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›› Editorial

Que sera le « Dragon » ?

Vents contraires économiques, purges successives de haut niveau, mécontentements sociaux, chômage des jeunes, événements météorologiques extrêmes et durcissement de l’environnement géopolitique. A bien des égards l’année du Lapin n’a pas été facile pour la Chine. Comment sera celle du Dragon qui s’est ouverte le 10 février ?

Signe auspicieux dans la culture populaire au point que toutes les douze années du signe, le nombre des naissances augmente [1], le Dragon de bois 2024 ne fait pas exception. Il prédit une année prospère stimulant en autres les vertus de l’autorité, la prospérité et la bonne fortune, l’amélioration et l’abondance.

Mais pour nombre d’analystes les perspectives ne sont pas tout à fait à la hauteur du zodiaque. Alors que l’acuité des défis ne faiblit pas, dans les domaines économique, et socio-politique, ainsi que dans ceux de l’environnement et de la politique étrangère, l’équipe du Centre d’analyse de la Chine de l’Asia Society Policy prévoit une nouvelle année difficile.

Le ralentissement structurel de la croissance économique tombée de +15% en 1984 à +3% en 2022 à la suite du freinage dû à l’épidémie de COVID-19, pour rebondir à +5,3% en 2023, avec l’objectif fixé par le PM Li Qiang à +5% en 2024, un chômage élevé des jeunes dont les statistiques sont aujourd’hui occultées (lire : Chômage des jeunes, un explosif politique à court retard), la stagnation des salaires et la chute de l’élan d’investissement de la classe moyenne tétanisée par la crise immobilière, font partie d’un ensemble de facteurs qui génèrent désormais le mécontentement populaire en Chine – et pourraient miner la stabilité sociale et politique.

Alors que les PME sont les plus touchées, le pays a non seulement commencé à souffrir des relocalisations vers des pays où les salaires horaires sont plus faibles, mais également du ralentissement des investissements directs étrangers (IDE) dont, au 4e trimestre 2023, la balance avec les capitaux sortants a pour la première fois en un quart de siècle été déficitaire de 11,8 milliards de $ (source banque mondiale).

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L’optimisme de la croissance s’est évanoui.

Le fond de tableau préoccupant pour l’appareil reste la chute de la confiance qui handicape à la fois l’investissement privé intérieur comme extérieur et la consommation.

Son premier symptôme est la baisse des prix observée en janvier à un niveau record depuis 2009. Signe que l’économie tarde à se redresser, selon une dépêche de Reuters du 8 février, à la fin janvier 2024, l’évolution de l’indice des prix à la consommation qui était de +5% en 2020, était tombé à moins 0,8% (Reuters).

Paradoxalement, le recul est en partie le résultat de la drastique remise en ordre du secteur financier et du marché de la construction décidée par Xi Jinping en 2020 avec « Trois ligne rouges » imposées aux préteurs institutionnels : 1) A l’exception des contrats déjà conclus - maintenir le passif à moins de 70% des actifs ; 2) Garder la dette à moins de 100% des capitaux propres ; 3) Disposer de réserves au minimum égales au total de la dette à court terme.

Alors que les difficultés économiques persistent, créant une pression qui ne faiblit pas, en interne, venant du Comité Central, le Président Xi Jinping lui-même est soumis aux exigences de l’appareil réclamant une réponse sociale pour pallier les inquiétudes générées par le freinage économique et le marasme spectaculaire de l’immobilier.

Assez peu documentée par les médias internationaux, la première conséquence des angoisses publiques générées par le brutal freinage de l’économie fut la multiplication des mouvements sociaux.

Selon le FMI, entre juin 2022 et juin 2023, le pays a connu 2153 manifestations protestant contre la perte de pouvoir d’achat, la hausse des prix de l’immobilier ou les déboires liés à l’effondrement d’un promoteur ayant englouti l’épargne des ménages.

Un des spasmes sociaux les plus spectaculaires, symbole d’une perte de confiance transcendant la censure, a eu lieu en novembre 2022, quand, au moment de la sortie brutale des confinements Covid-19, de jeunes étudiants rassemblés pacifiquement avaient appelé à la démission de Xi Jinping – 习近平下台- (lire : Covid-19 : Après les échauffourées contestataires, prudence de l’appareil et signes de retour au pragmatisme).

Brutalité du parti, sécurité nationale et scepticisme de l’opinion.

La probabilité pour que les sources de la défiance et du mécontentement public se résorbent en 2024 est faible. Le potentiel existe au contraire pour qu’un événement de portée nationale comme récemment le décès de Li Keqiang (lire : Décès de Li Keqiang. Disparition d’un réformateur compètent et discret, marginalisé par Xi Jinping) catalyse la défiance et provoque des manifestations plus vastes.

L‘appareil tentera de les juguler en évitant les heurts brutaux avec la foule grâce au concours des cameras à reconnaissance faciale permettant de cibler directement les meneurs répertoriés dans les fichiers numérisés de la police.

Il n’empêche que l’érosion notable et accélérée de la confiance restera l’arrière-plan de la situation politique intérieure pesant sur les relations entre la société et les pouvoirs qu’ils soient à Pékin ou dans les provinces. Plus largement, il est probable que l’ébranlement du contrat entre le peuple et le pouvoir datant de la fin des années quatre-vingt, impactera le rythme et la qualité de la modernisation du pays.

Un autre point à surveiller est la dette des gouvernements locaux dans un contexte général où en 2023, selon le magazine chinois Caixin, le rapport de la dette au PIB était de 287,8%, en hausse de 13,5% depuis 2022. Alors que les revenus des gouvernements locaux impactés par la crise de l’immobilier ont brutalement baissé, les administrations des provinces ont du mal à honorer leurs factures et à rembourser leurs emprunts.

En 2023, le Parti a proposé un ensemble de mesures visant à réduire les risques liés à la faillite des collectivités locales, ainsi qu’un mécanisme à long terme de rachat des dettes. Une partie des mesures prises sont d’ordre disciplinaire sous la responsabilité de Commission centrale de contrôle de la discipline (CCDI) du Parti et du Bureau national d’audit du Conseil d’État.

Mais les sanctions infligées aux administrations ne sont pas de nature à résoudre la déshérence financière des administrations provinciales dont les causes structurelles réclament des réformes de fond et notamment la fin de leur dépendance à l’immobilier et au foncier.

Pour l’instant, face à l’accumulation des dettes évaluées à 12 000 milliards de $, la seule décision prise en octobre 2023 par les pouvoirs publics a été d’ordonner aux banques de transgresser les « lignes rouges » qu’ils ont eux-mêmes tracées et de reconduire leurs prêts, même aux insolvables.

Il est donc probable qu’en 2024, Pékin continuera à faire peser une forte pression disciplinaire sur les dirigeants provinciaux responsables d’avoir gonflé la dette locale.

Dans ce contexte politique brutal, où la répression remplace les réformes, la probabilité est forte que le Parti procède à des « purges » politiques visant les provinces les plus déshéritées, notamment au Nord-est et au Sud-ouest.

Il en résultera une exigence de frugalité qui pourrait peser sur la qualité des services publics notamment dans les transports et la santé, avec de possibles retours de flamme sociaux et, en tous cas, un effet de grippage de l’élan réformiste.

Ce dernier pourrait également être handicapé par la priorité absolue accordée par l’appareil à la sécurité nationale devenue l’incontestable ADN de la pensée de Xi Jinping à l’intérieur comme à l’extérieur, même s’il est probable que pour tenir compte des critiques d’excessive centralisation, il sera lui-même porté à plus déléguer la conduite intérieure de la Chine à ses hommes de confiance du Bureau Politique (lire : Membres du 20e Bureau politique).

En 2024, l’angle de vue sécuritaire tenant la population sous surveillance restera déterminant. Politiquement, à l’intérieur, la priorité restera à l’élimination des risques nationaux, tels que ceux liés au marché immobilier, aux désordres du système financier et aux questions sociales.

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Le révisionnisme anti-occidental sino-russe.

Tout en acceptant la baisse inéluctable de la croissance, l’appareil contrôlera sévèrement l’ouverture vers l’Occident, privilégiant les secteurs nécessaires à ses efforts d’innovation (espace, microprocesseurs, robots humanoïdes) tout en s’efforçant d’atténuer les déficits d’image affectant ses relations avec l’Europe.

(lire : Modernisation de l’industrie lourde, « Chine 2025 » et transferts de technologies & Projets spatiaux chinois et rupture de la coopération avec l’Occident)

Rapproché de la Russie [2], Pékin continuera à courtiser le « Sud-global » en Afrique, en Amérique du sud et dans le sud-est asiatique [3]. Tirant profit des points d’appui des étapes des « nouvelles routes de la soie » pour défier l’influence de l’Occident et des États-Unis, et songeant à Taïwan, la Chine continuera à dénier à l’Amérique et à l’Occident « le droit de se mêler de ses affaires internes ».

Avec Washington, en dépit de la récente baisse des tensions, les contentieux resteront vifs, épisodiquement atténués par des rencontres à venir autour des risques stratégiques de l’Intelligence Artificielle mal régulée et de ceux posés par l’acuité de la question climatique dont, au passage, Pékin pourrait faire une de ses priorités en 2024, après une période de silence sur la question. Lire : A Dubaï, la Chine championne des renouvelables et du charbon.

Plus généralement, le fait est que pour Pékin, le cœur de sa stratégie internationale restera sa rivalité conflictuelle avec Washington.

Même si les deux ont clairement pris conscience de l’exigence d’éviter que la compétition ne dérape vers un engrenage dangereux, pour l’instant, compte-tenu du niveau de défiance bilatérale, aucun des deux exécutifs ne parait en mesure d’imposer à son opinion publique la moindre concession sur ce que chacun considère comme ses « intérêts de sécurité nationale. »

Risques de dérapage et persistance des tensions.

Alors que la plupart des Chinois estiment toujours que le développement et l’avenir économique du pays dépendent encore largement des bonnes relations avec les États-Unis et l’Occident, les contentieux demeurent sur fond de défiance.

Dans un article de Brookings du 12 janvier, Patricia Kim membre du centre chinois John L. Thornton du Centre d’Études d’Asie de l’Est rappelait qu’en Chine l’opinion prévalait toujours que le désir de puissance sans partage de l’Amérique restait le principal obstacle au développement du pays.

Parallèlement, aux États-Unis, on considérait également que la Chine était une « menace systémique » pouvant mettre fin à la domination globale de l’Amérique. Avec la Russie, elle était aussi une force de contestation révisionniste de l’ordre mondial de l’après-guerre.

Graham Allison auteur en 2017 de « Destined for war » est inquiet d’une montée aux extrêmes apocalyptique (lire : Du « Devisement du Monde » au « piège de Thucydide » et Chine – États-Unis. Une collision annoncée. Vraiment ?).

Il rappelle la « réalité brute [attestée par tous les organismes de sécurité américains depuis le Pentagone à la CIA en passant par la NSA] : la Chine est l’une des deux seules nations au monde à disposer d’arsenaux nucléaires constituant une véritable menace « existentielles » », c’est-à-dire pouvant remettre en cause la survie des États-Unis.

Une nouvelle fois, il en conclut à l’urgence de composer avec la Chine. « Comme nous l’a enseigné Reagan, cette situation aussi inconfortable soit-elle, crée un impératif commun primordial pour les dirigeants des deux pays d’éviter une guerre nucléaire, dont leurs pays seraient les premières victimes. »

Depuis le sommet de San Francisco (lire : APEC : Xi Jinping – Joe Biden, spectaculaire mise en scène d’une volonté partagée d’apaisement, Washington et Pékin sont sur cette ligne intégrant le risque d’engrenage.

Le « Détroit », un explosif très sensible.

Mais force est de constater que sur la question « existentielle » de Taïwan, les feux sont toujours au rouge. Récemment Joe Biden a pourtant fait un geste d’apaisement adressé à Pékin et à Taipei en rappelant l’ancienne opposition de Washington à l’indépendance de l’Île.

Le 13 janvier, après la victoire de Lai Qing De à la présidentielle taïwanaise (lire : Présidentielles. Victoire de Lai Qing De ; net recul législatif du Min Jin Dang. Souple et pragmatique, Ko Wen-je renforce sa position d’arbitre), Biden a réaffirmé la position de Washington datant de la très clivante politique volontariste des « Deux États » du Président Chen Shui-bian (2000-2008) [4] : la Maison Blanche était opposée à une déclaration unilatérale d’indépendance de l’Île.

En même temps, elle avait prévenu que la promesse de soutien en vertu du « Taiwan Relation Act » ne vaudrait que si l’Île était attaquée par le Continent sans déclaration d’indépendance. Enfin, la vérité oblige à dire que l’apaisement n’aura aucune chance de prendre corps tant que Pékin n’abandonnera pas ses menaces militaires récurrentes.

L’ancien président Ma Ying-jeou a récemment insisté sur ce point.

Répondant le 1er décembre à une interview de Deutsche Welle, il a d’abord longuement critiqué ce qu’il estime être la vaine et dangereuse intention de rupture avec le Continent de Lai Qing De et Tsai Ing-wen.

Puis, avant de conclure (voir la vidéo à 33’), il a, cautionnant la vision du journaliste Richard Walker, rappelé que, si Pékin voulait que la population de l’Île change son appréciation du Continent, le minimum serait de renoncer à l’usage de la force et d’envisager une réunification pacifique négociée.

La concession serait d’autant plus logique que Taïwan et Washington avaient eux-mêmes fait le geste de promouvoir le statuquo (Ni indépendance, Ni réunification, Ni usage de la force).

Alors que l’Île est devenue démocratique, ayant même trois fois de suite (2016, 2020 et 2024) voté en faveur du Parti pour le progrès démocratique 民主進步當, le glissement d’apaisement suggéré par Ma Ying-jeou est pour l’instant hors de portée du Parti Communiste chinois dont le logiciel stratégique est resté bloqué à l‘esprit de la guerre civile et à 1949.

Note(s) :

[1C’est en tous cas statistiquement vrai pour les deux dernières années du Dragon. En 2000 et 2012, le nombre de naissances a respectivement augmenté de 289 224 par rapport à 2009 et de 935 854 par rapport à 2011.

[2Le 8 février, lors d’un échange téléphonique Xi Jinping et V. Poutine ont promis d’approfondir leurs relations grâce à une « coordination stratégique resserrée » avec les objectifs communs : 1) De garantir la stabilité des chaînes de production et 2) De protéger leur souveraineté en tenant à distance les « forces extérieures » interférant dans leurs affaires internes.

Vus de la très pragmatique estrade chinoise, les sujets évoquent plus précisément 1) les embargos infligés par Washington à Pékin dans le domaine des hautes technologies (lire Guerre froide sino-américaine. Pékin riposte aux embargos de Washington en interdisant le géant MICRON) et 2) la question de Taïwan.

Observée avec vigilance par Pékin, la situation dans le Détroit est à la fois marquée par l’augmentation des pressions militaires chinoises et le resserrement des liens de l’Île avec Washington que Pékin considère comme le viol flagrant des « Trois communiqués » (lire le § « Les Trois Communiqués » de notre article Les nouvelles eaux mal balisées de la question de Taïwan).

A la fin 2023, la proximité entre Taipei et Washington s’est matérialisée par la promulgation présidentielle du National Defense Authorization Act pour l’année fiscale 2024 qui prévoit explicitement des programmes d’entraînement, de conseil et de renforcement des capacités de défense et de cybersécurité l’Île.

[3En dépit de quelques ratés et d’une très nette tendance à réduire ses engagements financiers le long des Nouvelles routes de la soie (lire Nouvelles routes de la soie. Fragilités et ajustements), et tout en mesurant son aide militaire directe à la Russie, Pékin continuera à tisser avec Moscou une toile anti-occidentale, par le biais de ses points d’appui en Afrique, en Asie du Sud-est et en Amérique Latine.

Avec le concours de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), des BRICS et du Forum de coopération sino-arabe (CASCF), elle continuera à promouvoir son Initiative de sécurité planétaire et son partenariat économique global (RCEP) concurrent de Washington (lire En l’absence de l’Inde, la Chine unique poids lourd du Partenariat Économique Régional).

[4La volonté séparatiste articulée à « deux États » plonge dans la vieille racine indépendantiste promue à la fin des années soixante par Peng Min Min (lire à ce sujet « Le Goût de la liberté », Mémoires d’un indépendantiste formosan).

La tendance a aussi affecté le KMT par la mue politique du Président Lee Teng Hui qui, le 10 juillet 1999, alors qu’il était encore à la tête de l’Ile élu au suffrage universel direct à un tour en 1996, avait frontalement défié Pékin et provoqué l’ébranlement idéologique du KMT en énonçant à rebours de la ligne du Parti «  la politique des deux États ».

En 2000, succédant à Lee Teng Hui, arrivait au pouvoir Chen Shuibian, le premier président de la mouvance de rupture du « Min Jin Dang » qui ne reconnaissait pas le « Consensus de 1992 d’une seule Chine. »

En 2008, après deux mandats heurtés avec Pékin, ayant suscité l’extrême polarisation de la politique taïwanaise, en même temps violemment contesté au sein de son propre camp, condamné en 2009, après la levée de son immunité présidentielle, à la réclusion criminelle à perpétuité pour corruption, Chen Shui-bian, le Président provocateur, laissa la place au soulagement porté par Ma Ying-jeou, symbole de l’apaisement et du rapprochement avec le Continent.

En 2014, pourtant, son élan s’est fracassé contre le mur rebelle du « Mouvement des tournesols » (lire : Taïwan : Craquements politiques dans l’accord cadre. Les stratégies chinoises en question).

Ayant paralysé le Yuan Législatif durant trois semaines, l’effervescence avait exprimé une défiance à la fois à l’égard de Pékin et envers la précipitation du KMT et de Ma Ying-jeou, dont, selon les frondeurs, « l’Accord Cadre » sur les services pavait le chemin d’une « réunification rampante. ».

La séquence Ma Ying-jeou, terminée par la prise en otage du Yuan législatif par la jeunesse rebelle, ouvrit, deux années plus tard, la voie à la triple victoire politique d’affilée du Min Jin Dang (2016, 2020, 2024) dont la prévalence politique à la tête de l’Île n’avait jamais dépassé huit années.

Avec l’émergence plus nuancée du Parti du Peuple taïwanais de Ko Wen-Je qui annonce lui-même « être compatible à la fois avec Pékin et Washington », sous la surface du scrutin du 13 janvier 2024, se dessine peut-être un nouveau paysage politique de l’Île, moins articulé à une opposition binaire et plus propice à l’apaisement.

 

 

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