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4e trimestre 2012. Xi Jinping et Li Keqiang à la manœuvre

CHINE – MONDE

La période a été marquée par un fort rebond de l’excédent commercial chinois en fin d’année, la poursuite de investissements extérieurs dans le secteur de l’énergie et de l’industrie, avec en revanche un tassement des investissements directs étrangers IDE en Chine.

Homothétique de la reprise, l’excédent commercial 2012 a fait un bond de 48,1% pour retrouver à 231,10 Mds de $, une valeur supérieure à celle de 2009 et à 80% de l’excédent de 2008, le plus élevé de ces 5 dernières années. Les bons résultats sont dus à la baisse en valeur des importations qui n’ont augmenté que de 4,03%, contre une hausse de 7,9% des exportations. Les importations de minerai de fer et de charbon australien ont baissé de 21,8%, la plus forte chute depuis 2009. La plupart des analystes estiment que la tendance à la hausse de l’excédent commercial ne se maintiendra pas sur le long terme, notamment du fait de la hausse du prix des matières premières.

Un autre chiffre positif, mais qui, lui, a toutes les chances de se maintenir est celui des investissements extérieurs de la Chine dans le secteur de l’énergie et de l’industrie. Le trimestre écoulé a vu l’une des plus vastes acquisitions jamais réalisée par une société chinoise avec la prise de contrôle du Canadien Nexen pour 15 Mds de $ par la Compagnie Off Shore chinoise CNOOC. L’événement marque une étape dans l’histoire des investissements extérieurs chinois jusque là considérés avec suspicion par la plupart des pays occidentaux.

Une autre cible des IDE chinois dans le secteur de l’énergie est l’Irak, où la Chine tirant profit du retrait des Occidentaux pour des raisons de sécurité, augmente son empreinte. Pékin, qui a facilité ses affaires dans le pays en effaçant 80% des 8,9 Mds de $ de dettes du Régime en 2010, y a conclu 5 investissements majeurs avec CNPC dans le champ de Rumaila au sud, avec Petrochina, sa filiale cotée à New-York, qui détient 37,5% des parts du gisement de Halfaya également dans le sud, où une autre société chinoise China Petrolueum Engineering Corp. a construit 3 raffineries pour 174 Millions de $. Pékin vise aussi les parts de Total dans le champ d’Alfaya, où la compagnie française est en difficultés pour avoir signé un contrat d’exploration avec l’enclave kurde.

L’année 2012 a également vu l’augmentation des investissements chinois privés dans les secteurs des télécom avec Huawei, dans celui des machines outils avec Sany en Allemagne et avec le rachat de Volvo à Ford par Geely. Il s’agit là d’une stratégie extérieure coordonnée par le Centre qui organise des stages de formation, non seulement pour les chefs d’entreprises, mais également pour les cadres locaux que le Parti souhaite impliquer. La structure des IDE chinois est en effet en train de se modifier puisque, s’il est vrai que 90% du stock des investissements chinois est constitué par des capitaux de sociétés d’état, en 2011, en revanche, près de 50% des investissements ont été le fait de sociétés privées.

Il faut cependant relativiser les chiffres. S’il est vrai que les IDE chinois ont été multipliés par 30 en 10 ans (2,7 Mds de $ en 2000, pour 74,7 Mds de $ en 2012), il n’en reste pas moins qu’en 2012, ils ne représentaient encore que 4,6% du flux des IDE mondiaux, dont la valeur totale s’élevait à 1600 Mds de $ en 2012.

Parallèlement, les IDE en Chine se tassent légèrement pour la 12e fois en un an, mais ils restent toujours voisins de 100 Mds de $, dans un contexte où en 10 ans leur valeur cumulée atteint 1200 Mds $. Il est probable qu’à l’avenir, dopés par l’attrait du marché et l’espoir que la production chinoise montera en gamme, ils continuent à se déverser sur la Chine à un rythme voisin de 100 Mds de $/an, en dépit de l’augmentation des coûts de production (fin 2012, le salaire mensuel minimum chinois était de 139$, contre 50$ au Vietnam).

Enfin, la structure des IDE se modifiera avec une part moins forte consacrée au secteurs exportateurs – seulement 50% en 2012 – et une augmentation régulière de la part consacrée aux services - + de 43% pour les 10 premiers mois de 2012 -.


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