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›› Politique intérieure

« C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui se baignent nus »

Le net et les réseaux sociaux mettent à nu les abus.

En Chine, où les habitudes d’opacité ont longtemps protégé le Parti des indiscrétions publiques, ce sont les nouveaux moyens d’information capables d’une redoutable ubiquité, doublée d’une capacité inquisitrice inédite connectée à toute la planète, à quoi s’ajoute une réactivité presqu’immédiate, qui favorisent le reflux de la marée protectrice que sont la censure et l’obscurité politique, qui noyaient dans le mystère et l’omerta les connexions affairistes, la corruption, parfois les turpitudes de la classe dirigeante.

Depuis quelques années, les dévoilements qui se propagent sur le net à la vitesse de la lumière, contournant la censure, sont légion. Rapidement effacés, ils n’en laissent pas moins des traces sulfureuses dans l’esprit des jeunes internautes et de la nouvelle classe moyenne. Les mises à nu vont des systématiques connexions familiales avec le grand business ou l’industrie, aux affaires de corruption et aux vies dissolues, en passant par de longues séries de comportements et de compromissions très éloignés de l’éthique politique minimum.

Ils révèlent les extravagances des cadres ou de leurs familles, les fuites de capitaux, les frais de scolarités astronomiques payés à l’étranger par les caciques pour leur progéniture, découvrant un mode de vie à des années lumière de celui des Chinois moyens. Le tout créant une vulnérabilité politique pourtant clairement identifiée par l’actuelle équipe qui, depuis 2002, ne cesse de dénoncer les abus et la corruption du Parti comme un de ses principaux talons d’Achille.

Lire nos articles :
Lutte contre la corruption : HU Jintao « mouille » le BP
HU Jintao annonce une nouvelle offensive anti-corruption
Le Parti sous tension

L’affaire Bo Xilai, qui fut le révélateur de dérapages extrêmes, dont le Parti s’applique à se protéger, sans vraiment y parvenir, donnait à la fois l’impression d’insondables passe-droits éthiques et moraux que le pouvoir s’octroie à lui-même et de très sévères compromissions avec le monde des mafias - 黑社会 hei shehui – qui, dans l’imaginaire des Chinois, véhicule de fortes images, où se mêlent les connexions grises ou noires du pouvoir, la corruption des fonctionnaires et l’impression tenace d’une société occulte, échappant à la justice, précisément grâce à l’implication du pouvoir lui-même.


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