Your browser does not support JavaScript!

Repérer l'essentiel de l'information • Chercher le sens de l'événement • Comprendre l'évolution de la Chine

›› Editorial

Les grandes inquiétudes des grandes puissances

Entre rivalités meurtrières et apaisement.

Il y a, pour simplifier, deux manières de considérer cette gigantesque controverse qui porte d’abord sur l’extravagante revendication chinoise de la totalité de la Mer de Chine du Sud, vaste comme la Méditerranée et bordée par une série de pays, ayant eux-mêmes des prétentions sur des zones déjà investies par Pékin.

Le premier type de décryptage est de l’ordre du pessimisme linéaire. Il interprète le futur en extrapolant les grignotages passés, les rodomontades et les échauffourées présentes, comme un processus inéluctable d’affirmation de puissance qui aboutira sans coup férir à la transformation de la Mer de Chine du Sud en mer intérieure chinoise. Une variante de cette vision est le conflit direct entre l’APL et les armées américaines, que certains jugent inexorable.

L’autre analyse, qui ne nie pas les risques d’accrochages et d’incidents, au demeurant déjà très fréquents, fouille la psychologie des acteurs, relève les contradictions entre les faits, les discours et les postures, explore les inquiétudes qui affleurent, tient compte des tentatives de conciliation et examine les forces et les faiblesses des acteurs en présence.

Si l’on veut bien accepter le fait que la dissuasion nucléaire, panoplie apocalyptique partagée par les deux protagonistes, garde la capacité d’éloigner par la terreur un conflit central, dont ni la Maison Blanche ni Zhongnanhai ne veulent envisager le spectre ; et si, par ailleurs, on observe que la Commission Militaire Centrale et le Pentagone, roulent depuis 1995 le rocher de Sisyphe de leur improbable coopération militaire, on doit aussi accepter l’idée que la situation n’est pas celle d’une aggravation linéaire.

Elle serait plutôt celle d’une crise cyclique vieille de plus de 60 ans, périodiquement secouée par des accrochages et des incidents qui renvoient à des modes de pensée d’un autre âge du Parti Communiste, que même les chercheurs chinois remettent en question.

Le tout marqué par la multiplicité des acteurs, dont certains se cabrent contre Pékin, alors que les intentions et les raidissements chinois se nourrissent à la fois des réminiscences impériales sans référence juridique solide, et de la colère irrépressible contre la flotte américaine omniprésente dans la zone où monte, de part et d’autre, la crainte d’un dérapage militaire irrémédiable.


• Commenter cet article

Modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

• À lire dans la même rubrique

A Pékin, Xi Jinping impérial accueille avec placidité les vanités et la quête d’amitié de D.Trump

En Chine, Cheng Li-wun, accuse Lai Qing De de fomenter la guerre et célèbre la paix « d’Une seule Chine » prônée par Xi Jinping

La diplomatie de conciliation des contraires à l’épreuve de la guerre en Iran

Chine – Iran. Contre l’Occident, l’alliance de l’agnostique et du martyr

Le durcissement anti-occidental et les risques du Cheval de Feu