›› Chronique
Meng Jianzhu 孟建柱. Homme de terrain, solide et fiable.
65 ans, ministre de la sécurité publique depuis 2007, membre permanent du Comité Central depuis 2002. Si Meng, à seulement trois années de la retraite administrative fixée à 68 ans, entrait au Bureau Politique, il n’y accomplirait qu’un seul mandat. Cette considération pose la question de la limite d’âge que le Parti tente d’abaisser formellement, au moins depuis le 15e Congrès.
Au milieu des années 80, Deng Xiaoping encouragea les cadres les plus anciens à se retirer. Mais à cet effet il, donna lui-même un exemple mitigé puisqu’ayant abandonné sa place au Bureau Politique en 1987, il conserva néanmoins celle de Président de la CMC jusqu’en 1989 (il avait alors 85 ans). Le 15e Congrès adopta en 1992 une série de mesures plus formelles qui conduisit tous les cadres âgés de plus de 70 ans à se retirer, avec cependant l’exception notable de Jiang Zemin, resté en poste jusqu’à 76 ans.
Lors du 16e Congrès, de nombreux cadres se retirèrent à 68 ans. La pratique continua au 17e Congrès et fut même annoncée formellement comme la limite d’âge du Comité Permanent, dans le cadre d’une propagande sur le rajeunissement du Parti et la stabilité des institutions. A l’examen, la situation aujourd’hui n’est cependant plus aussi claire, puisque 9 des 13 cadres qui doivent quitter le Bureau Politique ont 70 ans et plus.
A l’évidence le Parti a éprouvé quelques difficultés à tenir le rythme du rajeunissement initié en 1987. Cette réalité est confirmée par l’âge moyen des candidats au Comité Permanent, dont beaucoup ne pourront accomplir qu’un seul mandat. Elle explique en partie la tendance apparue récemment de promouvoir directement certains d’entre eux au Comité Permanent. Avec Hu Chunhua, Meng Jianzhu fait partie de ceux pour qui cette promotion rapide, sautant la marche du Bureau Politique, a été envisagée.
Etudes et carrière.
Né en 1947 à Suzhou, dans le Jiangsu, Meng, est le type même du cadre sorti du rang. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur système de l’institut de mécanique de Shanghai, obtenu à 44 ans, alors qu’il était déjà membre du Parti depuis 20 ans, il a d’abord accumulé les expériences de terrain. D’abord comme marin et logisticien, puis pendant près de 20 ans comme responsable politique de la ferme collective de Qianwei, près de Shanghai (1968 – 1986) où il fut successivement commissaire politique de la branche transport, puis n°2 et n°1 de l’organisme.
De 1986 à 2001, sa carrière s’ancre à Shanghai et dans la région. Il est successivement secrétaire du Parti des districts de Chuansha, puis de Jiading, avant d’être nommé commissaire politique du comité pour le développement rural à l’état-major de la municipalité de Shanghai (1991-1992), métropole dont il devient le vice-maire en 1993, avant de devenir le n°2 du Parti en 1996.
Puis, ayant, en 2001, perdu la compétition pour le poste de n°1 à Shanghai contre Chen Liangyu, il est muté comme n°1 du Parti au Jiangxi, à Nanchang, où il restera jusqu’en 2007, date à laquelle il est appelé à Pékin.
Racines familiales, réseau et convictions politiques.
La trajectoire vers le sommet de Meng a été favorisée par Jiang Zemin et Zhu Rongji quand ils furent l’un et l’autre les n°1 à Shanghai. Son épouse, Jiang Qifang, commissaire politique adjoint du Groupe de médias Shanghai Wenguang et Directrice de la station de TV câblée de Shanghai a également constitué un appui appréciable pour sa carrière.
Homme de valeur, apprécié par les hautes strates du régime, bien que sorti du rang, Meng Jianzhu a le profil pragmatique, solide et sans histoire, d’un dirigeant suprême. Compte tenu de son âge, l’idée court de sa possible promotion directe au Comité Permanent, sans passer par la case du Bureau Politique. Son expérience comme ministre de la sécurité le désignerait naturellement pour succéder à Zhou Yongkang comme secrétaire politique du Comité Central législatif.
Dans l’éventualité ou cette promotion éclair ne serait pas possible – ce qui est probable - sa nomination au Bureau Politique paraît acquise. Dans ce cas, son nom a été évoqué pour le poste de n°1 à Shanghai.

