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4e trimestre 2012. Xi Jinping et Li Keqiang à la manœuvre

ENERGIE - PRODUCTION – INNOVATION (suite)

Innovation et brevets d’invention chinois.

La publication en décembre 2012 par les Nations Unies du nombre de brevets d’invention déposés pas la Chine en 2011, qui la place en tête des statistiques mondiales avec 526 412 brevets déposés – soit plus de 26% des brevets mondiaux, les Etats-Unis se situant en 2e position (503 582 ) et le Japon 3e (342610) -, donne l’occasion de revenir sur les caractéristiques de l’innovation en Chine – à titre de comparaison, en France, 12 480 brevets « made in France » ont été déposés en 2011 à l’Institut National de la Propriété Individuelle avec le palmarès suivant : PSA 1237, SAFRAN 573, Commissariat l’Energie Atomique (CEA) 545, L’Oréal 482, EADS 405, CNRS 383, Thalès 341, Renault 245 -.

Selon, Huang Yasheng, Chinois émigré aux Etats-Unis, Docteur en gestion et ancien consultant à la Banque Mondiale, en dépit des sommes investies dans la R&D, qui place la Chine presqu’au même niveau que les leaders mondiaux de la recherche, et malgré le nombre important d’ingénieurs formés, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances du Régime. La première raison en est que le pays n’est pas une « République de la science », mais « une République de gouvernement ». Dans ce contexte hiérarchique vertical, « les doyens et présidents des universités sont des hommes puissants, et les professeurs et chercheurs se considèrent comme leurs employés », ce qui constitue un contraste important avec la situation de leurs collègue occidentaux.

Dans ce paysage très politique, « l’échange d’informations et de données, ainsi que la dissémination des résultats de la recherche se font mal, notamment lorsque les sujets étudiés ont une résonance politique ». Huang Yasheng ajoute « la naissance d’un schéma de croissance basé sur l’innovation, tel que l’espère le régime chinois, ne sera pas le résultat d’une simple extension de l’actuel modèle, même si on y consacre d’importantes dépenses de R&D. Une croissance innovante exige plus que la capacité à recopier les technologies et modèles économiques étrangers. Elle dépend d’abord de la qualité de l’état de droit, de la protection de la propriété intellectuelle, de la liberté de penser et de contredire l’autorité, le tout sous un gouvernement dont le pouvoir est contraint par le Droit ».

Il convient enfin de préciser que les 75% des brevets déposés par des inventeurs chinois sont des « modèles d’utilité », une forme de « sous-brevet d’invention », qui s’obtient rapidement, sans examen préalable de validité. Ce type de droit de propriété industrielle, qui figure dans la loi sur les brevets en Chine depuis la première version de 1983, existe également dans d’autres pays. Certains délivrent des brevets d’invention sans examen préliminaire de validité. C’est le cas, entre autres, de la Belgique, de Chypre, de la Grèce, et de la France -.

S’agissant des publications, on constate également une explosion du nombre des journaux scientifiques chinois, passé de 27 à plus de 150 en 10 ans, plaçant numériquement les articles chinois au 3e rang des publications scientifiques mondiales, après les Etats-Unis et la Grande Bretagne. En 2010, la Chine est également devenue le 1er contributeur de publications répertoriées par Engineering Index, signalant une progression significative du nombre d’articles dans les domaines de la génétique et des nanotechnologies. Mais, si on examine le pourcentage de citations d’articles chinois dans la somme des publications globales on constate qu’il n’est que de 4%.

Pollution, énergies alternatives, énergies vertes.

Voilà longtemps que les autorités chinoises sont concernées par les problèmes de pollution qui accablent le pays. Et nombre d’agents de l’état sont déterminés à porter le fer dans la plaie, en mettant clairement sur la table la dimension des défis.

Ce n’est pas un hasard si le dernier rapport de Greenpeace « Thirsty Coal – le charbon assoiffé - », dont une partie a été rédigée grâce à la coopération de la puissante et très publique Académie des Sciences Sociales (ASS), a été publié en Chine. On y lit notamment que, d’ici 2015, la Chine a l’intention de construire 16 nouvelles centrales au charbon, dans quelques unes des régions les plus arides de Chine, ce qui, précise le rapport, « provoquera de nouveaux désastres écologiques et aura des conséquences graves sur la qualité des eaux ».
(Accéder au rapport de Greenpeace)

S’agissant de la pollution carbone, la Chine et les Etats-Unis, les 2 plus grands émetteurs d’oxyde de carbone de la planète, rejettent à eux seuls dans l’atmosphère 6 fois plus d’effluents toxiques que la Russie classée n°3. Encore le potentiel de catastrophe est-il considérable, puisque le pourcentage d’oxyde de carbone rejeté par habitant est aujourd’hui 5 fois inférieur en Chine qu’aux Etats-Unis et que la croissance chinoise tend à réduire inexorablement cet écart.

A quoi s’ajoute la pollution des eaux. Selon Wang Jinnan, vice-président de l’ASS, qui s’exprimait récemment dans un colloque à Hong Kong, s’il était vrai qu’en Chine « quelques uns des polluants traditionnels tels que l’oxyde de souffre étaient aujourd’hui sous contrôle, il existait d’autres problèmes, comme les toxiques chimiques, qui posaient des risques de santé encore plus graves ».

Depuis la rédaction du 12e plan, la direction du régime a pris conscience des défis.
Lire notre article Environnement : Un ministère plus puissant, mais toujours de grands défis.

Aujourd’hui, elle tente de se conformer à sa propre législation adoptée dès 2006 et régulièrement tournée. Celle-ci faisait pour la première fois du développement des énergies non fossiles (hydraulique, éolienne, solaire, biomasse, géothermique) une priorité, qui en 2020 devraient produire 15% des besoins en électricité de la Chine.

Dans la foulée, la capacité éolienne du pays avait doublé en 2009 et doubla encore en 2012. Deux ans plus tard, la Chine était aussi devenue le n°1 mondial des fabricants de panneaux solaires, avec cependant l’importante restriction que les cellules photovoltaïques sont toutes de fabrication occidentale ou japonaise.

A côté des énergies renouvelables, Pékin développe un vaste programme nucléaire civil, au point que le tiers des réacteurs en construction dans le monde se trouvent en Chine. Selon les responsables du programme, « l’industrie nucléaire chinoise serait en mesure d’atteindre une capacité installée de 40 millions de kilowatts en 2015 et de 70 millions en 2020 ».

La capacité actuelle de la Chine étant de 11 millions de kilowatts avec 17 réacteurs en service, l’objectif fixé suppose la mise en service de 40 à 45 réacteurs en 8 ans (au moins 22 réacteurs sont aujourd’hui en construction). A l’horizon 2050, la capacité installée envisagée est de 400 millions de kilowatts ce qui exige la construction de 150 réacteurs (rappelons que la capacité de la France est de 63 millions de kilowatts, celle des Etats-Unis de 100 millions de kilowatts).

Dans les premières phases l’objectif défini par le « Plan à long terme pour le développement de l’énergie nucléaire », rendu public le 22 mars 2006, est de porter la part du nucléaire dans la production d’électricité (aujourd’hui moins de 2%) à 6% en 2020, et à 16% en 2030.


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