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›› Editorial

La 4e crise de Taïwan. Quels risques d’escalade ?

Le 4 août, 24 heures après le départ de Nancy Pelosi, le Parti communiste chinois au pouvoir à Pékin depuis 1949, mettant à exécution ses menaces, a annoncé que les représailles militaires contre Taïwan avaient commencé à 04h00 GMT (06h00, heure de Paris).

Les vastes démonstrations de forces (tirs de missiles armés, intrusions de chasseurs de combat et manœuvres navales dans le Détroit et autour de l’Île) qui doivent durer jusqu’au dimanche 7 août 4h00 GMT, ripostent à l’accueil réservé dans l’Île par Tsai Ing-wen à la Présidente de la chambre des représentants.

Troisième dans l’ordre protocolaire américain, Nancy Pelosi, qui par le passé s’était souvent signalée par ses critiques des abus du régime chinois, est venue dans l’Île à bord d’un avion présidentiel « Air Force One », ce qui affaiblit l’argument de la Maison Blanche selon lequel la visite était complètement déconnectée de l’exécutif.

En réalité, Pékin réagit à la perception qu’en dépit des démentis de Washington, les États-Unis s’éloignent de plus en plus de l’esprit et de la lettre des Trois Communiqués (voir le § « Les Trois communiqués » de notre article Les nouvelles eaux mal balisées de la question de Taïwan qui analysait à la fois les critiques de généraux chinois contre l’obsession « réunificatrice » du Parti et la montée des tensions, conséquence de la variété et du niveau des contacts entre Washington et Taipei.)

Ce n’est pas la première fois que Pékin exprime une brutalité militaire sans nuance dans le Détroit.

En 1995, déjà, l’appareil avait réagi à ce qu’il avait analysé comme un éloignement de la « Politique d’une seule Chine » par Lee Teng-hui quand il était retourné à l’Université Cornell, dans l’État de New-York, sur ses traces d’étudiant aux États-Unis [1]. Lire : Deux heures d’échanges téléphoniques tendus entre Joe Biden et Xi Jinping. Vers la 4e crise de Taïwan ?.

Une deuxième salve de missiles, tirée une année plus tard, réagissait à son élection à la présidence au suffrage universel direct, vu par l’appareil à Pékin, comme le principal ferment idéologique d’une rupture probable.

Mais aujourd’hui, les démonstrations de force ont une ampleur bien plus vaste, au point que – faisant référence à la mise en garde de Xi Jinping à Joe Biden, le 27 juillet dernier - on peut se demander qui « joue avec feu. », tant il est vrai que ni Washington, ni Pékin n’ont l’intention de déclencher une catastrophe globale.

Une puissante montée en gamme des menaces.

Alors qu’en 1995, les trois zones de frappe des missiles inertes étaient alignées le long des côtes continentales empiétant à peine sur la ligne médiane du Détroit, cette fois, les onze missiles bel et bien armés de la série DF-21 connus pour leur précision et leur portée de 2100 km dont au moins quatre ont survolé l’Île [2], frappent six zones entourant l’Île de toutes parts, certaines empiétant même sur les eaux territoriales au nord et au sud.

En même temps, selon Xinhua, plus d’une centaine d’aéronefs - les chiffres américains sont de seulement d’une soixantaine d’appareils - et dix bâtiments de combats frégates et destroyers, probablement armés de missiles anti-navires supersoniques, ont fait de multiples mais brèves incursions au-delà de la ligne médiane du Détroit. Le 4 août, une réaction de la marine de l’Île aurait obligé des bâtiments de combat chinois à rebrousser chemin.

L’incident fait craindre au Pentagone le déclenchement par accident d’une confrontation directe entre Taïwan et le Continent, même si en dépit des postures, il apparaît – ce qui montre une retenue - qu’ayant franchi la ligne médiane, avions et navires de combat chinois n’ont pas pénétré dans les eaux territoriales et dans l’espace aérien taïwanais.

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Il reste que si on considère que les notifications d’exercices à tirs réels du ministère de la défense chinois perturbent sérieusement le trafic aérien et maritime dans la zone, il apparaît que, par ses exercices d’une ampleur inédite, Pékin teste en réalité ses capacités à mettre en place un blocus autour de l’Île.

Alors que les 4 et 5 août, plusieurs compagnies aériennes dont Singapour Airlines, Asiana, Korean Air ont détourné ou annulé leurs vols, l’hypothèse d’un exercice de blocus est attestée par l’embargo décidé par Pékin sur l’exportation en Chine d’une centaine de produits alimentaires et agricoles taïwanais, touchant de plein fouet les producteurs et les intermédiaires commerciaux. En même temps, Pékin a stoppé ses exportations de sable à l’Île, une mesure qui frappe directement l’industrie du verre à Taïwan.

Alors que la Direction chinoise continuait à promettre « les abysses » aux Taïwanais s’ils continuaient sur la voie séparatiste, la Maison Blanche ayant décidé de prolonger la présence dans la zone du groupe aéronaval Ronald Reagan, affirmait que, si nécessaire, Washington réagirait, sans préciser comment, pour dégager l’Île de l’isolement imposé par Pékin.

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Le piège de l’obsession de réunification.

La vérité est que la rhétorique menaçante de la Chine à propos de Taïwan dont le Parti inquiet de l’évolution démocratique de l’Île, a fait un tabernacle souverainiste intouchable, pourrait être un enfermement obsessionnel sans nuance, dangereux pour le parti lui-même.

Renvoyant à la guerre civile inachevée entre Mao Zedong et Tchang Kai-chek dont Taïwan émancipé est le reliquat historique rebelle, l’obsession de réunification devenue impossible sans créer de fortes tensions, parasite la pensée stratégique et menace même la trajectoire de retour de puissance de la Chine.

Poussant à la posture agressive, elle détourne le pays de l’objectif de modernisation dont l’essentiel – paramètre essentiel du « rêve chinois » de Xi Jinping - consisterait à ajuster le schéma de croissance du pays pour l’adapter aux nouvelles conditions socio-économiques, préalable indispensable à la réduction des inégalités.

Le 28 mai 2020, lors de sa conférence de presse de clôture de la réunion de l’ANP tenue en visio-conférence, le Premier Ministre Li Keqiang les avait soulignées en rappelant que 600 millions de Chinois (plus de 40% de la population), vivaient avec à peine 1000 RMB mensuels (148 $).

La critique mettant en garde contre l’obsession de réunification détournant le régime de l’essentiel a même été formulée directement par le Général Qiao Liang, connu en Occident pour avoir en 1999 écrit avec un de ses collègues de l’armée de l’air « La guerre sans limites », dont la traduction est parue en France en 2006 aux éditions « Rivages ».

Au printemps 2020, Qiao Liang avait notamment suggéré au pouvoir chinois de prendre ses distances avec l’obstination réunificatrice : « Le point clé de la grande cause de renaissance nationale est le bonheur des 1,4 milliards de Chinois. Tout le reste doit céder le pas à cet objectif, y compris la solution de la question de Taïwan ». Pas moins nationaliste que ses collègues, il conseillait de reporter la « réunification » après la solution de défis du développement.

Méprisant l’évidence énoncée par Bossuet que « Dieu se rit des hommes qui se lamentent des conséquences dont ils chérissent les causes », notamment celles que la répétition obstinée des menaces attise la tendance à la rupture des Taïwanais, le Parti est resté accroché à l’objectif de réunification pure et simple, comme s’il était toujours en pleine guerre civile avec Tchang Kai-chek.

Le fâcheux non-sens d’afficher la mémoire commune tout en l’ignorant.

L’appareil occulte aussi la complexité de la situation et la réalité de l’imbrication culturelle et politique de l’Île depuis la chute du système dynastique en 1911.

Preuve que les pensées politiques s’enchevêtrent et pourraient ouvrir des interstices d’apaisement dans le Détroit, la figure de Sun Yat-sen, fondateur de la « Chine moderne » et du KMT, premier président de la République de Chine en 1912, est honorée des deux côtés du Détroit.

Quand les chefs de l’État taïwanais quels qu’ils soient sont officiellement investis, y compris ceux de la mouvance de rupture comme Chen Shui-bian en 2008 et 2012 et l’actuelle Tsai Ing-wen en 2016 et 2020, ils prêtent serment sous le portrait de Sun Yat-sen.

Sa figure géante est régulièrement exhibée sur la place Tian An-men à Pékin lors des cérémonies d’anniversaire de la République dont les deux côtés du Détroit célèbrent la date anniversaire du « double-dix » Le dixième jour du dixième mois (lire : « Double Dix », les discours croisés des héritiers de Sun Yat-sen).

Portant à la fois la mémoire révolutionnaire, nationaliste, démocratique et sociale chinoise, Sun Yat-sen, reconnu comme un symbole à Pékin comme à Taïwan, a fondé la doctrine politique des « Trois principes du peuple », thème de l’hymne national taïwanais.

Aujourd’hui, rétabli dans le Panthéon national du Continent après avoir longtemps été négligé par l’appareil, l’homme qui incarnait « le Nationalisme » (contre l’étranger et contre les Mandchous), la « Démocratie » et le « bien-être du peuple » est, par posture, à nouveau porté aux nues à Pékin.

En réalité, la longue tourmente des « seigneurs de la guerre », la brutale occupation japonaise et la guerre civile ont étouffé la mouvance démocratique inspirée de la formule d’Abraham Lincoln « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

A Taïwan, la « démocratie » fut également longtemps mise sous le boisseau par la brutalité de Tchang Kai-chek, jusqu’à l’ouverture politique mise en œuvre par son fils Jiang Jingguo, en 1988, précisément une année avant que, le 4 juin 1989, sur la place Tian An-men, Deng Xiaoping, effrayé par le mouvement de la jeunesse, décide de la tuer dans l’œuf.

Si la grande majorité des Taïwanais sont confucéens, attachés aux rites, au culte des ancêtres et à la prévalence de la morale « bénévolente » (le ren 仁 de Confucius), ils sont aussi devenus de fervents démocrates, au point de multiplier, peut-être à l’excès, les référendums d’initiative citoyenne (lire : Le KMT et l’embardée démocratique des quatre référendums. Ou le détournement de la démocratie directe).

Dans ces conditions où le système politique de l’Île tranche radicalement avec l’autocratisme soupçonneux de Pékin, un sondage effectué à la mi-mars 2022, révélait que la proportion des Taïwanais favorables à la « réunification » avec l’actuel régime était négligeable.

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A Taïwan, un net rejet des prétentions chinoises.

Échaudés par la brutalité chinoise à Hong Kong qui, au passage, s’explique par l’histoire des humiliations des guerres de l’opium déclenchées par Londres, ils étaient 90% à rejeter la prétention de Pékin à réunifier Taïwan et 88,6% à approuver la stratégie de Ia Présidente Tsai Ing-wen, visant à rapprocher l’Île des démocraties.

Symptôme que les Taïwanais craignent aussi une « une réunification rampante » par les liens industriels et commerciaux, plus de 70% étaient en faveur d’une loi interdisant aux ingénieurs taïwanais d’aller travailler en Chine comme le font déjà 3000 d’entre eux attirés par les hauts salaires offerts par Pékin notamment dans le secteur des semi-conducteurs.

La sur-réaction de Pékin en amont du 20e Congrès qui, par référence obstinée à la « guerre civile inachevée » attend mécaniquement le réflexe d’une inflexibilité sans réserve de son premier secrétaire, candidat à une troisième mandat, a provoqué quelques réactions offusquées de la communauté internationale.

Condamnations, postures et ambiguïtés.

Sans surprise Antony Blinken a rappelé que « la visite de Nancy Pelosi était pacifique et qu’il n’y avait aucune justification à une escalade militaire aussi extrême et disproportionnée ».

Le Japon a officiellement protesté à Pékin, que 5 missiles chinois étaient tombés dans la ZEE du Japon dans les parages des îles Hateruma, Yonaguni et Senkaku, situées à 100 nautiques à l’Est et au nord-Est de Taïwan.

En retour, le Waijiaobu a convoqué l’ambassadeur du Japon pour protester contre sa participation à la déclaration commune du G.7 qualifié par Wang Yi « d’ingérence outrecuidante “放肆 – fangsi –“ dans les affaires intérieures chinoises. ».

Dans le même registre, sourd aux particularités de la situation de Taïwan et à son opinion publique, il avait précédemment accusé Nancy Pelosi « d’utiliser la démocratie pour violer la souveraineté chinoise ».

Indignée par la position de Tokyo, Pékin a annulé la rencontre prévue avec la délégation japonaise en marge d’une réunion à Phnom-Penh des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN, où il était prévu d’évoquer la situation en Birmanie, mais où Taïwan a occupé tous les esprits.

Alors que Wang Yi a chaleureusement salué le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov d’une tape sur l’épaule, il a ignoré son homologue japonais Yoshimasa Hayashi.

Dans ce concert très tendu, la position de l’Inde, mérite attention. Tout en ne reconnaissant plus officiellement la « politique d’une seule chine » depuis 2010 [3], New-Delhi, qui soigne ses relations avec Pékin pour tenter de résoudre la querelle de frontières, n’a pas réagi à la crise en cours.

Pour Narendra Modi, la voie est étroite. Alors qu’il tente un difficile apaisement avec Pékin, au milieu des provocations chinoises dans la région du Ladakh (lire : Entre l’Inde et la Chine la fureur a baissé d’un cran. Mais la défiance demeure), son opposition donne de la voix et propose d’imiter la Chambre des représentants américaine, en envoyant à Taïwan une délégation de parlementaires sous la conduite d’Om Birla, président de la Chambre basse.

Quels risques à venir ?

Dans cette situation où les émotions et l’affichage des postures prennent le pas sur la raison et la réalité, le pronostic est compliqué. On gardera d’abord en mémoire que, contrairement aux discours de nombre d’analystes non seulement chinois ou russes, mais également occidentaux, « la provocation » directe est l’entière responsabilité du Parti Communiste chinois, même si, placée depuis des lustres sous la pression directe de la menace des missiles chinois, la population a pris ses distances avec le concept d’Une seule chine, sous l’égide de la brutalité sans nuances du Parti communiste chinois.

A trois mois du 20e Congrès, les extravagantes démonstrations de forces de l’APL dans le Détroit sont une sur-réaction à l’angoisse taraudant l’appareil que Taïwan, devenue démocratique, pourrait définitivement lui échapper.

Avec un logiciel resté bloqué à la guerre civile chinoise et à la fuite de Tchang Kai-chek dans l’Île, l’appareil cultive toujours le dogme inflexible et improbable de la réunification, dont il continue à expliquer qu’elle est une « fatalité » attachée au destin du Parti qui la mènera à bien, y compris contre la volonté des Taïwanais et au besoin par la force.

En même temps, tout indique, que contraints par la dissuasion nucléaire, Washington et Pékin dont on voit bien que l’effervescence de la démonstration de force a pris soin de ne pas violer les limites des eaux territoriales ou de l’espace aérien souverain de l’Île, veillent à ne pas franchir le pas d’une escalade irrémédiable.

Pour la Chine, l’impact catastrophique à prévoir d’un conflit militaire direct sur ses importations annuelles de microprocesseurs fabriqués dans l’Île, dont la valeur totale (300 Mds de $), dépasse de 60% ses achats de pétrole à 180 Mds de $, constitue un frein immédiat à ses intentions belliqueuses.

Le risque existe cependant d’un accrochage direct entre un chasseur de combat chinois et un des F-16 taïwanais décollant en urgence pour réagir à une menace de survol de l’Île, dont l’effet sur le moral des Taïwanais pourrait être négatif.

A moyen terme, une nouvelle tentative de blocus du Détroit où transitent 48% du trafic maritime mondial obligerait les États-Unis à réagir en vertu du Taïwan Relations Act. Obligation de droit interne votée en 1979 par le Congrès, le décret exige de l’exécutif américain qu’il ne reste pas inerte en cas d’une agression de l’Île non provoquée par une déclaration d’indépendance.

Les modalités d’une réaction américaine restent floues. Pour autant une chose est sûre, si la Chine autocrate attaquait militairement l’Île ou parvenait à la réduire par un blocus, sans que Washington s’interpose, le coup de théâtre sonnerait au moins pour un temps le glas de l’influence américaine, déjà récemment mise à mal par le retrait chaotique d’Afghanistan (lire : La chute de Kaboul vue de Chine).

Note(s) :

[1En réalité, la trajectoire politique de Lee Teng-hui a, au cours de sa vie politique, clairement évolué vers une pensée séparatiste très opposée à celle du régime de Pékin (lire notre article : Le « père de la démocratie taïwanaise » est mort).

[2A ces nouvelles, la population de Taïwan est restée placide et les autorités n’ont pas déclenché les sirènes d’alertes comme certains, dont le maire de Taipei Ko Wen-je, le réclamaient. Alors que la Présidente Tsai qui dénonçait « le voisin maléfique 惡的鄰居 » qui, à sa porte- « 我 們家門口 » montre sa force « 炫耀她的力量 », assurait que Taïwan ne chercherait pas le conflit, mais protègerait sa sécurité nationale et son intégrité territoriale, le ministère de la défense de l’île annonçait que la trajectoire balistique des missiles, hors atmosphère, ne posait aucune menace au sol.

En même temps, Mark Liu, PDG de TSMSC, le n°1 mondial des semi-conducteurs avec 64% du marché, déclarait qu’en cas d’invasion de l’Île par la Chine, la rupture des contacts extérieurs indispensables dans cette industrie rendrait le secteur inopérant à Taïwan et réduirait à néant les exportations vers la Chine. La rupture de l’approvisionnement en “puces” par un conflit déstabiliserait les industries de haute technologie de la planète.

Dans un entretien sur CNN avec Fareed Zakaria, Liu a comparé un possible conflit à Taïwan à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, déclarant que, même si les deux conflits étaient très distincts, l’impact économique sur le monde serait identique.

[3En riposte aux réclamations chinoises sur la région de l’Arunachal Pradesh, la position de New-Delhi est un coup de pied de l’âne : « Si la partie chinoise souhaite que l’Inde reconnaisse « la politique d’une seule Chine », elle devrait respecter le principe « d’une seule Inde ».

 

 

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