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›› Société

Les difficultés du rééquilibrage social

Réformer l’hôpital public et améliorer la couverture médicale.

La santé publique, objet d’une autre réforme administrative lancée par le Conseil d’Etat, prend sous sa coupe la commission du planning familial, et sera chargée de mettre en œuvre plusieurs dispositions nouvelles pour l’accès aux soins des plus démunis et augmenter le taux de couverture médicale dans les campagnes.

Il est cependant important de noter que les stratégies de rattrapage sont développées alors que les dépenses de santé de la Chine restent très inférieures à celles des pays développés, dont le pourcentage des dépenses de santé par rapport au PNB est en moyenne de 13%, contre 5% en Chine.

Une caisse spéciale créée le 1er mars 2013 est dédiée au remboursement des soins d’urgence prodigués aux malades ou accidentés insolvables, que les hôpitaux refusaient jusqu’à présent de prendre en charge. En même temps se met en place un système de « tiers payant » qui exonèrera les patients de payer la totalité des traitements avant même de commencer le soins.

Enfin, réforme à la fois capitale et douloureuse, les hôpitaux ne pourront plus se rémunérer par la vente des médicaments, le manque à gagner étant compensé par l’augmentation du prix des consultations, qui devraient progressivement être pris en charge par la sécurité sociale.

En bousculant de vieilles habitudes, où les hôpitaux et les médecins se rémunéraient sur la vente des médicaments, la réforme, déjà expérimentée dans plusieurs provinces depuis 2010, crée des effets collatéraux indésirables liés aux plafonds de remboursement - à peine 1300 € - très en-dessous des frais engagés pour le traitement des maladies graves et de longue durée. La différence est prise en charge par l’hôpital, mais d’une manière occulte et insolite.

Selon le témoignage d’un médecin urgentiste sur les réseaux sociaux chinois, cité par la chronique, « les surcoûts sont payés par le service de l’hôpital en charge du traitement, puis partagés entre tous les médecins du service ». On peut douter que cette formule d’hôpital public qui taxe les médecins pour compenser les trop faibles remboursements puisse durer.

En situation difficile dans les hôpitaux, les médecins, leur nombre, leur formation, leur rémunération et leur retraite sont également au coeur des stratégies pour améliorer la couverture médicale du pays et faciliter l’accès aux soins dans les zones reculées. Avec seulement un million de médecins de campagne – héritiers des « médecins aux pieds nus » -, dont le salaire et les maigres retraites sont peu attractifs, l’arrière pays souffre toujours d’un grave déficit de médecins. (Lire notre article « Kan Bing Nan, Kan Bing Gui ». Malaise dans les hôpitaux chinois).

S’il est vrai que dans les grands centres urbains, l’offre médicale s’améliore, essentiellement pour ceux qui peuvent payer, dans les zones reculées, de vastes proportions de la population n’ont même pas accès aux soins de base.

Le ministère a mis en œuvre une série de mesures destinées à rétablir l’équilibre de la santé publique, avec notamment la gratuité des études médicales en échange d’un engagement des étudiants à servir à la campagne. On encourage aussi les médecins retraités à se remettre au travail dans les zones sous-médicalisées, tandis qu’un vaste plan de recrutement est à l’œuvre comportant notamment l’abaissement du standard des examens pour les volontaires acceptant de s’installer dans les régions reculées.

Il n’est pas certain que l’abaissement des critères d’examen, qui peut pallier le déficit quantitatif, mais aggravera les écarts de qualité, soit une bonne solution, dans un contexte où les ruraux sont encore tentés d’aller chercher les soins de qualité dans des hôpitaux, parfois éloignés de plusieurs certaines de kilomètres. Ce qui provoque des engorgements considérables, qui restent une des plaies de l’hôpital public chinois. (Lire notre article Le défi de la santé publique).


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