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4e trimestre 2012. Xi Jinping et Li Keqiang à la manœuvre

ENERGIE - PRODUCTION – INNOVATION

Au milieu d’une avalanche de chiffres positifs signalant la reprise économique, la situation a été marquée par un élan public donné à l’industrie aéronautique qui cherche également des financements privés, et surtout par la relance du vaste chantier socio-économique déjà ouvert en février 2012, destiné à augmenter les revenus des campagnes.

La reprise est attestée par la hausse de l’indice PMI à 50,6% - avec un habituel décalage de l’indice HSBC à 51,5% -, une forte croissance des services, articulée autour d’une explosion des IDE dans le secteur des transports urbains, des télécoms et des réseaux fixes de transports d’hydrocarbures, une hausse des ventes de détail de + de 14%, et une croissance des investissements dans le secteur de la construction, à quoi il faut rajouter un rebond de l’acier chinois - + 8% de croissance de la sidérurgie, avec une production record de 700 millions de tonnes en 2012, 14% d’augmentation du prix de l’acier en un an, avec, cependant, l’effet collatéral d’une hausse de plus de 30% du prix du minerai de fer australien.

Les déceptions sont dans le sud avec les difficultés rencontrées par les industries d’exportation de la région de Canton, notamment celles assemblant des téléphones portables (fermetures d’usines, licenciements, pertes sèches pouvant aller de 15 000 à 25 000 $ / mois).

La priorité en faveur des campagnes a été marquée, à la fin janvier, par la visite de Xi Jinping au village déshérité de Luotowan à 290 km au sud de Pékin, dans le Hebei, sortie symétrique de son récent voyage dans le sud, qui fut aussi un coup de cymbale adressé à la bureaucratie pour qu’elle s’investisse plus dans les efforts destinés à réduire le fossé entre les villes et les campagnes.

Il ne fait pas doute que cette escapade surprise mettra en mouvement des subsides et des projets déversés sur ces populations laissées pour compte, dont les revenus annuels ne sont que de 160 $ par an, contre 4000 $ dans les villes. Mais il restera à faire en sorte que le flux de ces subsides ne soit pas détourné.

Au-delà des campagnes et de l’aéronautique et parallèlement au lancement de la ligne de TGV Wuhan – Canton, la période a également vu resurgir les questions liées à la capacité d’innovation du pays, ainsi que les débats qui interrogent la capacité de la Chine à accélérer le passage aux énergies vertes pour diminuer sa dépendance au charbon et réduire une pollution, dont l’ampleur ne faiblit pas.

Réforme rurale. Rééquilibrage villes – campagnes

Les objectifs définis avaient déjà été dévoilés en 2012, avec la désignation de 24 zones pilotes pour l’étude de 6 secteurs clés (système bancaire des campagnes, gestion des allocation publiques pour le développement rural, coopératives rurales, droits de propriété, gestion moderne des exploitations, intégration et rééquilibrage villes – campagnes dans les secteurs des services médicaux, des logements et des transports).

Le nouveau pouvoir entend relancer ces projets en vue d’augmenter notablement les revenus des agriculteurs en leur allouant une plus grande part des revenus de la terre, en réduisant la dépendance des administrations locales à la spéculation immobilière pour mettre fin aux conflits fonciers politiquement dangereux – en 2012 il y a eu des conflits plus ou moins sévères dans 43% des villages -, et, in fine, pour assurer une meilleure redistribution de la richesse entre villes et campagnes, dont le différentiel de revenus est toujours de 1 à 3 (en moyenne 18 500 yuans, contre 6700 yuans). En rehaussant les revenus des campagnes, le pouvoir espère aussi contribuer à une hausse de la consommation interne.

La réforme vise également à développer une politique de la ville qui ne soit pas seulement basée sur la propriété et la spéculation immobilière, mais sur le développement durable des services, de la santé, des asiles de vieux, des transports, de l’éducation et des logements. Elle s’accompagne d’une réflexion sur la réforme du Hukou, dont la mise en œuvre est cependant un casse tête, compte tenu du coût, de la faible capacité d’accueil des grands centres urbains et des réticences d’une partie de la nouvelle classe moyenne qui peuple les villes. Lire Les embarras de la réforme du Hukou.


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