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›› Editorial
Emmanuel Macron et le défi chinois. La « relation privilégiée » a vécu
Xi Jinping et Emmanuel Macron, le 6 mai 2024, à Paris, à l’occasion du soixantième anniversaire de la reconnaissance de la Chine par Charles de Gaulle le 27 janvier 1964 (POOL / MOHAMMED BADRA).
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Après la reconnaissance par Charles de Gaulle, le 27 janvier 1964 de la République Populaire de Chine, quinze années avant Washington [1], à chacun des voyages en Chine d’un Chef de l’État de la 5e République née dans le lyrisme de l’indépendance géopolitique de la France à l’écart de la tutelle de Washington, la question resurgit de la survivance d’une relation privilégiée entre Paris et Pékin.
Au sujet de la reconnaissance de la Chine par Charles de Gaulle, de ses malentendus idéologiques et de ses déconvenues, lire notre recension de l’ouvrage de Bernard Krouck, Ed. Les Indes Savantes, 2012 : De Gaulle et la Chine.
La récente visite d’État en Chine d’Emmanuel Macron du 3 au 5 décembre, la 4e depuis 2017, n’a pas manqué à cette illusion d’une relation privilégiée, notamment lorsque le Président français s’est, comme lors de son voyage en Chine en 2023, aventuré à demander à son homologue Xi Jinping d’exercer son influence sur Vladimir Poutine pour que cesse la guerre en Ukraine. Son but disait-il en 2023, « Ramener la Russie à la raison ».
Cette fois, le 4 décembre à Pékin, le Président Français a renouvelé son message en jouant de la fibre solidaire franco-chinoise et européenne de pays opposés à la guerre et au chaos qu’elle engendre « … La capacité que nous avons à nous mobiliser ensemble en faveur de la paix en Ukraine et les différentes régions du monde touchées par la guerre est déterminante ».
Pour autant, semblant avoir réduit la voilure de ses attentes, il a seulement formulé l’espoir que Pékin fasse au moins pression pour obtenir de Vladimir Poutine un cessez-le-feu et un arrêt des frappes sur les infrastructures critiques d’énergie à l’entrée de l’hiver. Pas un mot sur l’agression systématique des populations civiles.
La réponse de Xi Jinping fut une assez sèche fin de non-recevoir. Évoquant « des accusations sans fondement ou discriminatoires » il a, en haussant le ton, réfuté les reproches pourtant avérés ( [2] selon lesquels Pékin soutient l’économie de guerre russe. Sur le fond, des responsabilités de la guerre, le discours chinois reste ambigu et contradictoire.
Tout en insistant sur le point clé de « l’intangibilité des frontières », il n’a jamais formellement condamné l’agression russe, comme si, solidaire de V. Poutine, il cautionnait son narratif selon lequel la responsabilité de la guerre incombait seulement à l’OTAN et non pas à la Russie qui détruit l’Ukraine au lance-roquettes multiples et aux drones tueurs.
Il est exact que depuis 1964, après les tensions des guerres franco-chinoises à propos de l’Indochine française, puis les insistants soutiens de Pékin au FLN algérien [3], et dix ans après la guerre de Corée quand le Bataillon français affrontait les Volontaires chinois, les relations de la Chine avec la France et l’Europe ont donné lieu à de riches coopérations y compris à l’international, il est vrai avec quelques réserves (lire : Chine – France. Les non-dits de la coopération franco-chinoise en pays tiers).
Les fleurons de la coopération Chine-France-Europe sont connus.
Ils concernent l’aéronautique, le nucléaire civil, l’industrie du luxe, l’agro-alimentaire, et la culture.
La vérité est cependant que la Chine en a tiré de grands profits en obligeant ses partenaires français et européens des co-entreprises à des transferts de technologies en échange de l’accès à son marché. En aéronautique par exemple, depuis le début des années 2000, citée par Alain Juillet, ancien de la DGSE et ancien Haut responsable de l’intelligence économique, l’information délétère circulait selon laquelle un Airbus A 320 acheté par la Chine n’avait jamais volé.
N’ayant jamais été enregistré, il avait disparu. Le but ? Le désosser entièrement pour le copier pièce par pièce et construire le C 919 à l’identique. Lire : L’histoire incroyable mais vraie de l’Airbus A320 disparu en Chine !.
L’appareil, bimoteur monocouloir moyen-courrier, mais pas encore certifié par l’Agence Européenne de la sécurité aérienne (AESA) est devenu un sérieux concurrent de l’Airbus sur le marché chinois où l’explosion du trafic aérien intérieur a fait qu’en 2025, il a été l’objet de 25% des commandes mondiales d’avions moyen-courrier [4]. Son principal atout comparatif est son prix : alors qu’un A.320 néo coûte 111 millions de $, le C.919 est vendu 99 millions de $, parfois avec des remises agressives de 50%.
Dans le secteur du nucléaire civil, les réacteurs chinois Hualong 1, M.310, EPR, ACP 1000, CAP 1400, issus des coopérations avec le Français Framatome EDF, l’Américain Westinghouse, les filières canadienne et soviétique puis russe, ont aujourd’hui produit des équipements sinisés, capables de concurrencer à moindre coup les centrales françaises sur le marché international.
(Lire : Coopération nucléaire franco-chinoise : une page se tourne) et Le nucléaire civil en Chine par Mathilde Tessonnier « Le nucléaire civil en Chine, Groupe d’études géopolitiques, septembre 2021.)
Par ailleurs, après la reconnaissance de la Chine par Charles De Gaulle en 1964, les relations géopolitiques sont très loin d’avoir toujours été sereines. Au bilan, la vérité est qu’elles ont plus souvent été heurtées que paisibles et confiantes.
Lors de la reconnaissance, Pékin avait fait le geste politique de libérer le Franco-Chinois, Jean Pasqualini, décédé en 1997 à l’âge de 71 ans. Prisonnier du goulag chinois de 1957 à 1964, né d’un père corse et d’une mère chinoise, il avait écrit, d’abord en Anglais avec le journaliste américain Rudolph Chelminski diplômé de Harvard et de Sciences Po Paris, « Prisonner of Mao ». Publié à New-York en 1973, il a été traduit en Français par Gallimard en 1974.
Au passage, lors de sa parution en France l’ouvrage de M. Pasqualini suscita la controverse parmi de nombreux partisans français de la révolution chinoise. Nourrissant les insistants malentendus de la relation franco-chinoise toujours à l’œuvre neuf années après la « reconnaissance » gaullienne, ils refusaient de croire que la Chine de leurs utopies, qui n’aurait été peuplée que de paysans et d’ouvriers heureux, pût receler une face aussi sombre.
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Une succession de tensions.
Un exemple des tensions qui après 1964, n’ont cessé de perturber l’harmonie franco-chinoise. Le 7 avril 2008, à Paris un manifestant brandissant le drapeau tibétain venu perturber le trajet de la flamme olympique est maitrisé par la police. Pour Pékin les incidents déclenchés au printemps 2008 en faveur du Tibet, sur le passage de la flamme qui eurent aussi lieu lors de l’allumage de la torche à Olympie, à son passage à Londres et à San Francisco, chaque fois dans des pays occidentaux, furent une double offense.
Ils portèrent ombrage à l’expression de puissance et d’efficacité organisatrice de l’Appareil chinois ayant accueilli les JO avec un faste cautionné sans réserve par la fierté populaire ; ils heurtèrent de plein fouet l’implacable sentiment souveraineté chinoise sur le Tibet où le Dalai Lama est considéré par le Parti un dangereux séparatiste. La rancœur chinoise fut aggravée par la rencontre de Nicolas Sarkozy avec le Dalai Lama à Gdansk le 6 décembre suivant.
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Deux années à peine après la reconnaissance de 1964, la révolution culturelle lancée par Mao en 1966 (voir « Renverser ciel et terre » Une plongée saisissante dans la tragédie de la révolution culturelle) vint ternir le mythe d’une relation privilégiée.
Dans son livre « De Gaulle et la Chine » cité plus haut, Bernard Krouck raconte la violente dégradation de la relation bilatérale ponctuée par des menaces directes contre les enseignants français.
En même temps, des gardes rouges manifestèrent durant cinq jours devant l’ambassade de France en Chine. Proférant des insultes contre Charles De Gaulle traité de « Tête de chien », à l’heure de graves tensions entre Moscou et Pékin, ils réagissaient à la répression de la police française contre les étudiants chinois qui, le 27 janvier 1967, protestaient à Paris devant l’ambassade d’URSS pour dénoncer la violence de la police soviétique à l’égard des étudiants chinois sur la Place rouge à Moscou.
Par la suite l’harmonie franco-chinoise fut encore perturbée par plusieurs crises majeures.
Après le massacre de Tian An Men du 4 juin 1989 et les initiatives de Bruxelles d’infliger à la Chine un embargo sur les achats d’armes européennes toujours en vigueur, la relation franco-chinoise a subi une secousse majeure quand, entre 1991 et 1994, Paris a, sous l’influence de Washington, décidé de vendre à Taïwan six Frégates Lafayette et 60 chasseurs de combat Mirage-5 (à ce sujet lire notre rappel de la secousse trente ans après : A propos de Taïwan, 30 ans après la vente des Mirage et des frégates La Fayette, retour des tensions franco-chinoises).
Pékin qui considérait que la décision trahissait la reconnaissance de la Chine par Charles de Gaulle en 1964, a réagi avec violence, privant les diplomates et agents de la coopération française de tout contact avec leurs homologues chinois.
A côté de la sanction symbolique de l’injonction de fermer le consulat de Canton ouvert seulement deux années plus tôt, Pékin annula plus de 5 milliards de $ de contrats avec la France. Le chantier du métro de Canton fut confié au Canadien Bombardier et les projets franco-chinois de 3 centrales nucléaires au Henan, au Hunan et au Hubei annulés. De même, la construction de plusieurs centrales hydroélectriques au Guangxi fut confiée à des groupes chinois.
La relation fut rétablie en 1994, après que Jacques Friedman, inspecteur des finances, énarque, ancien PDG d’Air France, proche d’Édouard Balladur, vint à Pékin promettre à la Chine que Paris ne vendrait plus jamais d’armes à Taiwan [5].
Il a cependant fallu attendre 1997, année de l’établissement d’un « dialogue stratégique global » franco-chinois comprenant le renforcement à la fois des échanges diplomatiques économiques et culturels, pour que la relation soit remise sur les rails.
En 2004, le Président Hu Jintao se rendit à Paris à l’invitation de Jacques Chirac, pour célébrer le quarantième anniversaire de la reconnaissance de la Chine par le Général De Gaulle. Mais à peine quatre ans plus tard, la relation s’est à nouveau aigrie le 7 avril 2008, à l’occasion du passage à Paris de la flamme olympique des JO de Pékin.
Dans la foulée des émeutes à Lhassa du mois de mars qui firent des centaines de morts (lire : Emeutes au Tibet), à Paris, des centaines de manifestants pro-Tibet et des militants de Reporters Sans Frontières avaient perturbé le parcours de la flamme.
En réponse, Pékin qui avait critiqué la faible réaction de la police française avait ordonné à la délégation chinoise en France de boycotter la cérémonie prévue à l’Hôtel de Ville. Le 26 mars 29 intellectuels chinois signaient une pétition en douze points en faveur du Tibet, qui n’eut qu’un effet limité sur le pouvoir. Lire : Emeutes au Tibet : Des intellectuels chinois réagissent.
Aggravant la dégradation de la relation avec Pekin pour qui le chef religieux tibétain n’est qu’un dangereux séparatiste, la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama, le 6 décembre suivant, à Gdańsk en Pologne, lors de la cérémonie du 25e anniversaire du prix Nobel de la Paix de Lech Walesa, provoqua le gel des relations officielles jusqu’en 2011, en même temps que la suspension des relations de haut niveau et la mise à l’arrêt des coopérations économiques et culturelles.
Depuis cette date, les tensions entre Paris et Pékin sont parallèles aux aigreurs de la relation sino-européenne et sino-américaine, marquées par un déficit commercial abyssal (47 milliards pour la France et 300 milliards pour l’UE), la question des droits humains, plus particulièrement celle du traitement réservé par la Chine aux Ouïghour dans la province du Xinjiang, les menaces militaires contre Taïwan et les revendications par Pékin de la souveraineté sur 80% de la mer de Chine du sud.
Une bascule stratégique anti-occidentale opposée aux valeurs du droit.
L’incomparable puissance d’exportation chinoise source de formidables excédents commerciaux à 993 milliards de $ en 2024, en hausse annuelle de +16%, s’appuie sur un appareil productif en pleine modernisation. Intégrant l’Intelligence Artificielle dans les lignes de production, les chaînes d’approvisionnement et les processus de R&D, la Chine vise ainsi à créer une nouvelle génération d’usines intelligentes, principaux outils de sa montée en gamme qualitative. La performance invasive devenue une menace directe pour le tissu industriel européen est un défi existentiel pour Bruxelles qui réagît mal et trop lentement.
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Depuis l’arrivée de Xi Jinping à la tête de l’Appareil à l’automne 2012, la Chine, alliée (« sans limites ») de la Russie, compagnon historique de la Corée du Nord, rapprochée de l’Iran, très active sur tous les théâtres du Sud global, en Amérique Latine, en Afrique, en Océanie et en Asie du Sud-est, emprunte une trajectoire stratégique ouvertement anti-occidentale et anti-démocratique dont le but est de remodeler le monde avec Vladimir Poutine hors des traces occidentales qui règlent la marche du monde depuis 1945.
Le cheminement stratégique basculant violemment à contre-courant du pragmatisme de Deng Xiaoping et de l’espoir nourri par les Occidentaux des années quatre-vingt-dix d’un ajustement plus libéral du système politique de la Chine à mesure de son développement, s’inscrit dans la logique de la pensée de l’actuel nº1 chinois et du Parti.
En arrivant au pouvoir en 2012, un des premiers actes de Xi Jinping fut en effet de promulguer la Directive secrète n°9 qui énonçait, à l’intention de l’Appareil, les « sept sujets interdits 七个 不要讲 – qi ge bu yao jiang ».
Formant l’arrière-plan doctrinal confidentiel des « caractéristiques chinoises » officiellement inscrites dans le corpus idéologique du parti lors du 19e Congrès à l’automne 2017, « les sept interdits » concernent « les valeurs universelles », « la liberté de la presse », « la société civile », « les droits civiques », « l’indépendance de la justice », « les erreurs historiques du Parti » et ses actuelles « connivences avec le capitalisme. »
C’est donc logiquement que, le 26 mars 2019, Emmanuel Macron qui recevait le Président chinois à l’Élysée en compagnie de la Chancelière Angela Merkel et du Président de la Commission européenne J.C. Junker, qualifia, à la suite de Bruxelles, la Chine de « rival systémique ».
Aujourd’hui, soixante-et-un an après la reconnaissance, le rapport de puissance s’est inversé. L’avance industrielle et technologique de la Chine est telle que, sur nombre de domaines, les Européens envisagent que, dans les co-entreprises, le transfert de technologies et de savoir-faire devrait désormais se faire des Chinois vers leurs partenaires.
Le réveil est brutal. Comme le montre la tendance de Pékin à tirer parti de ses atouts notamment celui des terres rares pour exercer des pressions en riposte à celles de la Maison Blanche, les stratégies chinoises de Paris et de l’Europe dont D. Trump vient de souligner les faiblesses culturelles, politiques et identitaires, s’annoncent acrobatiques, dans un monde où la puissance économique et industrielle est devenue un argument essentiel sans lequel la parole ne porte plus.
Pour la « Vieille Europe » et pour la France, l’heure des relations privilégiées ou même celle d’une voie alternative à l’Amérique sont révolues.
Le défi posé par la Chine est existentiel.
Comme le souligne Francois Danjou (Au milieu des tensions, une irrésistible modernisation à marche forcée tous azimuts), « L’image est celle d’une préoccupante submersion par un rouleau compresseur à la fois quantitatif et de plus en plus qualitatif. Elle renvoie aux commentaires de Louis Gallois le 3 décembre dernier à RFI à l’occasion du voyage en Chine du Chef de l’État, “la Chine peut être un bulldozer qui écrase tout sur son passage” ».
Déjà aujourd’hui, avec 30% de la production mondiale, l’énergie invasive (et à ses heures, coercitive) de la puissance industrielle chinoise – à qualité au moins égale, moins chère et plus rapide -, porte en elle la capacité de détruire tout le tissu industriel européen déjà très anémié.
A ce rythme échevelé de croissance productive, en 2050, la part chinoise de la production mondiale atteindra 43% portant l’image à venir d’une irrésistible et toute puissante suprématie.
Sauf à disparaitre complètement, le tissu industriel européen doit se rendre à l’évidence, l’heure du libre-échange vertueux sans frontières est passée. L’urgence est désormais de se protéger et de le faire plus vite et plus efficacement que ne le fait Bruxelles.
Note(s) :
[1] Il n’est pas exact que Paris aurait été le premier pays occidental à reconnaitre la République Populaire de Chine. Logiquement la France a été devancée par la Grande Bretagne qui, avec sa colonie de Hong-Kong, avait un pied sur le Continent chinois.
Complément de Gérald Béroud (SinOptic) : Les premiers à reconnaitre la République Populaire de Chine furent en janvier 1950, la Grande-Bretagne, la Norvège, le Danemark, la Finlande, la Suède et la Suisse ; en novembre 1954, les Pays-Bas.
[2] voir notre article : [La difficile acrobatie du grand écart chinois.)>4137 ?artpage=2-2]).
« Alors que la Direction chinoise la nie catégoriquement, pour la Maison Blanche, l’aide chinoise à l’agression contre l’Ukraine est substantielle par le soutien à l’industrie russe sous la forme de machines-outils, de moteurs de drones, de turboréacteurs et de microélectronique exportés directement ou par le biais d’un pays tiers. » (…)
« L’aide chinoise prend aussi la forme d’achat d’hydrocarbures en réalité une bonne aubaine pour Pékin qui stocke à moindre prix, les réserves de pétrole importées par une flotte de “tankers fantômes” armés par Moscou. »
[3] De 1949 à 1954, au Vietnam, les tensions aux frontières chinoises créèrent une situation conflictuelle entre la nouvelle République chinoise qui soutenait Ho Chi Minh et la France coloniale. En même temps durant la guerre de Corée (1950-1953), Paris et Pekin étaient dans des camps opposés.
Les batailles perdues de Cao Bang et de la RC4, faisaient suite à la guerre franco-chinoise (1884-1885) et au traité de Tianjin qui officialisait le protectorat français sur l’Annam et le Tonkin. Au passage la destruction par l’Amiral Courbet de la flotte chinoise lors de la bataille de Fuzhou en août 1884, se doubla au même moment de son cuisant échec face à Taïwan.
C’est d’ailleurs dans les parages de l’Île qu’à l’époque on appelait Formose, qu’il trouva la mort, emporté par le choléra le 11 juin 1885, près de l’archipel des Pescadores. Lire : Il y a 140 ans, les déboires de l’amiral Courbet à Keelong – Jilong -, sont une leçon de choses répulsive pour dissuader une invasion chinoise de Taiwan.
[4] La percée commerciale du C.919 est réelle. Mais son impact à moyen terme doit être nuancé. Même si lors de la visite du Président français, les rumeurs d’une commande de 300 à 500 Airbus n’a pas été confirmée, elle a tout de même donné lieu à une autorisation de livraison de 120 appareils déjà commandés.
[5] Au passage, signe que la Chine considère d’abord la puissance et les rapports de force, on notera que les États-Unis qui n’ont reconnu la République Populaire qu’en 1979, ne sont pas logés à la même enseigne sévèrement sourcilleuse de Pékin.
Ils continuent à vendre des armes à Taïwan, tout en conduisant avec la Chine des négociations stratégiques au plus haut niveau des deux Présidents.
Le dernier contrat d’armes américaines à Taïwan date de novembre 2025, pour des composants et pièces de rechange d’avions F-16, d’une valeur de 330 millions de dollars. Il marque une reprise des approbations par le Congrès après une pause début 2025.
Au total depuis 2021, les États-Unis ont vendu près de 5 milliards de dollars d’armement à Taïwan, confirmant leur soutien continu à la défense de l’île face aux pressions chinoises.
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