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›› Editorial

Les grandes inquiétudes des grandes puissances

La chance manquée de l’Union Européenne.

Mais le pire n’est jamais sûr. Il est d’abord tenu à distance par la terreur atomique qui rappelle aux hommes la fureur dévastatrice et irrationnelle des guerres. Tandis que, dans cet étalage de force brute, la sagesse n’est pas complètement absente. A propos de la Mer de Chine, nombre d’experts chinois mesurent bien les risques des raidissements de Pékin face aux états de l’ASEAN qui se cabrent avec le soutien de l’US Navy. Depuis quelque temps, ils conseillent à Pékin d’assouplir sa position.

Sur la question de Taïwan, Pékin a mis en veilleuse ses menaces militaires directes et Washington qui pousse le Pentagone à nouer des liens avec l’APL, entretient une ambiguïté stratégique qui le conduit d’une part à garantir la pérennité du Taïwan Relation Act et à vendre des armes à l’Ile, et, d’autre part, à se replacer du côté de Pékin quand les Taïwanais tentent de faire évoluer le statu quo dans le sens de l’indépendance, irréfutable casus belli pour le Parti Communiste chinois.

L’avenir dira si les risques économiques et financiers qui plombent la course aux armements et, surtout, si la sagesse des hommes triomphant des passions, donneront aux situations dangereusement conflictuelles le temps de s’apaiser. Ou si la logique des postures qui accompagnent les émotions nationalistes, les rivalités de puissance et les conflits d’intérêt précipiteront la région dans des conflits aux conséquences catastrophiques.

Dans ce duel obstiné où la marge de manœuvre est étroite, et où les passions brouillent la raison, on voit bien qu’il manque un arbitre. Si l’Europe avait respecté ses propres règles budgétaires et évité de sous-traiter sa défense aux Etats-Unis et à l’OTAN, elle, dont l’histoire fut traversée par des épisodes passionnels suicidaires, aurait eu suffisamment d’entregent stratégique pour jouer ce rôle, dans un contexte régional qui rappelle les rivalités nationalistes de l’Europe du XIXe siècle.

Après tout, si on y ajoute les questions du Pakistan et de la Corée du Nord, où Pékin et Washington ne sont pas ennemis mais seulement des partenaires ombrageux et méfiants, les controverses en cours renvoient à quelques uns des défis majeurs des temps modernes qui sont la prolifération nucléaire des états faillis, l’inviolabilité des frontières, la liberté de navigation en haute mer, et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Autant de sujets, dont il est bien dommage que la Vieille Europe soit tenue à l’écart.


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