la tête de la commission de sécurité nationale ; Chen Xi, patron de la Commission d’organisation, successeur de Zhao Leji ; Chen Quanguo, n°1 au Xinjiang qui après avoir fait cesser les immolations par le feu des moines tibétains, déploie une vaste stratégie mêlant répression, quadrillage serré et aide au développement, destinée à mettre sous le boisseau, à la fois le séparatisme ouïghour et les risques terroristes ; Chen Min’er, successeur à Chongqing de Sun Zhengcai écarté pour corruption ; Huang Kunming, maître de la propagande et Cai Qi, n°1 à Pékin.

En 2e rideau, se trouvent des intellectuels nationalistes inflexibles, comme Li Shulei, contempteur de la démocratie libérale, proche des « caractéristiques chinoises » de Wang Hunning et actuel n°2 de la Commission de discipline et He Yiting, qui fut la cheville ouvrière de la reprise en main intellectuelle et politique de l’Académie des Sciences Sociales en 2014. Lire : Feu sur les « excroissances méningées du Parti » et reprise en main idéologique.

*

Face à ces vigiles de la Chine nationaliste séparée de l’Occident il existe un courant dont l’approche politique est plus nuancée qui ne rejette formellement ni la démocratie ni les valeurs occidentales. Mais, reconnaissant que leur mise en œuvre en Chine serait problématique, ses adeptes cherchent une 3e voie pouvant garantir à la fois la prévalence du parti et le principe d’indépendance de la justice.

A ce titre, ils explorent à la fois le modèle singapourien du « despotisme éclairé » et l’instauration « graduelle » d’un système démocratique en Chine.

Critiques.

Sans aller jusqu’à qualifier « d’obscurantiste » le repliement intellectuel du Parti comme l’avait fait en 2014, Zi Zhongyun 84 ans, chercheur et traductrice, ancienne membre de la CASS jusqu’en 1996, défenseur de la démocratie comme une valeur universelle, Yu Keping (60 ans), auteur du livre « La démocratie est une bonne chose » (2009), qui fut professeur de sciences politiques à Beida, actuel, n°2 du Bureau des traductions et des compilations – également un Centre de recherches de sciences politiques - fait la promotion d’une « démocratie graduelle – 增量 民主 – Zengliang minzhu ».

Sa réflexion touche aussi aux différences de compréhension entre l’Occident et la Chine des concepts de « pouvoir » et « d’autorité ».
Lire : Quelle démocratie chinoise ?.

Au sein même de la haute direction politique, à côté des fidèles cités plus haut, les tendances adverses subsistent, même si pour l’heure, elles sont muettes.

Ainsi Li Keqiang écarté en 2007 du poste de n°1 dont le rôle a été réduit à la portion congrue, reste t-il une référence économique orthodoxe. Soucieux de maîtriser les budgets et les déficits, il ne cesse de répéter l’exigence de contrôler la masse monétaire contre les tendances répétées à la relance par les grands travaux publics.

Prenant le contrepied de Xi Jinping et de ses choix en faveur de champions nationaux – à qui le n°1 impose une restructuration brutale des conseils d’administration décapités par la lutte contre la corruption -, Li, plutôt favorable à la souplesse réactive des PME, principaux facteurs de croissance, s’est aussi insurgé contre la puissance bureaucratique des grands groupes incapables d’innovation (lire : La parabole du stylo à bille.).

Une autre sensibilité contraire est celle de Wang Yang, n°4 du régime, Président de la Conférence consultative du Peuple Chinois et vice-premier ministre, dont les méthodes de gouvernement à Canton où il était n°1 de 2007 – 2012, toutes faites de souplesse et de compromis, étaient à l’opposé de la rigidité centralisatrice de Xi Jinping.

Lire : Dans la province de Canton, « le printemps des ouvriers a commencé. »

++++

Sous la surface, les risques de vents contraires.

Alors que sous la surface, les joutes politiques et le choc des idées n’ont jamais de cesse, des « China Watchers » spéculant sur la perte d’audience de Xi Jinping accusé de dilapider le potentiel d’influence douce de la Chine, scrutent les indices d’un reflux de la prévalence politique du Président chinois.

Ainsi, Katsuji Nakasawa (Nikkei Asian Review), ancien correspondant à Pékin et plus tard Directeur du Bureau Chine, écrivait le 3 octobre dernier un article intitulé « A Pékin, derrière le rideau de bambou, s’accumulent les indices d’une lutte de pouvoir contre Xi Jinping ». Pour l’auteur, au-delà des célébrations « grand style » du 70e anniversaire, « des symptômes encore faibles mais bien réels montrent que le pouvoir de Xi Jinping est encore loin d’être consolidé. »

L’analyse qui n’avance rien de définitivement probant est un retour à la « sinologie des charades » décortiquant avec patience et minutie des signaux faibles tels que la place et les tailles des personnalités sur les peintures et photos de propagande ; ou encore les entailles subtiles au protocole officiel ; et, plus significatif, des articles du Quotidien du Peuple à contre-courant.

Le premier sujet qui s’impose de lui-même, renvoie aux références maoïstes de Xi Jinping que les intellectuels férus d’objectivité historique et les caciques à la retraite de Jiang Zemin à Hu Jintao, en passant par Wen Jiabao et Zhu Rongji, considèrent avec une circonspection où se mêlent la vénération de la légende ayant rendu leur fierté aux Chinois et le souvenir terrifiant des déchainements idéologiques du pouvoir solitaire du despote.

Lire :
- Schizophrénie maoïste.
- Démaoïsation ?
- 墓碑 mu bei de Yang Jisheng, est paru en Français.

Comment, semble s’interroger Nakasawa, la classe politique voit-elle cette marche au pouvoir solitaire que fut la suppression de la limitation à deux mandats, assortie du culte de la personnalité par l’image, où Xi Jinping est, sur les peintures exposées le 1er octobre au Musée des beaux-arts de Wangfujing, représenté aux mêmes dimensions que Mao, tandis que Deng, mentor de la Direction politique chinoise depuis 1976 et longtemps après sa mort en 1997, figure en retrait et en format réduit ?

Au total, l’exposition ne présentait pas moins de 4 portraits de Xi Jinping, y compris celui de sa visite dans son Shaanxi natal où la révolution culturelle l’avait exilé de 1969 à 1975. Seul Mao a bénéficié du même traitement pictural. Quant aux autres dirigeants y compris Deng dont le portrait était de taille nettement plus réduite, ils n’eurent droit qu’à un exemplaire unique.

Contraste, souligne Nakasawa, à l’époque de Deng, que les thuriféraires de Xi Jinping marginalisent par la taille des peintures qui le représentent et leur faible nombre, les statues et les portraits de Mao étaient devenus rares. Deng qui les tenait pour les symboles du désastre de la Révolution culturelle ayant martyrisé le Parti, les voyait aussi comme la marque d’un pouvoir solitaire dont il fallait éliminer jusqu’au souvenir.

Alors que, durant son règne, les expositions à la gloire de personnes avaient disparu, Deng avait modestement choisi ses successeurs. Jiang Zemin et Hu Jintao firent de même, contrairement à Xi Jinping. N’envisageant pas d’héritier politique, ce dernier, pouvant s’instaurer lui-même « président à vie », semble indiquer qu’il souhaite être perçu comme le seul capable d’incarner le « rêve chinois ».

Quel que soit l’angle de vue, le signe envoyé à ses collègues par l’actuel n°1 bat en brèche l’injonction de Deng de tenir à distance l’exercice solitaire du pouvoir et l’exigence de s’en tenir à une direction collégiale.

Nakasawa cite un autre indice du « déclassement » pictural de Deng Xiaoping. Il heurte d’autant plus un nombre important de cadres que Xi Jinping a tourné le dos aux stratégies de prudence internationale du « Petit Timonier ». A l’occasion du 40e anniversaire de l’ouverture économique, les peintures exposées mirent en exergue Xi Zhongxun, le père de Xi Jinping, alors n°1 à Canton, tandis que Mao était représenté en format réduit.

Coup de semonce du Quotidien du Peuple.

Signe que le Parti commence à ressentir un malaise, face aux références maoïstes dont les drames sont passés sous silence -, le 27 septembre, le Quotidien du Peuple (QDP) publiait un article Intitulé « 1966, La révolution culturelle, début de 10 années de guerre civile », jetant un éclairage clairement négatif sur la période.

L’attaque faisait suite à une autre également lancée par le QDP qui revenait sur la partie du discours de Xi Jinping marquant, 5 ans plus tôt, le 60e anniversaire de l’ANP où il disait vouloir respecter la Constitution. A l’époque un article de Qiushi (Quête de vérité), l’organe politique de référence du parti avait aussi publié un article négatif sur la suppression de la restriction à deux mandats.

On le voit, sous la surface ou « derrière le rideau de bambou » les causes de désaccords au sommet ne sont pas rares. Le potentiel d’une grave fracture est d’autant moins à écarter que l’appareil a été resserré autour de la personnalité de Xi Jinping dont la trajectoire heurte quelques principes de prudence érigés en dogme par Deng Xiaoping, dont, quoiqu’en disent les thuriféraires du n°1, l’aura à la fois révolutionnaire et pragmatique reste considérable.

Le risque serait celui de l’effritement de la légitimité concentrée au sommet par les choix centralisateurs de Xi Jinping sur sa personne. En ces temps de freinage de la croissance, où s’accumulent les dettes internes à hauteur de 3 fois le PIB, tandis que fait rage la guerre commerciale dont les consommateurs commencent à ressentir les effets, ferments de risques sociaux potentiels, s’allument les mèches d’un possible discrédit frappant Xi Jinping.

S’il est vrai que les marges de manœuvre politiques et sociales existent par la relance de grands travaux du développement de l’ouest et les vastes chantiers de la réforme des retraites et de l’assurance maladie, force est de constater qu’elles se réduisent en même temps que l’évolution urbaine d’une société devenue plus critique et plus réactive.

En économie, à l’heure de la vérité des comptes et de la fin des gaspillages imposées par les coups de boutoir de D. Trump exigeant que cessent les subventions publiques aux groupes industriels, le défi, comme le répète le pouvoir, est bien celui de l’innovation.

Condition de la mutation vers la prévalence de la qualité et les hautes technologies, l’innovation chinoise est aujourd’hui contrainte, sous la pression des négociateurs américains, de tourner le dos à sa culture de la copie.

Note(s) :

[1Prenant référence à l’histoire ancienne des Tang et de l’empereur Xuanzong (713 – 741), l’un des plus brillants souverains de l’histoire chinoise ayant régné en même temps que les rois Francs en Europe et fait de la Chine le plus puissant pays médiéval, par une habile politique évitant les affrontements directs, Deng Xiaoping avait érigé en règles stratégiques les principes suivants, en substance :

1) Éviter les antagonismes qui créent des ennemis ; 2) Ne pas interférer dans les affaires intérieures d’autres pays ; 3) Ne pas prétendre à l’hégémonie ou à la direction d’une alliance internationale ; 4) Évitant les politiques de puissance, privilégier la cause du « Tiers Monde » ; 5) Se garder des affichages nationalistes et privilégier une stratégie internationale omnidirectionnelle.

 

 

Mise à mort de Xu Yao exécuté par injection létale

[30 mai 2026] • François Danjou

Brutalité inédite des jugements contre deux anciens ministres de la défense

[12 mai 2026] • François Danjou

Effondrement d’Evergrande. Le procès de Xu Jiayin et les longues racines de la crise immobilière

[29 avril 2026] • Jean-Paul Yacine

Réglées au cordeau et sans aspérités, les « Deux réunions 两会 ». Pragmatisme et prise de conscience des défis extérieurs et intérieurs

[12 mars 2026] • François Danjou

Jimmy Lai condamné à 20 ans de prison. Chute d’un symbole

[13 février 2026] • François Danjou