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4e trimestre 2012. Xi Jinping et Li Keqiang à la manœuvre

FINANCES

Il est difficile de se faire une idée exacte de la situation des finances du pays tant les informations sont contradictoires ou imprécises. Alors que la croissance des réserves de change se tasse (3300 Mds de $ en décembre + 10 millions de $ depuis septembre), que le Yuan, qui s’est apprécié de moins de 3% en 2012, a cependant atteint sa plus forte valeur depuis 19 ans - une valeur considérée à l’équilibre avec le Dollar par la Banque Centrale -, que Zhou Xiaochuan, le directeur de la Banque Centrale a réaffirmé la bonne santé du système financier chinois « la nature de nos finances grises est différente de celle des pays occidentaux, et les problèmes de notre système bancaire sont bien moindres que les leurs », les observateurs étrangers comme Moody’s continuent néanmoins à spéculer sur l’existence d’importantes dettes non recouvrables.

Le même Moody’s explique que la réforme pour une meilleure efficacité du capital doit être accélérée : « sans une réforme des banques selon les critères du marché, conditions d’une allocation de capitaux plus efficace et en l’absence de services compétitifs, il est probable que la croissance faiblira rapidement ». Dans le même temps à Wenzhou, la réforme financière décidée en mars dernier pour éradiquer les officines de financements mal contrôlées et couvertes de dettes, était lancée à la fin novembre, tandis que, dans la ville, le montant des dettes toxiques atteignait 3% en août, le plus haut niveau depuis 10 ans.

A Wenzhou, depuis mars, une trentaine de nouvelles petites officines de prêts ont été enregistrées pour un capital total de 1,28 Mds de $, tandis que les sociétés privées opérant dans la ville ont sollicité l’autorisation de créer des banques rurales, ainsi que des sociétés d’investissement et d’assurance. Mais la ville attend toujours les autorisations devant permettre aux résidents d’investir directement à l’étranger, en monnaie chinoise. (Lire notre article Wenzhou, laboratoire financier du Parti).

Enfin, à la mi-novembre, Zhou Xiaochuan, Directeur de la Banque Centrale relançait le débat sur les risques d’inflation, liés à une politique d’investissements publics trop agressive : « durant la transition économique, il existe une tendance générale à la surchauffe, c’est pourquoi le danger inflationniste n’a pas disparu, il constitue même le principal risque à long terme de l’économie en cours de mutation ».

A cet effet, Zhou conseillait de contrôler strictement la politique de relance : « les pressions tendent en général à libérer les investissements et à faciliter le crédit ; il n’y a jamais de pressions pour contrôler l’inflation ». Y a t-il une relation de cause à effet suite à une cabale contre lui lancée par les tenants des prébendes et partisans d’une forte relance qui leur ménagerait de nombreux canaux d’enrichissement, mais, au 18e Congrès, Zhou qui est également un ardent partisan de l’ouverture, n’a pas été reconduit au Comité Central. En mars prochain, il sera remplacé à la tête de a Banque Centrale.

Comme pour relayer le mises en garde de Zhou, le 19 décembre dernier, la Banque Mondiale alertait les pays asiatiques et la Chine contre la création de bulles financières liées à la reprise économique et critiquait la tendance de Pékin à jouer sur le taux de change avec le dollar pour contrôler sa masse monétaire.

Selon l’agence Fitch, le total des crédits, y compris ceux des agences de financement grises aurait atteint 24 Mds de $, soit une augmentation de 14 Mds de $ depuis 2008, comparable aux dérives du système bancaire américain. Pour la Banque Mondiale, à l’avenir toute relance ne devrait reposer que sur l’augmentation des impôts et non pas sur un relâchement du crédit. « Les anciennes méthodes de relance facile par injection massive de capitaux ne fonctionneront plus à l’avenir ».

Enfin le 27 décembre, contredisant les déclarations de Zhou Xiaochuan, le vice-ministre des finances Li Yong expliquait que l’accélération de la dette mettait le système financier chinois sous tension : « Il existe d’importants risques potentiels dus à l’accélération des prêts immobiliers et des crédits dans les secteurs industriels connexes, consentis par les officines de crédit des provinces ».


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