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• Impôts et taxes. Du 25 avril au 31 mai, le gouvernement chinois a recueilli l’avis des internautes sur son projet de réforme des impôts mis en ligne. Les principales modifications, motivées par le souci de redistribution, concernaient le relèvement à 3000 RMB (323 €) - salaire mensuel - du seuil d’imposition - qui était déjà passé de 1600 RMB à 2000 RMB en 2008 - et la modification du plafond de revenus sujets à plus de 45% de taxes, abaissé de 100 000 (10 700 €) à 80 000 RMB mensuels. Le relèvement du seuil à 3000 RMB, bénéficierait à 200 millions de chinois à faibles revenus, et réduirait l’assiette des impôts directs sur les revenus à 12% de la population, contre 28% actuellement.
Les réponses en ligne (240 000, selon le China Daily) signalent la crainte de l’inflation et les difficultés de la vie quotidienne. Un grand nombre d’internautes estimaient en effet que le seuil de 3000 RMB n’était pas assez élevé, tandis qu’un sondage effectué parallèlement auprès de 2,4 millions d’internautes montrait que la majorité aurait souhaité le rehausser à 5000 RMB. C’était aussi l’avis de plus de 70% d’experts de l’économie chinoise.
Les critiques académiques de la réforme regrettent que le système de taxation ne s’attaque pas aux considérables revenus de « l’économie grise », et accorde autant d’importance à la TVA et aux impôts indirects. Hu Shuli, journaliste au franc-parler, éditrice de Caixin Media, Century Weekly et China Reform expliquait que la réforme devrait plutôt « taxer les rentes et les monopoles, au lieu de pénaliser le travail et le talent ».
Les détracteurs pointent aussi du doigt le fait que les revenus des impôts ne servaient qu’à accompagner les investissements publics d’infrastructures et les projets industriels, et sont en revanche assez mal redistribués vers les dépenses de santé, d’éducation et retraite. Selon le Ministère des finances, l’impôt sur le revenu a rapporté 483,7 Mds de RMB (52 Mds €) en 2010, contre 41,4 Mds de RMB en 1999.
• La Chine autorise les investissements étrangers en yuans (AFP). La Chine, dont la monnaie est encore étroitement arrimée au dollar et n’est pas convertible pour les comptes en capitaux, encourage depuis plus d’un an l’utilisation du yuan pour ses échanges avec des pays voisins, notamment en Asie du Sud-Est, et a procédé à plusieurs émissions d’obligations d’Etat à Hong Kong.
Désormais il est possible d’investir directement en yuans en Chine, sous réserve d’une approbation par une commission ad hoc, précise la banque centrale, qui rajoute que la mesure est dans une phase expérimentale. Selon le quotidien économique Diyi Caijing Ribao, qui rapporte un sondage de la Deutsche Bank auprès de 44 multinationales, 65% des entreprises étrangères se disent intéressées par l’utilisation du yuan à la place d’une devise étrangère pour investir en Chine.
La nouvelle législation devrait augmenter le nombre d’entreprises étrangères qui lèveront des fonds en Yuan à Hong Kong destinés à leurs investissements en Chine. Pékin continue sa lente marche vers l’internationalisation de sa monnaie, tout en hésitant à franchir le pas décisif de la convertibilité. Il y a loin de la coupe aux lèvres. En 2010, selon la Banque Centrale, seulement 5,7% du commerce extérieur de la Chine a été réglé en Yuan.