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›› Editorial

Le grand chassé-croisé sino-américain en Asie. Un apaisement en demi-teinte

Après la visite officielle de Donald Trump à Pékin, le chassé-croisé sino américain en Asie sur fond du sommet de l’APEC à Danang au Vietnam, suivi par celui de l’ASEAN aux Philippines a semblé adoucir les lignes de front de la rivalité entre Washington, Pékin, Tokyo, Hanoi et Manille. La séquence a même jeté une timide lueur d’éclaircie sur les sombres perspectives de la question nord-coréenne.

Mais au-delà des illusions de l’apaisement le fond des divergences demeure.

Le nouveau dialogue des puissances.

A Pékin, c’est peu dire que l’accueil réservé au président Américain par une pompe proto-impériale marquait une volonté d’apaisement à laquelle Donald Trump a répondu, dithyrambes mises à part, exactement dans les termes souhaités par l’exécutif chinois prônant « la nouvelle relation entre grandes puissances » exprimant le respect mutuel des « intérêts vitaux » de chacun.

Ce thème édifiant était rappelé par un éditorial du Quotidien du Peuple du 10 novembre qui plaçait la Chine au même niveau que les États-Unis dans la gestion des affaires du monde : « un nouveau type de relations entre grandes Nations, sans conflit, ni frictions, respectueux les uns des autres, autorisant une coopération profitable à chacun, dans le but de protéger la stabilité du monde et sa prospérité ».

Pour faire bonne mesure et souligner à quel point la relation sino-américaine était devenue complexe et enchevêtrée, l’auteur rappelait que « les entreprises chinoises implantées dans les vieilles zones industrielles en difficulté des États-Unis comme l’Ohio avaient créé, directement ou indirectement, 2,6 millions d’emplois ».

Se gardant de lancer des attaques directes contre les pratiques commerciales chinoises, Trump n’a certes pas renoncé à défendre les intérêts américains. Mais, sous les applaudissements de l’assistance, il a enveloppé son propos d’une appréciation très positive du nationalisme économique chinois cité en exemple, « capable » a t-il dit « de prendre l’avantage sur les autres ». En même temps, il réservait ses critiques à l’administration Obama à qui il reprocha de n’avoir pas su protéger les citoyens américains.

La volonté d’apaisement a également touché la question nord-coréenne récemment portée au rouge par les menaces et les « bruits de ferraille » américains. A Pékin, D. Trump s’est en effet gardé de renouveler la rhétorique agressive et les mises en garde contre Pyongyang, pourtant répétées quelques jours plus tôt à Tokyo, se limitant à féliciter le président Xi Jinping d’avoir, à la conférence de presse conjointe, exprimé la volonté de dénucléariser la péninsule. Là aussi la presse du régime alignée sur la position officielle était dans le ton de l’apaisement confinant parfois à la sédation, argumentant autour de la perspective, pour l’heure complètement hors sol et irréaliste, d’une « dénucléarisation par le dialogue ».

Plus encore, la modération du Président américain affichée à la satisfaction de la Chine qui, sur la péninsule, ne craint rien plus que le chaos d’un conflit militaire, venait après une séquence à Séoul où, prenant le contrepied de récentes déclarations niant l’utilité d’un dialogue, il a appelé Pyongyang à venir à la table des négociations.

Le tout était entouré des bonnes grâces commerciales chinoises célébrées par le ministre Zhong Shan qui qualifia de « miracle » la somme des engagements et des lettres d’intention bilatérales sino-américaines dont le total des promesses était évalué à 253,4 Mds de $.


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