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Chapitre IV
- Pardon ? Pouvez-vous répéter ? Demandait Xiao Wang à son interlocuteur invisible dans un français qu’il parlait presque couramment. La personne qui l’appelait s’obstinait à lui parler dans un chinois incompréhensible... Il ne reconnaissait pas la voix mais les expatriés de l’ambassade changeaient tout le temps, avec des nouvelles arrivées presque tous les mois...
- Xiao Wang, Monsieur l’ambassadeur est-il dans la voiture ?
C’était quand même plus clair en français. Son interlocuteur l’avait appelé Xiao Wang, il devait donc bien le connaître et il savait qu’il conduisait Isaac Dupalet...
- Oui, Monsieur. Il vient de monter à bord.
- Pouvez-vous lui dire que le téléphone de Monsieur Isaac Dupalet d’Estée est dans son coffre ?
- Le téléphone de Monsieur Dupalet est dans mon coffre ?
- Oui, c’est cela. Le téléphone de monsieur Isaac Dupalet est dans le coffre, dites-le à Monsieur l’ambassadeur.
- Le téléphone est dans le coffre de la voiture ? Et je dois le donner à Monsieur l’ambassadeur... Bip bip bip... Dupalet...
Le correspondant avait raccroché et Xiao Wang n’avait rien compris... Il savait bien que son coffre était vide... Et de quel ambassadeur parlait-on ?
Il voulut rappeler son interlocuteur, mais Dupalet qui avait suivi les bribes décousues de conversation l’interrompit en fronçant les sourcils :
- C’était un appel de l’ambassade ?
- Oui, Monsieur, je le pense. Ils voulaient savoir si vous étiez dans la voiture.
- Mais ils ont dit aussi que mon téléphone était dans votre coffre ?
- Oui, Monsieur, mais je ne crois pas... Je vais aller voir ce qui se passe, Monsieur, je n’en ai que pour une petite minute...
- On ne vous demande pas de croire ou de ne pas croire ! Cela fait maintenant plus d’un mois que l’on me l’a dérobé, ce téléphone, et j’ai tout un tas de numéros extrêmement importants à l’intérieur. Alors, je n’ai que faire de vos états d’âme ! S’ils vous ont dit qu’il était dans le coffre, allez-y voir !
Isaac Dupalet savoura une bouffée d’espoir... Tous ses numéros galants étaient sur ce portable...
Xiao Wang s’exécuta de mauvaise grâce. Il était bien placé pour savoir ce que contenait son coffre : un seau, une serpillière, une éponge, un racloir dégivreur, une balayette en plumes et un triangle de détresse... Mais pas de téléphone ! Il venait d’ouvrir son coffre à la station service et il n’aurait pas manqué de l’apercevoir si quelqu’un l’avait déposé là !
Il ouvrit son coffre d’un geste las, sachant très bien ce qu’il allait découvrir...

