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Pékin ce n’est pas de la tarte

Chapitre VII

Mimille boudait. Je venais de comprendre, un peu tard que ce que j’avais pris pour une erreur, aurait dû être une pointe d’humour... Mimille était doublement vexé ; que sa plaisanterie ait fait long feu n’avait dû lui plaire qu’à moitié mais qu’en plus, que je l’aie pris pour un idiot, n’arrangeait en rien mes affaires...

Notre amitié bien qu’indéfectible, fut sauvée par Lili...

- Le tigre sort de sa tanière. Il est en conversation avec le gros nul... Comment l’appelez-vous déjà ? Téton ?

J’éteignis immédiatement le plafonnier tandis que Mimille tirait sur le panneau intérieur des fenêtres. Les grosses lettres qui formaient le nom de la compagnie de livraison, inscrites sur les côtés de la camionnette, étaient en verre fumé et permettaient une vue discrète sur l’extérieur. Le périscope photographique dont se servait Lili émergeait d’une petite conduite d’aération placée sur le toit du véhicule.

- Qu’est-ce qu’il fout avec Teuton ! On prévient le Vieux ? Me demanda Mimille.

- Pas de panique ! Jusqu’à preuve du contraire, ils habitent tous les deux au même endroit. Si deux Français sont voisins à dix mille kilomètres de chez eux, c’est difficile de trouver suspect le fait qu’ils se serrent la main. Par contre, cela peut expliquer pourquoi Teuton a été pris pour cible ; Piedritti devait connaître tous ses faits et gestes. Dis quand même à Weng d’envoyer une équipe avec Nissan, sur les traces de Teuton par acquit de conscience...
A priori, il va sortir. Mimille, tu ne me le quittes pas d’une semelle. Dès que vous êtes à plus de cinq minutes de trajet, tu me donnes le feu vert et je fais une descente dans son appartement. N’oubliez pas de me prévenir s’il fait demi-tour, que je n’aie pas l’air d’un con en le croisant dans sa cuisine...

L’Audi de Piedritti venait de franchir le portail de la résidence. Mimille lui laissa prendre un peu d’avance. Nous n’étions pas pressés, son mouchard nous signalait sa position sur l’écran du GPS situé au côté du chauffeur et vu qu’il était au volant, il ne risquait pas de descendre en route en laissant sa voiture continuer toute seule....

Lili et Mimille partis, Zhang me suivit, la casquette sur les yeux, empoignant comme moi, un carton, colis exprès que nous étions censés délivrer.

- On est à Jianguomen, dans un bouchon. Tu ne risques plus rien, tu peux y aller, il est au moins à un quart d’heure de chez lui si j’en juge par la fluidité du trafic dans l’autre sens. Les chauffeurs ont le temps de se faire trois narines entre chaque changement de vitesse...

- OK Mimille ! Tiens-moi informé de la suite des événements. Terminé !

Nous nous mîmes immédiatement à l’œuvre. La serrure de son appartement ne nous résista qu’une fraction de seconde, d’autant plus que Zhang avait déniché un passe... Les traditions se perdent, les rossignols ne chantent plus. Avant, on glissait une carte de crédit entre la porte et le mur ; maintenant, on l’insère dans la fente et la porte s’ouvre toute seule.

Nous enfilâmes nos gants caoutchoutés et prophylactiques et ouvrîmes nos colis pour sortir le matériel.


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