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›› Chronique

Coup de projecteur sur le futur pouvoir central chinois. 2e Partie

Wang Yang 汪洋. Le libéral prudent et serein.

57 ans, Secrétaire Général du Parti de Canton, membre du Comité Central et du Bureau Politique depuis le 17e Congrès (2007).

Etudes et carrière.

Né en 1955, dans le district de Suzhou, au nord de la province de l’Anhui, à 500 km au Nord-ouest de Shanghai, Wang Yang est l’un des plus jeunes candidats au Comité Permanent du BP. Après être entré au PC à 20 ans, il étudie l’économie et l’administration à l’Ecole Centrale du Parti (1979 – 1980 et 1989 – 1992), puis, par correspondance à l’université des sciences et techniques de Hefei, dont il est diplômé en 1996, à 41ans.

Sa carrière s’est construite par la Ligue de la Jeunesse de l’Anhui, province d’origine de Hu Jintao, où il a notamment servi comme responsable de la propagande, et vice secrétaire général de 1983 à 1984. De 1988 à 1992, il est maire de Tongling à 350 km à l’ouest de Shanghai, sur les rives du Chang Jiang. A la fin de sa magistrature, Il a 37 ans. C’est à ce moment que, lors d’une tournée d’inspection dans la province, Deng Xiao Ping le distingue comme un « talent exceptionnel ». Dès lors sa carrière s’accélère.

De 1992 à 1993, il est le responsable de la Commission du Plan de la province. Un an plus tard, il est vice-gouverneur de l’Anhui, poste qu’il occupe pendant 6 ans, avant de « monter » à Pékin en 1999 pour devenir vice-ministre de la Commission Nationale pour la Réforme et le Développement – il a alors 44 ans -. Il y restera 5 ans, sous les ordres de Bao Kexin et de Ma Kai. Il est ensuite promu secrétaire général adjoint du gouvernement avant d’être nommé à la tête de la municipalité autonome de Chongqing, dont il est le Secrétaire Général du Parti de 2005 à 2007.

Après quoi, au 17e Congrès, il entre au Comité Central et au Bureau Politique. En même temps, il prend la tête de la puissante province de Canton, qui, trois ans après sa prise de fonctions, connaissait en 2010
et 2011 une extrême effervescence ouvrière et sociale. (Lire notre article « Dans la province de Canton, »le printemps des ouvriers a commencé.«  ».

Racines familiales, réseau et convictions politiques.

Wang Yang dont les origines familiales sont modestes a été contraint de commencer à travailler à 17 ans, suite au décès de son père. C’est à la Ligue de la Jeunesse qu’il doit son ascension et notamment à Hu Jintao, lui aussi natif de l’Anhui. A partir de 1992, l’appui de Deng Xiao Ping a stimulé sa promotion vers les plus hautes sphères de la bureaucratie chinoise.

A Canton, Wang Yang s’est forgé une image d’homme politique ouvert, préoccupé du sort des plus défavorisés, et capable de dialogue. Se situant clairement dans la mouvance des réformateurs, il prône le renforcement de l’état de droit, la priorité à la consommation interne et à la montée en gamme qualitative, la promotion de la démocratie interne au Parti, l’élargissement du scope des élections directes, la transparence des médias et le renforcement du rôle des syndicats et leur indépendance.

C’est dans ce contexte qu’il a proposé que la province de Canton soit choisie pour être le laboratoire des réformes politiques du régime, dont il est convaincu, avec quelques autres, comme Li Keqiang ou Wen Jiabao qu’elles sont la condition indispensable à la modification du schéma de développement du pays et à la survie du PC à la tête de la Chine. Dans ses discours, s’il est vrai qu’il recommande aux cadres sous ses ordres à rester loyaux au Parti, il les incite aussi de « dépasser les tabous idéologiques et politiques ».

Au cours d’une réunion avec les cadres de la province, le 25 décembre 2007, il mettait, entre autres, l’accent sur les déséquilibres d’un développement encore marqué par la quantité plutôt que la qualité, un retard dans l’innovation et l’éducation, et de graves fractures sociales entre villes et campagnes. Dans le même temps, il encourageait les expériences démocratiques menées à Shenzhen, sous son contrôle, et avec l’assentiment du Centre, par le SG du Parti, Liu Yupu, dont la pierre angulaire était la construction d’un « état de droit démocratique »民主法制建设 (Minzhufa jianshe).

Après les grèves de mai 2010, il a appelé au renforcement des syndicats dans les entreprises privées. Le 12 juin 2010, dans une vidéoconférence, il a insisté sur le rôle de l’Etat comme médiateur et sur celui des syndicats comme porte parole des intérêts des ouvriers. Enfin, Wang qui a cependant pris soin de protéger ses arrières en évitant la contagion dans la province, s’est récemment distingué par sa manière de gérer la crise de Wukan, en décembre 2011. (Lire nos articles « La démocratie directe et le défi des révoltes paysannes » et « La cinquième modernisation »).

L’avenir dira si la manière de Wang de désamorcer les crises sociales en douceur par la concertation et le dialogue tout en réaffirmant sa loyauté au PCC, sera acceptée par ceux qui, au sein de l’appareil, craignent que trop de concessions sociales ne finissent par affaiblir le Parti et créer une contagion des révoltes à travers toute la Chine, menaçant le Régime. Il est évident qu’un regain d’influence des adeptes de la répression affaiblirait ses chances d’entrer au Comité Permanent, où il pourrait, si il y était admis être en charge de la Commission Centrale de discipline, en remplacement de He Guoqiang.


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